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Pour d’autres auteurs, enfin, leur étiologie ne différerait pas de celle des autres néoplasmes.
Nous exposerons d’abord notre observation.
Puis nous étudierons ces variétés de tumeurs, tant au point de vue clinique qu’anatomo-pathologique. Nous insisterons enfin sur leur traitement.
Observation
M"° P.., 38 ans. À eu deux enfants; une fausse couche. Emphysème chronique mais sans tuberculose pulmonaire.
En Juin 1923, la malade, qui était très mince, remarqua que son ventre augmentait de volume assez rapidement. Des douleurs, d’abord vagues, puis plus vives, à siège lombaire, survenaient lorsque la malade restai: longtemps debout ou assise; la marche calmait ces douleurs, le repos au lit les faisait disparaître. Bientôt après la malade remarquait qu'elle perdait ses urines. Aucune douleur vésicale, aucun trouble à la miction, mais pendant la marche, l'urine s’écoulait sans que la malade s’en aperçût autrement que par la sensation qu’elle avait d'être mouillée. Je signale en passant une cystocèle peu accentuée.
Inquiète, la malade demanda l’avis du Docteur LOUART, son parent, qui l’adressa à Necker, au Professeur LEGUEU. Celuici répondit le 19 Novembre 1923 : « J'ai vu votre malade, elle présente quelques phénomènes péritonéaux sans importance et une déchirure du périnée.
« En dehors de cela, elle présente une ascite avec des masses assez importantes dans tout l'abdomen, que je crois limitées
à une épiploite secondaire due à je ne sais quelle tumeur cancéreuse. C’est un cas qui me paraît assez sérieux et je lui ai demandé d'entrer dans ma clinique pour que nous puissions RIRE plus attentivement. »
. Cette note montre assez quel pouvait être l’état de la malade à cette époque, si bien qu’une intervention envisagée fut différée, puis rejetée, comme inutile.
En Juillet 1924, la situation était à peu près stationnaire (fait qui rendait beaucoup moins probable le diagnostic du néoplasme péritonéal) et la malade, qui était à Niort, fut examinée par le Docteur RÉNON. Celui-ci pensa, paraît-il, à un kyste de l'ovaire, et fut. d’avis qu'il fallait intervenir. Ce parti ne fut pas accepté et la malade rentra à Panis.
Le tableau clinique reste Je même : le ventre continuait à grossir; douleur et incontinence d'urine persistaient.
C'est alors que la malade fut examinée et opérée le 21 Août 1924 par le Docteur CAZIN, qui a bien voulu nous donner les détails de l'opération qu'il a pratiquée et nous autoriser à les publier. | Son diagnostic hésitait entre péritohite tuberculeuse et néoplasme péritonéal: le Docteur CAZIN fait donc une laparodomie médiane et, ayant ouvert le péritoine (ou, plus exactement, ayant incisé les deux feuillets accolés de la séreuse), il tombe sur une masse diffluente, blanchâtre, n’ayant nullement l’aspect d’un lipome, masse dont il enlève à la main une partie iHbOrtaRte! mais qui s’étendait jusqu’au foie.
Jugeant cette masse inextirpable et craignant une hémorragie, le docteur CAZIN draine la cavité, tamponne avec des mèches et referme. La malade supporte bien l'opération mais, aux environs du 20° jour, alors qu’elle était sortie de la maison
de santé, une suppuration abondante et très fétide s'établit, le pus coulant par la partie inférieure de la cicatrice.
C’est dans cet état que la malade entra à l'Hôpital Saint- Joseph le 11 Octobre 1924, avec le certificat suivant : « Néoplasme abdominal généralisé à point de départ épiploo-hépatique avec fistule médiane sous-ombilicale post-opératoire. »
Le Déctenr LANos, chirurgien-adjoint, l’examina d’ ailleurs assez rapidement et, frappé de sa maigreur contrastant avec un gros ventre qui semblait plein de liquide, la confia au Docteur RuUBENS-DUVAL, chargé du service de radiumthérapie, pensant que la chirurgie était impuissante dans ce cas.
Voici quel était, à cette date et jusqu’au jour de l'opération, ’état de la malade : sans être véritablement cachectique, elle était très amaigrie, le teint blafard. Le ventre distendu dans son ensemble montrait, à la partie inférieure de la circatrice de la laparotomie, une fistule aux bords éversés, qui donnait, de façon intermittente, du pus. Les périodes de rétention étaient marquées par une élévation de la temprature à 39°, puis, un beau matin, la fistule laissait passer une grande quantité de pus fétide et la fièvre tombait. La palpation de l’abdomen donnait exactement la sensation que donne une ascite néoplasique permettant de sentir des noyaux intrapéritonéaux; la sensation du flot était assez caractéristique pour qu’on ne la discute pas.
Le Docteur RUBENS-DUVAL commença son traitement, mais quelque temps après, il pria le Docteur LANOS de revoir la malade, parce que le diagnostic ne lui semblait plus très sûr. Faite plus attentivement, la palpation de l'abdomen permettait de sentir, un peu confusément, une masse centrale mieux délimitée que le reste et dont la compression faisait, à certains jours, couler le pus par la fistule.
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4 L'idée d'un gros abcès froid de la fosse iliaque se fit jour et on l’admit sans grande conviction d’ailleurs.
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F On commença à parler d'opération, mais le chirurgien n’était pas très « emballé », maigré les encouragements discrets de la’ malade, qui désirait être débarrassée. Enfin, après avoir été plusieurs fois remise, l’opération fut décidée pour le 15 Janvier et le plan fut établi pour ouvrir et drainer largement un gros abcès froid rétropéritonéal.
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