‹ Contribution à l'Étude des levures pathogènes: Une nouvelle levure du genre Saccharomyces Meyen Saccharomyces laryngitidis n. spChapitre 7 sur 48 · PROS · texte numérisé non relu

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chez un homme atteint de bronchite et présentant d’autres signes de maladie grave. Il existait des levures dans les crachats, dans le pus d’une lésion du genou et également dans le pus d’un large abcès sous-cutané, de la poitrine et d’une lésion de la face. Le malade mourut. Des cultures pures furent obtenues. Le Docteur JERGER démontra la nature pathogène des parasites pour les cobayes et l’absence de tuberculose dans ce cas.

En 1910 CAsTELLANI [41] décrit plusieurs cas de blastomycoses dues à l’Endomyces tropicalis, l'Endomyces pseudotropicalis, lEndomyces paratropicalis, le Saccharomyces krusei — (Endomyces pinoyi) associé aux précédents. Les trois premières espèces ne sont peut-être que des variétés du parasite du muguet.

En 1912 BEAUVERIE et LESIEUR [42] isolent d’un exsudat pharyngé crémeux Cryptococcus rogerit SARTORY et Cryptococcus salmoneus SARTORY d’une ulcération linguale d’un typhique. La même année BEAUVERIE et LESIEUR [43] isolent de crachats humains, au cours d’un cancer secondaire du poumon, une levure qu’ils nomment Cryptococcus quilliermondi.

Toujours en 1912 les mêmes auteurs isolent de crachats mucopurulents d’un tuberculeux pulmonaire une espèce reconnue comme Hansenula anomala HANSEN, 1904.

En 1912, BEAUVERIE et LESIEUR [44] au cours d’une stomatite ulcéro-membraneuse pendant une fièvre typhoïde compliquée d’érythème polymorphe, décèlent une levure à laquelle ils donnent le nom de Cryptococcus lesieuri BEAUVERIE 1912. Peu de temps après ils décrivent un Cryptococcus : Cryptococcus sulfureus isolé d’un exsudat pharyngé crémeux d’une malade atteinte de fièvre typhoïde grave.

La même année, CoPELLI isole d’un cas de blastomycose de la langue et des orteils, un Cryptococcus spécifique pathogène pour le lapin et le cobaye en inoculation intrapéritonéale et intraveineuse.

En 1912 BREAD [45] rapporte 15 cas dont il donne la caractéristique morphologique, culturale ; le parasite fut trouvé le plus souvent dans les crachats, mais encore dans une tonsillite membraneuse, dans la sécrétion vaginale et dans le pus d’un abcès cutané. En général, il se trouvait associé à d’autres microorganismes ; néanmoins, il pouvait tout seul déterminer l'infection et, en pareil cas, sa disparition entraînait une amélioration et la rétrogradation des symptômes morbides,

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Le sérum de 4 malades fournit une épreuve d’agglutination positive ; avec l’extrait des oïdies, on a pu obtenir chez deux malades une cuti-réaction. Les composés iodés sont les plus utiles au point de vue thérapeutique.

Toujours en 1912, CARPANO [46] isole dans le poumon d’un cheval ayant succombé à une pleuro-pneumonie, à côté du Streptocoque de Schutz, une levure à laquelle il attribue un rôle, au moins secondaire dans laffection. On trouve dans tout le poumon des cellules isolées ou réunies en chaînettes de plusieurs éléments semblables soit au Saccharomyces guttulatus, soit au Cryptococcus de Rivolta. Dans les milieux de culture cet organisme pousse très mal, sauf sur pomme de terre ou sur gélose à la pomme de terre glycérinée et acidifiée. Les éléments qui poussent dans ces cultures ressemblent à la levure de bière.

Les cobayes et les lapins inoculés dans le thorax meurent très vite sans qu’on retrouve les parasites dans l’organisme. Chez les cobayes injectés sous la peau on les décèle au point d’inoculation.

En 1913 POTRoN [47] isole une levure d’une infection pleuro-pulmonaire grave à laquelle il donne le nom de Saccharomyces Étiennei. Dans les cultures ainsi que dans l’expectoration, le champignon affecte la forme caractéristique des levures. Cellules dont la forme varie de la sphère à l’ellipse ; celles-ci pouvant s’allonger sur certains milieux pour donner des formes cylindriques régulières ou en boudin, avec étranglements. Les dimensions les plus communes sont les suivantes : longueur : de 3 à 9 u pour les éléments arrondis ou elliptiques ; largeur : sensiblement égale pour les plus petits globules atteignant 1, longueur pour les globules elliptiques. Les formes en boudin atteignent 15 à 18 u sur 4 à 5 u de largeur maximum. La membrane est mince, lisse, et ne présente de stratification que sur les formes vieilles ; aucune formation capsulaire. Aucun phénomène de cloisonnement. Multiplication par bourgeonnement. Les éléments elliptiques sont les plus fréquents et s’observent presque uniquement à 25° sur carotte et pomme de terre ainsi qu’en milieu liquide. Ces formes allongées régulièrement se remarquent en très grande abondance sur navet. Sur artichaut glycériné, elles paraissent avoir la prépondérance. Les formes en boudin s’observent de préférence sur les vieilles cultures, dans les voiles sur liquides. Certaines cellules épaississent leur paroi et constituent

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ainsi de véritables chlamydospores, principalement dans les voiles. Elles donnent des asques et la formation de l’asque n'est précédée d’aucun phénomène de copulation. Il y a 4 ascospores elliptiques. La dimension des ascospores a pour constante 2 u à 2,25 u, les asques ont le plus souvent 7 à 8 u sur 5 nu. Cette levure pousse sur tous les milieux ordinaires employés en mycologie parasitaire, elle est sans action sur la gélatine, le sérum coagulé, le blanc d'œuf. Elle coagule le lait, précipite la caséine sans la peptonifier.

Au point de vue du pouvoir pathogène elle paraît être pyogène localement chez le cobaye et le lapin et détermine chez le cobaye une véritable dystrophie.

En 1914 DARMAGNAC et BARLETTI [48] décrivent un Saccharomyces auquel nous donnons le nom de Saccharomyces de Darmagnac et Barletti. Cette levure provoque une mycose des dindonneaux. Les lésions de la maladie étudiée par des cultures rappelaient celles de la tuberculose aviaire, mais les lésions pseudo-tuberculeuses renfermaient une levure que les auteurs cultivèrent et qu’ils rangèrent à côté des Saccharomyces de VUILLEMIN, LEGRAIN, DE CURTIS, etc... Cette levure est pathogène pour le lapin et les jeunes oiseaux chez lesquels elle détermine les lésions caractéristiques de pseudo-tuberculose. Elle est aussi pathogène pour le rat et la souris qu’elle tue sans lésions appréciables. Un essai de traitement des malades avec une solution iodo-iodurée a donné de bons résultats.

En 1915 DE ANGÉLIS [49] décrit une nouvelle blastomycose due à une levure qu’il croit nouvelle et qui occasionne une tumeur adénocarcinomateuse chez le rat blanc.

La même année BREUIL [50] décrit le Cryptococcus mutilans. Cet organisme serait l’agent causal d’une maladie assez répandue en Océanie connue sous le nom de « Gangosa» ou « Rhino-pharyngite mutilante ». Ce germe n’a pas été cultivé et les inoculations aux animaux ont été négatives.

Il a été revu par TappiA (1931) en Cyrénaïque, également dans un cas de « gangosa ». BORZONE (1932) a décrit la variété tucumanensis qui serait la cause, dans les provinces du nord de la République Argentine d’une maladie mutilante, souvent confondue avec la leishmaniose à cause de son aspect clinique et dont elle se distingue par lefficacité du traitement iodo-ioduré, des cautérisations à l’acide lactique et de l’autovaccin préparé avec les cultures du cryptocoque.

En 1915 Sarrory et LASsEUR isolent des crachats d’un soldat atteint de congestion pulmonaire une levure qu’ils appellent Saccharomyces lemonnieri. L'examen bactériologique des crachats, effectué deux ou trois fois par semaine au cours des trois mois de maladie révèlent constamment l'existence d’une levure dont voici la description : elle consiste en éléments arrondis, enveloppés d’une capsule peu épaisse et mesurant 3,1 u à 3,5 u de diamètre. À première vue, on croirait avoir affaire à d'énormes diplocoques contenant des granulations réfringentes qui se teignent fort bien par les couleurs d’aniline. Cette levure croit facilement sur les principaux milieux employés en mycologie ; son bourgeonnement s’effectue à la facon des Saccharomyces. L’optimum cultural se trouve compris entre + 25° et + 30°. À + 37°5 la levure végète encore assez bien ; à + 40° son développement n’a pas lieu. La formation des ascospores a été obtenue sur bloc de plâtre et sur papier buvard imprégné d’une solution de lactose. Chacun des asques renferme 4 spores sphériques mesurant 2,5 u à 3 u de diamètre, et disposées en tétrades. Cet organisme pousse à peu près sur tous les milieux ordinaires. Elle est pathogène pour le cobaye, le lapin et la souris. Les lésions sous-cutanées consistent en nodule et en abcès. Tout se passe au début comme dans un nodule inflammatoire banal : congestion, hyperdiapédèse, afflux leucocytaire abondant, phagocytose intense ; puis le ramollissement de ce nodule et enfin la suppuration à l'extérieur se produit. Le foie présente ainsi que les poumons des blastomycoses avec nécrose centrale, les reins sont très congestionnés, la rate est hypertrophiée, le péritoine et l’épiploon phagocytent souvent des levures ; on n’a jamais observé la moindre formation pouvant laisser soupconner la structure d’une tumeur maligne.

La réaction de sero-agglutination essayée au dixième et au cinquantième était positive au bout d’une demi heure avec le sang du malade. La réaction de fixation du complément s’est montrée positive.

En 1918 RiBEYRO [51] décrit une levure trouvée chez une jeune fille de 22 ans qui souffrait depuis six mois d’un gonflement douloureux de la lèvre inférieure, avec œdème, rougeur, ulcération plus ou moins recouvertes de croûtes et donnant issue à du sero-pus que l’examen microscopique montra rempli de levures de 4 u à 6 u.

Ces levures végètent sur tous les milieux et en particulier

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sur les milieux sucrés en formant un enduit blanc, crémeux sur les milieux solides ; elles font fermenter le glucose et le saccharose et font virer énergiquement le tournesol en bouillon glucosé et lévulosé. Dans les cultures âgées de 15 jours on trouve des asques tétrasporées de 7 u à 8 u. Cette levure est très peu pathogène pour les animaux de laboratoire.

Le traitement interne et externe par le bicarbonate de soude amena en 8 jours la disparition des levures et la guérison.

En 1915 et 1918 P. CamPicHE [52] décrit la blastomycose californienne. La maladie dont il s’agit est une affection chronique rappelant à s’y méprendre la tuberculose, mais dûe à un agent infectieux spécial de la classe des Blastomycètes : l’Oidium coccidioides. Les iodures n’ont aucun effet sur lui et son action sur l’organisme est toujours mortelle. Quant au mode d’inoculation chez l’homme CAMPICHE pense qu’elle s’effectue soit par une petite plaie de la peau soit par les poumons, le parasite existant dans la nature ou sur les animaux. Presque tous les malades observés par CAMPICHE étaient du sexe masculin la plupart étaient des garçons de ferme ou des ouvriers travaillant au chemin de fer, terrassiers, etc. âgés de 20 à 30 ans.

D'une facon générale, les lésions ressemblaient fort à celles des blastomycoses cutanées (dermatite de Gilchrist, etc...) mais dans le « granuloma coccidioïides », le point de départ est dans les organes profonds : (poumons, articulations), la peau peut même rester tout-à-fait indemne. Les granulations et les grandes suppurations peuvent occuper tous les organes y compris le squelette, les grandes articulations et les méninges cérébrale et spinale. Etant donnés les bons résultats obtenus par liodure de potassium et les irrigations locales de solution de Lugol à 50 p. 100 dans les blastomycoses cutanées et dans les sporotrichoses, on a essayé ce traitement chez ces malades, mais sans grand résultat ; en désespoir de cause CAMPICHE a tenté des injections de salvarsan, mais sans obtenir d’amélioration chez les malades. Cette terrible affection semble être l'apanage de la Californie.

En 1918 A. SENEZ [53] signale un champignon très voisin de l’'Endomyces albicans trouvé en grande quantité dans les crachats d’un malade considéré comme tuberculeux. Il nomme ce parasite : Endomyces pulmonalis. I apparaît dans les expectorations sous l’aspect de grains blanes, formés de fins filaments pelotonnés. Dans les cultures on trouve des éléments arrondis et des filaments (milieux liquides). Les éléments ar-

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rondis se multiplient par bourgeonnement ; les bourgeons peuvent se séparer, se réunir en amas ou se souder bout à bout pour former des filaments, d’ailleurs très fragiles. Il y a des chlamydospores poussant à l’extrémité des filaments et des endospores analogues à celles de l’'Endomyces albicans. Les asques sont de gros éléments ovoïdes de 10 # de diamètre renfermant 4 ascospores disposées en série linéaire ou en pétrade et mises en liberté par déhiscence. Le pouvoir pathogène est presque nul expérimentalement.

Toujours en 1918 de MELLO et A. PAES [54] isolent dans les crachats d’un homme de 45 ans, de Nova-Goa (Indes por- Lugaises) asthmatique depuis 10 ans une levure à laquelle ils donnent le nom d’Endomyces Cruzi. Les dimensions de cet organisme sont de 4 à 8 x sur 2 à 4 u. Les cultures sont positives sur pomme de terre simple ou glycérinée, Raulin, gélose de Sabouraud, bouillon simple ou glycériné, gélose alcaline ; sur milieux solides, l’enduit est crémeux, blanc jaunûâtre. Elle fait fermenter le glucose, le maltose, le dextrose et le saccharose. Dans les cultures on observe des formes bourgeonnantes isolées ou agrégées en mycélium ramifié et septé, produisant des spores endomycéliennes et des formes oïdiennes; des chlamydospores terminales ; des conidies latérales, des asques à 2 ou 4 spores, à membrane très mince. Ce champignon est voisin de l’Endomyces Vuillemini, mais ce dernier préfère les milieux acides et ne fait pas fermenter la dextrose. Ces asques sont à 4 spores.

En 1919 H. W. AcTON [55] décrit un champignon qu’il nomme Endomyces tropicalis. Il diffère de celui du muguet par la couleur de ses Cultures par son exigence pour les milieux sucrés et son action sur divers sucres. Aussi l’auteur a-t-il créé pour lui le nom : d'Endomyces tropicalis. Notons qu’il existe déjà un Endomyces tropicalis Castellani.

La maladie conférée par ce cryptogame est une pharyngite d’ailleurs facile à reproduire expérimentalement en partant des cultures. Les lésions produites sont bénignes et réduites à des taches blanches sur la muqueuse, mais chez des individus affaiblis, le champignon peut produire une broncho-pneumonie mortelle. Il peut aussi coloniser dans les cavernés et les dilatations bronchiques. Des badigeonnages au formol à 2 P. 100 guérissent la maladie en 24 heures.

En 1919 GUILLIERMOND et PEJU [56] décrivent une espèce isolée d'une plaque blanche de la gorge. Les colonies sur ca-

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rotte ou bière gélosée à 30° rappellent celles du Saccharomyces ellipsoideus. Les cellules généralement ovales (2-3,5 sur 3-7 u) se multiplient rapidement au début ; vers le quatrième jour l’activité décline ; les globules s’alignent en chapelets, puis s’allongent en filaments. Ces derniers, rares au-dessous de 25° abondent de plus en plus quand la température s'élève et deviennent à peu près exclusifs à 35°, très près par conséquent de la température critique maxima qui est située entre 36 et 37°. Les asques sont formés par copulation isogame ou plus souvent hétérogame ; ascospores arrondies à parois verluqueuses, avec une gouttelette oléagineuse au milieu. Une seule ascospore par asque. En 1929 BATSCHINSKY a isolé, à Léningrad, du produit d’une ponction lombaire, puis de divers organes à l’autopsie, une souche qu’il rapporte à cette espèce. Les levures mesurent de 5-10 u X 2,5-5 u. C’est une race thermophile qui dans les milieux peptonés donne des filaments. Encore à Léningrad, en 1929, KONOKOTINA et KRASSIHUKOW ont trouvé dans un abcès pulmonaire chez un homme mort de tuberculose, une race de cette espèce à laquelle ils n’attribuent aucun rôle pathogène.

En 1922 S. LozADÉ BoNAVENTÉ [57] publie une thèse sur les blastomycoses américaines. Il montre la fréquence des levures dans les lésions de la muqueuse de la région larvngotrachéale.

En 1922 VuiLLemiIN et LAssEuR [58] décrivent dans une lésion pulmonaire un Cryptococcus auquel ils donnent le nom de Cryptococcus neveuxi. Cette levure est pathogène pour les principaux animaux de laboratoire.

En 1923 A. CASTELLANI, M. DoucGras et E. THoMsoN [59] font une revue de différents groupes de microorganismes isolés d’amygdalites mycosiques. Les cas aigus ou subaigus reconnaîtraient comme cause une grande variété de champignons : Monilia, Saccharomyces Oidium et Willia. Ce sont ces formes d’amygdalites qui peuvent être confondues avec la diphtérie.

En 1923 A. SARTORY, PIECHAUD et RUDEAU [60] décrivent une levure déterminée comme Cryptococcus rogerit SARTORY DEMANCHE 1907. Cette levure a été isolée d’un cas d’angine chronique dûe à un Actinomyces et une levure. La guérison a été obtenue par le traitement ioduré.

En 1923 SARTORY, PETGES et CLAOUÉ isolent un Cryptococcus dans un cas de làäryngite chronique. Ils le nomment

Cryptococcus laryngitidis. Les auteurs en font une étude botanique et biologique complète et démontrent son pouvoir pathogène pour les principaux animaux de laboratoire.

En 1924 [61] Freb W. TANNER et Gaz Dack examinent 22 souches de levures provenant d’exsudats envoyés en vue de la recherche du bacille diphtérique. L’absence d’ascospores permet de rapporter les formes isolées aux genres Endomyces et Cryptococcus.

Toutes les souches étudiées, à l’exception de deux se sont montrées pathogènes pour la souris blanche, le cobaye et le lapin. Les auteurs attirent l’attention sur l'intérêt que peut présenter la recherche des levures dans les affections de la gorge où l’on ne trouve pas de bactéries pathogènes.

En 1924 A. PHiLiBERT et F. CORDEY [62] ont observé un cas de pseudo-tuberculose pulmonaire provoquée par Saccharomyces granulatus. C’est la première localisation pulmonaire observée. Jusqu'ici on n’a relevé qu’assez rarement l’intervention du champignon en pathologie humaine dans des localisations pulmonaires.

Il s’agit d’un blessé, qui le soir même de sa blessure (perforation de l'intestin par une balle) commença une affection pulmonaire à type de bronchopneumonie ; celle-ci après plusieurs mois, évolua d’une façon chronique pendant 5 ans avec des phases d’accalmie entrecoupées d’épisodes aiguës (bronchite diffuse, congestion pulmonaire). Cette affection entraine de la dyspnée, de la toux, de l’expectoration, des sueurs nocturnes, de l’amaigrissement. Les auteurs par l’examen des crachats, la culture et l’inoculation au cobaye constatent l’absence du bacille de Koch mais par contre ils décèlent la présence de Saccharomyces granulatus. La guérison fut complète par le traitement au bleu de méthylène. Rappelons que cette levure se cultive fort bien sur gélatine, pomme de terre, carotte. Sur tous ces milieux, la couleur est d’un rose vif qui pâlit dans les très vieilles cultures. Ce pigment insoluble dans l'alcool paraît intimement mélangé dans les jeunes cultures, à tout le corps protoplasmique ; dans les cultures âgées il se rassemble en gouttes qui sont expulsées à la fin par des cellules et s'accumulent en amas confluents. Dans les cultures, il existe une forme elliptique qui est une forme ovale ou elliptique dont les dimensions moyennes sont de 4 à 5 u sur 3,5 L à 4 u de large. On trouve également une forme atypique consistant en des éléments sphériques et des formes en. bou-

din. En plus de la multiplication par bourgeonnement, la levure se reproduit par chlamydospores et par ascospores. Les ascospores sphériques ou elliptiques sont au nombre de 2 à 6, parfois davantage, dans des asques de forme généralement arrondie, à membrane lisse, dépourvue de cuticule. L'espèce isolée est pathogène pour le cobaye et le lapin. Le lapin inoculé dans le péritoine présente une péritonite plastique avec exsudat considérable, compatible avec une assez longue survie de l’animal. Injecté sous la peau à fortes doses, le champignon peut produire des nodules inflammatoires qui s’abcèdent ou se résorbent : en injection intraveineuse il provoque la mort de lPanimal au bout de 5 jours avec amaïgrissement et diarrhée profonde. Ce champignon semble avoir une action toxique sur l’organisme.

En 1925 A. HRanovaA [63] signale une levure qu’il suppose être pathogène et qui s’est développée sur l’amygdale. Elle donne des colqnies blanches, ne liquéfie pas la gélatine, se développe abondamment entre +25 et +37°, fait fermenter le glucose, le lévulose et ne forme pas d’ascospores. Elle est rapportée au genre T'orula et reçoit le nom de Torula pettiti. La même année PorLaccr et NANNiZzr isolent à Rome d’un cas clinique de muguet avec des lésions caractérisées par des plaques blanchâtres disséminées sur la luette (uva), le pharynx et le voile du palais un Cryptococcus qu’ils nomment Cryptococcus uvae. Cette espèce a été revue dans trois cas analogues par GANDINI (1930). Elle avait été isolée à Rome par MoTra dès 1924.

En 1926 CARNEVALE-RIcCI décèle au niveau d’une amygdale humaine à Pavie (Italie) une levure qu’il nomme Torulopsis varians.

La même année MATTLETT observe dans un cas de bronchite au Congo belge Cryptococcus mekundu et Cryptococcus pyogenes dans une lésion ulcéreuse en association fuso-spirillaire.

En 1926 MaATrLETT [64] isole Cryptococcus irritans de plusieurs cas de bronchite grave ou bénigne au Congo belge. Cette espèce est pathogène pour le cobaye et le lapin.

En 1927 CASTELLANI [65] décrit dans les crachats d’un cas de bronchite tropicale chronique une levure qu’il nomme Cryptococcus pararoseus. D’après J. LobDER (1934), cette levure n’est autre que Rhodotorula mucilaginosa (JÜGENSEN) variété pararosea.

En 1928 MarTixs [66] retrouve à Porto, à plusieurs reprises,

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