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CHAPITRE IV

Étiologie 25 Pathogénie.

Nous n'avons pas, pour le seul lipome du front, l’intention de passer en revue les théories fort nombreuses relatives à l’étiologie et à la pathogénie du « lipome » en général. Cette étude nous conduirait beaucoup trop en dehors de notre sujet. Nous nous bornerons à les signaler au passage. Aussi, étant donnés les liens qui les unissent, nous traiterons, dans le même paragraphe, l’étiologie et la pathogénie.

Il est certain que, pour le lipome du front, comme pour toute tumeur en général, on peut reconnaître différentes causes qui peuvent, chacune, avoir leur valeur propre, mais aucune un sens absolu. Toute théorie exclusive serait donc irrationnelle, tandis qu'un certain éclectisme peut rendre aisée l'explication de causes en apparence fort éloignées. Nous diviserons ces causes en prédisposantes et en déterminantes.

Les causes prédisposantes ont trait à l’âge, au sexe et à l’hérédité.

a) Age. — L’âge auquel apparaissent les lipomes du front est essentiellement variable: les uns sont congénitaux, les autres acquis. Cette classification en lipomes congénitaux

y ne ot

et lipomes acquis est d’ailleurs des plus empiriques. Il est, en effet, souvent difficile d'affirmer l’origine congénitale de ces tumeurs, le lipome, très petit dès la naissance, pouvant passer inaperçu et n'attirer l'attention que plus tard, ‘alors qu’il se développe. Etant donnée également l’évolution parfois fort longue de ces tumeurs (35 ans dans le cas de Wheeler, Obs. XVIII), on ne peut pas, non plus, déterminer d’une façon exacte l’âge de la vie où elles sont le plus fréquentes.

Voici, sur les 46 observations où l’âge des malades «est relaté d’une façon précise, les résultats obtenus :

De 0 à 10 ans: 7 cas. |

De 10 à 20 ans: 4 cas.

De 20 à 30 ans: 1 cas.

De 30 à 40 ans: 8 cas.

De 40 à 50 ans: 11 cas.

De 50 à 60 ans: 10 cas.

Dex602à:70 ans ::3 cas:

De 70 à 80 ans: 2 cas.

Sur les 46 cas, 8 semblent être congénitaux. Il y a donc une préférence marquée pour la période qui s'étend de 40 à 60 ans. |

b) Sexe. — Tandis que les lipomes ordinaires sont plus fréquents chez la femme que chez l’homme {trois fois plus, d’après Bryant (1), deux fois plus, d’après Barros Borgogno, dont la statistique porte sur un plus grand nombre de cas), sur 45 cas où le sexe est nettement spécifié, nous relevons 14 cas chez les femmes et 31 cas chez les hommes. . Nous ne pouvons tenir compte des cas où le sexe est seulement indiqué par les termes « un malade, un enfant, un nouveau-né ». Nous avons donc, pour 100, üne proportion de 31,11 cas pour le sexe féminin, et 68,89 pour le sexe

masculin.

(1) Bryant. Gug's Hosp. Report, vol. IX, 1865.

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Nous voyons que la proportion est renversée pour les lipomes du front. Chipault, Bisquerra, Aievoli, sont d’ailleurs arrivés à un résultat identique pour les lipomes péricraniens en général.

c) L'hérédité. — L'hérédité est un facteur qui nest pas douteux sur la production des lipomes. Tout au plus pourra-t-on l’admettre pour les lipomes du front. En tous les cas, nous l'avons systématiquement recherchée sans la rencontrer dans nos deux observations personnelles, pas plus du reste que dans les cas que nous avons relevés dans la littérature médicale ; ils sont d’ailleurs muets, pour la pluparl en ce qui touche les anamnestiques.

Nous allons maintenant passer à l’étude beaucoup plus importante des causes déterminantes.

Mais avant que de les examiner, il nous paraît intéressant de rappeler un fait que nous avons déjà relevé, mais sur lequel nous voulons insister à nouveau: celui de la fréquence très grande des lipomes du front, par rapport aux autres lipomes péricraniens, 65 pour cent environ, et cela, malgré que le front offre une surface bien inférieure à celle des autres parties dures de la tête. Il y a certainement des causes à ce fait. Disons de suite que nous n'admettons pas la théorie pathogénique de Grosch ; d’ailleurs, ici, elle n'expliquerait pas cette fréquence que nous signalons : la région du front n’est pas plus riche en glandes sudoripares et en tissu graisseux que les autres parties du crâne.

Parlons, sans aller plus loin, des causes qu'on a souvent invoquées pour la production des lipomes: l'obésité, l’arthritisme, plus près de nous, la syphilis, l’alcoolisme et la tuberculose.

Il est certain qu’on ne saurait chercher dans {a polysarcie une cause de lipomes du front. Si l’on admettait encore, avec Cruveilhier, Broca, Darbez, Verneuil et Juda, l'influence de l'arthritisme sur la production des lipomes, il faut avouer

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