‹ Contribution à l'étude des limites de certains délires alcooliquesChapitre 15 sur 51 · A) ALCOOLISME AIGU (DELIRIUM TREMENS · texte numérisé non relu

A) ALCOOLISME AIGU (DELIRIUM TREMENS

Nous insistons avant tout, d’abord sur ses conditions d'apparition.

L'accès du delirrum tremens ne se produit pas sans cause.

« Le fusil est chargé, écrit Ball, le coup part, mais il ne part pas tout seul. Il a fallu un choc pour déterminer la décharge ».

Le choc est un excès de boisson (delirium a potu numio) ou peut-être l’abstinence (delirium a potu suspenso), un accident, une fracture, une opération, une infection (pneumonie, erisypèle), plus souvent le surmenage, les émotions, l'insolation, etc.

Au total et en résumé, on retrouve souvent une étiologie précise, immédiate.

L'accès de delirium tremens s'annonce par des prodromes : insomnie, céphalée, agitation, anxiété, parfois sommeil agité avec cauchemar, rêve délirant, précédant le délire de rêve.

L'aspect du malade est caractéristique : le visage est rouge, vultueux, couvert de sueurs. La soif est vive, le regard terriñé.

1) Le délire proprement dit débute généralement dans les premières heures de la soirée pour disparaître au matin. Il se caractérise essentiellement par des hallucinations et

M ess

surtout par des illusion visuelles. Le malade prend une fenêtre pour une porte, un objet pour un animal, un meuble pour une personne. L’anxiété, la mobilité, l’accroissement vespéral constituent les principaux éléments du délire.

a) L'anxiété. — Elle est considérable. Illusions et hallucinations sont pémibles.

Le sujet a des visions fantastiques à types zoopsiques (animaux monstrueux, rats, serpents, tigres remplissant la chambre, changeant de forme ou se jetant sur lui. Des flammes l'entourent, des scènes ou des tableaux obscènes se déroulent sous ses yeux. En peu de temps l'agitation est à son comble, l’alcoolique crie, courant sans arrêt après ses fantômes. Des éléments auditifs aggravent ce tableau : menaces d’adversaires auxquels il répond par des injures et des coups. Il fuit et lutte contre les infirmiers. Ainsi paraît-1l évoluer dans un monde imaginaire et fantastique. « Il moule son délire sur ses hallucinations » (Fournier). D'où le nom de rêve éveillé donné à ce délire qui prend par moment un type somnambulique. C’est un « rêve en action », un « délire de rêve et d’action ».

b) La mobilité. — Ce délire est rapide, cinématographique. [1 peut être interrompu sur le champ par une injonction impérieuse pour reprendre aussitôt après.

c) L’accroissement vespéral est un signe également considéré comme important. Nous le retrouverons ultérieurement.

2) L'état mental.

Deux traits le caractérisent.

a) La confusion avec désorientation dans le temps et dans l’espace : perplexité, viscosité mentale.

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