I. Etude macroscopique
19 Siège — Nous avons déjà dit que les lipomes du front peuvent être sous-cutanés ou sous-aponévrotiques, nous n'y reviendrons donc pas. Il est évident qu'en pareil cas la mobilité ou l'immobilité relative sur le plan profond en indiquera la variété.
Les lipomes sous-cutanés, situés immédiatement sous la peau, glissen{ sous elle, ce qui les différencie des athéromes ou kystes folliculaires qui se trouvent dans la peau même.
Les lipomes sous-aponévrotiques, beaucoup plus imporanis, siègent entre le périoste et l’aponévrose frontale. Ils sont toujours périostiques, mais on peut admettre, avec
L'eau
ae Ti
Schwartz et Chevrier, qu'ils le sont primitivement ou secon-
dairement. En ce qui concerne leurs relations avec le squelette, il faul distinguer les lipomes ostéo-périostiques, très rares, qui pénètrent dans l'os (Obs. IX, de Lannelongue et Ménard), qui peuvent même le perforer et communiquer avec l'intérieur cranien (Obs. XIII, de Vogt), et les lipomes périostiques, beaucoup plus fréquents, qui adhèrent seulement au périoste. Cette adhérence, qui est quelquefois lâche, est en général très serrée, et l’on observe une fusion complète avec le périoste. L’adhérence n’est pas toujours unique, et nous avons pu observer plusieurs points de contact entre la tumeur et le périoste (Obs. XXII, de Rotter).
Tant qu'à la place qu’occupent les lipomes du front sur la surface de l'os frontal, elle est des plus variables. Nous les trouvons sur les sourcils, les bosses frontales, la ligne médiane, répartis en tous points, sans qu'il soit possible d'en indiquer un lieu d'élection.
Une remarque doit pourtant être faite, à laquelle nous attachons une grosse importance : c'est que, sur 36 lipomes dont nous possédons des renseignements précis, 15 siégeaient à gauche, 10 à droite, et 11 àla partie médiane. Il ya donc une prédominance très nette pour le côté gauche, 65 pour cent environ, surtout si l’on veut admettre que les lipomes de la ligne médiane ont pu se développer primitivement sur la partie gauche du frontal, dans la même proportion.
Nous reviendrons, dans le chapitre IV, sur cette consta-
tation.
20 Nombre. — En général, le lipome du front est unique. Rarement on en a observé de multiples. De tels faits ont été signalés. Mais, nous avons dit au commencement de ce chapitre que nous nous bornions à l'étude du lipome « isolé » du front. À signaler qu’on a vu un lipome du front coincider avec d’autres lipomes répartis sur les différentes parties du corps (obs. XXII).