II) HISTORIQUE
La question que nous nous sommes posée a déjà été soulevée par un grand nombre d’auteurs et la lecture d'un assez grand nombre révèle des mises en garde contre une trop facile propension à rendre l’éthylisme seul responsable des troubles constatés. À vrai dire, ce que l’on trouve surtout à la lecture de ces auteurs, c’est surtout la discussion sur la part — chez un sujet, qui a pu faire quelques excès antérieurs — à attribuer à l'alcoolisme dans l’éclosion de ses troubles mentaux.
A ce titre déjà ESQUIROL écrivait : « Toutes les fois « que le délire ou la folie sont précédés d’abus de bois- « sons fermentées et surtout d'ivresse, on est disposé à « accuser cet abus d’être la cause primitive de désordres cérébraux » et aussitôt après, il rajoutait que « dans quelques cas cet abus n’est que le premier symptôme et le symptôme caractéristique d’une manie commençante ».
Chacune de ces notions comporte une notion différente mais toutes deux demandent à être retenues, car elles enseignent la possibilité d’une double erreur de diagnostic, à savoir : prendre pour de l’alcoolisme ce qui n’est qu’une psychose banale chez un éthylique; prendre pour de l’éthylisme un accès de manie avec dipsomanie. Mais surtout la première phrase contient une réserve implicite sinon for-