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30 Volume. — Le volume est extrêmement variable. Il va de la grosseur d’une amande jusqu'aux dimensions les plus insolites, comme chez la malade de Rotter (obs. XXII), où la tumeur tombait jusqu'aux genoux. ME
Presque toujours, ils restent peu volumineux, pendant un espace de temps plus ou moins long, puis se mettent. à grossir, en général d’une façon lente et régulière, parfois brusquement (obs. IX et XI), sans raison, ou à la suite d'un traumatisme.
40 Forme. — Leur forme est généralement régulière, sans lobulation nette, légèrement aplatie, surtout s'il s’agit des lipomes sous-aponévrotiques. Ces derniers sont, d'ordinaire, sessiles, rattachés au périoste par une large base, mais ils peuvent aussi présenter un pédicule (Obs. LIII). Au début, d’ailleurs, ils sont toujours sessiles et ne se pédiculisent que plus tard, lorsqu'ils ont augmenté de volume et de poids.
5° Consistance. — Leur consistance varie également beaucoup, suivant qu'ils sont superficiels ou sous-aponévrotiques. Ceux-ci, en effet, auront une consistance plus ferme et plus | élastique que ceux-là. Leur constitution histologique influencera aussi leur consistance: s’il est vrai qu’ils soient en général constitués par du tissu graisseux pur, on y a signalé aussi parfois du tissu fibreux (Lannelongue, Obs. IX, Vogt, Obs. XII, Grüber, Obs. XXXIII).
Leur consistance a pu également rappeler quelquefois la fluctuation, à tel point qu'on aurait pu se croire en présence d'un abcès froid du frontal, ou d’une production kystique. (Obs. LXD.
6° Paroi. — Les rapports des lipomes du front avec les éléments anatomiques environnants sont fort importants et méritent de retenir notre attention.
a) Plan sus-jacent. — La peau est généralement saine et
MAP OL, Bi
libre. Sa mobilité en faisait même, pour Grosch, un signe différentiel d'avec les kystes folliculaires. Il en est ainsi dans la majeure partie des cas. D’ailleurs; pour les lipomes sousaponévrotiques, généralement encapsulés, fortement retenus par l’aponévrose frontale très résistante, il y a peu de chances qu'ils traversent les plans sus-jacents.
Toutefois, on signale la production d’adhérences entre les
lipomes du front et la peau. Dans le cas de Lannelongue
(Obs. IX), l’adhérence était même si intime qu'il fallut curetter la face profonde de la peau, . pour détruire entièrement le lipome. | La peau peut aussi s’amincir lorsque les tumeurs deviennent très volumineuses. On l’a signalée aussi’ ulcérée
par suite de frottements ou de cautérisation (Obs. LIV), ou sillonnée de petites veines (Obs. XII).
b) Plan sous-jacent. — Nous l’avons déjà dit, les rapports
. les plus importants que présentent les lipomes du front sont
ceux qu'ils ont avec le système squelettique. Nous avons déjà parlé de la division de MM. Schwartz et Chevrier, en lipomes périostiques et lipomes ostéopériostiques.
Notons surtout ici que la térébration de l’os frontal par le lipome est assez fréquente (Obs. IX, Obs. XI). Nous inclinerions à penser que cette variété caractérise assez nettement le lipome congénital, quoiqu'il puisse exister égament des lipomes congénitaux du front, uniquement périostiques.
Dans ces cas d’adhérences profondes à l'os, la tumeur est contournée à sa base d'implantation d’un bourrelet osseux périphérique. D'ailleurs, l’os semble réagir devant le lipome, ét produit, soit une véritable exostose, soit seulement un bourrelet périphérique, ou présente simplement une surface rugueuse. Nous trouvons des faits semblables relatés dans la plupart de nos observations. Disons-le de suite, cette réaction de l’os n’a en soi rien de caractéristique, on l’observe aussi dans les kystes dermoïdes, de même que pour les encéphalocèles.
Ne
Les adhérences périostiques des lipomes du front n'ont pas leur siège au niveau des sutures frontales, du moins d'une façon fixe. C’est d’ailleurs la pensée de MM. Schwartz et Chevrier, à propos d’une discussion de MM. Lannelongue et Walter sur les adhérences des lipomes ostéopériostiques en général.
Le plus souvent, le bourrelet saillant qu'on note autour des lipomes du front, loin d’être une néoformation osseuse, est dû simplement à une infiltration du péricrâne et du tissu conjonctif voisins de la tumeur, et ne tarde pas à disparaître quelques jours après l'opération.
7° Evolution. — Enfin, sauf dans quelques cas particuliers, les lipomes du front sont très bénins. Ils évoluent très lentement, on ne constate pas de retentissement ganglionnaire, et seul Rotter signale de la généralisation (Obs. XXII). Ils ne récidivent, pour ainsi dire, jamais {2 récidives sur 61 cas. Obs. XIX et XXXIX). Il est probable, d’ailleurs, dans ces deux cas, que la tumeur n'avait pas été extirpée complètement dans la première intervention.
Jamais la dégénérescence sarcomateuse n’a été signalée. Il ne faut pourtant pas perdre de vue qu’elle peut exister, comme l’admettait jadis Dupuytren, plus près de nous, Beriel et Delachanal.
Et je suis d'avis de conclure, avec M. Aldo Mei (La Clin. Chirurgica. n° 11, 1910), que: « Le lipome sous-cutané, même s'il est bénin anatomiquement, peut évoluer à la façon des tumeurs malignes, et obliger à des interventions opératoires importantes ».
II Etude microscopique.
L'étude microscopique des lipomes du front n'offre en
soi aucun caractère particulier. Nous nous bornerons à étudier très brièvement les enveloppes et la structure.
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Fr.
1° Enveloppes. — Ici comme dans toutes les autres variélés de lipomes, il y a lieu de distinguer des lipomes circonscrits et des lipomes diffus. Les premiers sont les plus communs et on sait que c’est au moyen de leur capsule, ou de ses prolongements, que s’établissent les connexions entre le lipome et le périoste ou l'os. Il est à remarquer que les lignes périostiques ou ostéopériostiques congénitaux sont tous entièrement capsulés.
Il serait peut-être téméraire de le soutenir, mais nous serions presque tentés de voir dans certains cas de ces lipomes ostéopériostiques, notamment dans celui de l’observation
IX, autre chose qu'un lipome diffus, comme le dénomme
Lannelongue. Ne s’agirait-il pas là, plutôt, de cette troisième variété de lipome, le lipome rameux, que signalait Duver-
gey (Gaz. hebd. des Sc. méd. de Bordeaux, 1908)? Dans
l'os frontal, en effet, avec ses cellules ethmoiïdales, ne trouverait-on pas les conditions requises pour « un lipome dont l'enveloppe plus ou moins régulière comme épaisseur et densité, pousse des prolongements dans les parties peu résistantes » ?
20 Structure. — Les deux examens microscopiques de nos lipomes du front ont montré qu’il s'agissait purement et simplement d’une lipomatose pure, sans cellules, sans caractères spéciaux.
Et nous croyons que c’est là le fait général des lipomes qui nous occupent.
Il faut pourtant y reconnaître quelques exceptions, car on rencontre, outre le lipome pur, les variétés que l’on
trouve partout ailleurs: le lipome fibreux, en particulier,
ou fibro-lipome (Obs. IX, XII et XXXIII). On note aussi des lipomes angiomateux (Obs. XX), c'est ce qui a permis à Lannelongue d'émettre la théorie pathogénique que nous rapporions dans le chapitre suivant.
et) On