‹ Contribution à l'étude des levures roses: Essais d'isolement et de caractérisation chimique et physique de la substance chromogène oxycétonique secrétée par deux levures du genre CryptococcusChapitre 9 sur 21 · FO · texte numérisé non relu

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La flavone comprend un noyau grolique soudé d’une part à un noyau benzénique et lié d’autre part par substitution d’un atome d’hydrogène. Parmi les oxyxanthones nous citerons la cotüine, l’euxanthone, la maclaurine, la diatiscétine et la gentiséine.

Le nombre des oxyflavones est beaucoup plus considérable : la lutéoline, du réséda, la quercétine sont les plus connues.

Les anthocyanines sont très voisins des oxyxanthones et des oxyflavones mais présentent cependant une différence essentielle : la coloration; ce sont en effet des substances rouges, bleues, violettes. Elles sont solubles dans l’eau, ce qui facilite leur extraction; avec les acides elles donnent une teinte rouge; avec les alcalins une coloration verte. On peut les trouver dans les fleurs, les fruits et les feuilles.

D’après OVERTON (64) dans les végétaux l’apparition de la coloration rouge anthocyanique semble être liée à ur accroissement de la quantité des sucres contenus dans les végétaux. COMBES (65) a pu vérifier que la production d’anthocyane correspond bien à une accumulation des sucres et des glucosides et à une dinunution de la proportion des dextrines. La formation du pigment se montre favorisée par l’exposition à la lumière et par le contact des tissus avec une solution de saccharose. L’abaissement de la température qui provoque la transformation de l’amidon en sucre semble être un phénomène primordial dans l’apparition de la teinte rouge des feuilles en automne. D’après un grand nombre de chercheurs, le rougissement serait corrélatif de la présence d'oxygène et de l’augmentation de l’intensité des phénomènes respiratoires. COMBES, cependant, a pu montrer synthétiquement que l’anthocyane provenant des feuilles rouges prend naissance lorsque le composé correspondant, contenu dans les feuilles vertes, est soumis à des actions réductrices. Le même auteur a pu prouver que le pigment jaune élaboré par les feuilles vertes de vigne vierge, pendant la période active de végétation, pouvait être produit expérimentalement en dehors de l’organisme par l’oxydation du pigment rouge des feuilles d'automne. WiLLSTÆTTER (66 et 67) et ses élèves ont extrait les colorants et les ont obtenus à l’état de pureté : les auteurs ont proposé pour ces corps les noms de cyanines où anthocyanines; ils appellent leurs produits de dédouble-

ment cyanidines ou anthocyanidines. Les anthocyanines donnent lieu à une réaction très intéressante qui permet de distinguer la substance glucosidique initiale de ces composants prenant naissance par séparation du glucose. Cette réaction appelée réaction d’ERDMANN (68) repose sur le partage des anthocyanines et des anthocyanidines entre l’eau acidulée et l’alcool amylique. Les premières demeurent dans la couche aqueuse; les secondes passent totalement dans l'alcool amylique. Il existe un grand nombre d’anthocyanines qui se distinguent par leur teinte initiale, leur solubilité et la réaction en présence de perchlorure de fer.

Parmi les recherches effectuées sur les bactéries et concernant des pigments anthocyaniques, nous relaterons ici celles de REINER-MüLLER (69) sur le Bacterium coelicolor et le travail de SEVENET (70) sur le Bacillus citrulli Sartoryi ; cet auteur, en effet, a pu isoler à l’état pur et cristallisé un pigment possédant les propriétés des glucosides et se dédoublant en donnant naissance à une anthocyanidine identique à la pélargomdine.

Pigments de la série indolique :

Le type de ces pigments est donné par l’indigo, matière colorante que l’on extrait des feuilles de l’indigotier (rnd3gofera tinctoria) et de l’Isatis tinctoria; c’est une substance de teinte bleue que l’on connaît bien de nos jours et qui a pu être reproduite par synthèse.

L'indol ou phénopyrrol se trouve à la base de la constitution de cette matière chromogène :

CH a ee ÉPArONQE à ane | CH où CH DT 4 FT C7 CH NH

Pour former l’indigo, deux molécules d’indol se réunissent, avec fixation d'oxygène. La matière colorante peut être obtenue cristallisée: elle est dans ce cas bleu foncé, les reflets sont cuivrés. L'eau, l’alcool, les acides et les bases étendus

ne la dissolvent pas; par contre elle est soluble dans le chloroforme, l’aniline, la paraffine. L’indican n’est autre chose qu’une combinaison de l’indigo avec un glucoside.

Pigments tétrapyrroliques :

Les substances colorantes appartenant à ce groupe sont constituées par l’association de quatre groupements pyrroliques : le mieux étudié est l’hémopyrrol : le premier groupe comprend des pigments qui sont communs aux animaux et aux végétaux : porphyrines, hématine, cytochrome.

Un deuxième groupe comprend la chlorophylle, pigment végétal par excellence qui ne s’observe qu’exceptionnellement chez les animaux.

Le troisième comprend des hémoglobines rudimentaires ou ancestrales et l’hémoglobine vraie. Nous n’insisterons pas davantage sur les pigments de cette série étant donné leur absence constante chez les organismes qui nous occupent.

Phycochromoprotides :

Ce sont des colorants des algues; ils existent dans les chromatophores à côté de la chlorophylle et des carotinoïdes; on les a observés chez les Floridées et les Cyanophycées ; ce sont des substances colorantes individualisées solubles dans l’eau.

Nous citerons ici le phycoérythrine, pigment rouge, la bhycocyanine, de couleur bleue-violette. L/eau renfermant des traces de sels neutres, les dissout et la solution présente une fluorescence nette; ils sont précipités de leurs solutions aqueuses par les acides étendus, le sulfate de magnésium à saturation et le sulfate d’ammoniaque à demi-saturation ont la même action. Les solutions aqueuses sont coagulées sous l’action de la chaleur.

Prigments bactériens :

Pour terminer cette première partie, qu’il nous soit permis de dire un mot sur les pigments bactériens, substances colorantes bien particulières et dont la constitution chimique est loin d’être connue. La plupart sont des composés azotés

que l’on a réussi, du moins pour quelques-uns, à obtenir à l’état cristallisé : on les identifie par leurs caractères de solubilité et par leurs spectres d’absorption. Nous nous en voudrions ici de ne pas citer les belles recherches patientes et détaillées de LASSEUR et GIRARDET (71) . La pyocyanine est un pigment spécifique produit par le Bacillus pyocyneus ; cet organisme est capable d'élaborer quatre pigments : un bleu, un rouge, un rouge brun, un fluorescent. La Pyocyanine cristallise facilement; elle est soluble dans le chloroforme, s’altère facilement à l’air. Dans le spectre deux bandes d'absorption sont visibles.

Le Bacillus chlororaphis a la propriété de produire dans les milieux de culture une matière colorante, la chlororaphine, qui se présente sous forme de belles aiguilles vertes; par oxydation, cette substance donne naissance à l’oxychlororaphine jaune qui, par réduction redonne des solutions vertes.

Citons ici les violacéines dérivant de nombreuses bactéries: la bactérie la mieux connue et qui possède la propriété de produire cette matière colorante est le Bacillus violaceus. Les violacéines se dissolvent dans l’alcoo!l, l’éther, l’acétone; elles sont insolubles dans la benzine et le sulfure de carbone.

La prodigiosine est un pigment que l’on a extrait du Bacillus prodigiosus : cette matière colorante est brun rougeâtre; elles est soluble dans l'alcool à 800 et donne une solution rouge. Malgré tous leurs efforts, LASSEUR et GIRARDET n'ont pas réussi à faire cristalliser la prodigiosine et ces auteurs ont effectué leurs recherches au moyen du colorant purifié et obtenu par extraction alcoolique et éthérée. La substance brun-rougeâtre, offrant les reflets métalliques, lorsqu'elle est en suspension dans l’eau, est purifiée par l’analyse capillaire. C’est WREDE et son école (72) qui ont isolé ce pigment à l’état cristallin, ainsi que la pyocyanine du Bacillus pyocyaneus.

Nous avons ainsi terminé l’exposé sur les principaux pigments pouvant se trouver chez les végétaux; nous croyons avoir rapporté l’essentiel de ce qui a été dit sur ce sujet. Nous aborderons dès maintenant notre seconde partie où il est question de nos recherches personnelles.

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