‹ Contribution a l'etude Des Luxations Compliquées de Fractures des Vertèbres Cervicales: Un Cas Heureux de RéductionChapitre 7 sur 11 · MR TZ · texte numérisé non relu

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pourtant accentués à gauche et qu'elle est l'explication plausible que nous pourrons en donner.

. Nous avons fait remarquer que l’encoche-située au-dessus de la sixième vertèbre était très profonde, et que l’on pouvait ètre surpris de ne pas trouver de signes de compression médullaire plus grands. En effet, si le corps de la cinquième vertèbre cervicale luxée avait glissé sur le corps de la sixième et l'avait même dépassé, à en juger par l’encoche de la région postérieure, la lumière du canal rachidien n'existait plus et, dans ce cas, la moelle aurait dû être sectionnée ou broyée.

Les phénomènes paralytiques graves que présentait le malade et que nous avons détaillés dans notre observation n'étaient pourtant pas ceux d'un broiement médullaire. La moelle avait donc été protégée au moment du traumatisme ?

Restait à chercher le mécanisme de cette protection. Nous ne savrions trop insister sur ce point, déjà signalé dans notre observation, à savoir qu'à gauche nous avions perçu au niveau des masses latérales de la sixième une crépitation . nette et perçue aussi à droite, mais d’une façon moins évidente pourtant. La sixième vertèbre cervicale présentait donc en même temps une fracture, une fracture providentielle pourrions-nous même ajouter, en la qualifiant d’un mot bien fait pour en montrer l'importance, à notre avis.

Nous savons que les fractures et les luxations peuvent exister

. simultanément dans ces grands traumatismes rachidiens et que

même les fractures de l’arc vertébral, comme celles des corps

vertébraux, sont le plus souvent associées aux luxations (1). Nous savons aussi (2) que les vertèbres peuvent se frac-

turer en différents points : au niveau de l’apophyse épineuse,

(4) Kirmisson. — Traité de chirurgie, t. IE.

(2) Tillaux. — Traité de clinique chirurgicale, tome I.

au niveau des lames, au niveau des masses latérales et au niveau du Corps. La crépitation perçue à gauche au niveau des masses latérales était probablement due à une esquille provenant d’une fracture qui devait siéger des deux côtés au niveau des lames de la sixième vertébre. Au moment où la portion supérieure de la colonne se luxait sur la sixième vertèbre, la partie antérieure au corps de celle-ei se détachait de la partie postérieure au niveau du trait de fracture, les lames, probablement, et suivait dans leur mouvement de descente les cinq premières vertèbres cervicales. Ce mécanisme permet ainsi d'expliquer que la lumière du canal rachidien n'ait pas été trop réduite et que la moelle ait échappé miraculeusement au broiement, surtout si l’on suppose, comme c'est probable, que le corps détaché de la sixième se soit luxé en partie seulement sur la septième.

Mécanisme de la lésion. — Nous ne croyons pas devoir insister beaucoup sur le mécanisme de cette luxation et de cette fracture ; elles rentrent dans le cadre uormal. Nous avons vu, en effet, que notre malade avait reçu un lourd fardeau sur la face postérieure du cou an moment où, la tête fléchie, il s'apprêtait à le charger sur ses épaules. La juxation a été le résultat d'une flexion forcée de la tête en avant.

C'est le mécanisme admis par les auteurs. La fracture a été de cause indirecte, c’est plutôt un arrachement, la conséquence de la flexion forcée de la colonne en avant. Nous savons, en éffet, que le mécanisme des fractures des COrps vertébraux, aujourd'hui bien établi, a prêté pendant longtemps à la discussion. Boyer admettait que les fractures de la colonne vertébrale étaient toujours de causes directes ; d'après lui les contre-coups, par exemple, ne pouvaient avoir dans celte

variété de traumatismes aucune action ; et ses idées ont régné longtemps saus conteste dans la chirurgie. Louis, vers la fin du siècle passé, avait nettement indiqué l'existence des fractures de la colonne vertébrale de cause indirecte : et il écrit, «Ces fractures ne se font guère par l'effet de la percussion immédiate, mais par la secousse et l'ébranlement dont L'endroit fracturé est le centre. »

Cependant l'opinion de Boyer, soutenue par Dupuytren, restait toujours acceptée. On admettait bien les fractures du rachis de cause indirecte; mais on les considérait comme l'exception.

Nélaton (1), dans sa Pathologie chirurgicale, disait : « Résultat ordinaire d'une cause directe, ces fractures sont quelquefois produites par un véritable contre-coup ».

Malgaigne (2), au contraire, présente les fractures indi-

rectes du rachis comme étant la variété la plus fréquente. «Je pose donc en fait, dit cet auteur, que, dans la grande majorité des cas, les fractures du corps des vertèbres ont lieu par contre-coup, par l'effet d’une flexion de la colonne, soit en avant, soit en arrière. »

Tous les travaux qui se sont produits depuis-lors n'ont fait que confirmer cette manière de voir, et aujourd'hui il convient de renverser la proposition émise par Nélaton et de dire (3) que, dans l'immense majorité des cas, les fractures du corps des vertèbres sont produites par des causes indirectes, tandis que les fractures de causes directes ne sont que l’exception.

Les travaux de Bonnet (4), ceux de M. Chedevergne, de

(4) Nélaton.— Eléments de pathologie chirurgicale, 184%, tome IL, page 697.

(2) Malgaigne. — Traité des fractures 1847, page 418.

(3) Kirmisson. Traité de chirurgie, tome II.

(4) Bonnet. Traité des maladies des articulations, 1845.

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