‹ Contribution à l'étude des luxations du coude en avantChapitre 10 sur 17 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(FoxroynonT, Bulletin Société de Chirurgie de Paris, 19 février 1908.)

Les luxations complètes du coude en avant sont encore assez rares pour que l'observation, la photographie et la radiographie du cas que j'ai observé, il y a quelques mois, à Tananarive, vous soient présentées.

Voici l'observation : Ramanampy, enfant de 4 ans, s'amusait à glisser sur le derrière, le long d'un talus en pente haut de 5 à 6 mètres, quand, dans une de ces descentes, il perdit l'équilibre, continua la glissade sur le côté droit en flexion, l'avant-bras reposant à faux sur le so] inégal, tandis que le bras appuyait au contraire en totalité sur le plan obliquement descendant et assez uni du talus gazonné. Je le vis trois jours après la chute, lorsqu'il arriva dans mon service de l'hôpital indigène de Tananarive. Je trouvai le membre supérieur très déprimé. Le bras était œdématié dans toute l'étendue de son tiers inférieur et de son tiers moyen. L'avant-bras était gonflé dans tout le tiers supérieur. . Cette augmentation de volume ne laissait percevoir que très mal le pli du coude. Le membre tout entier décrivait une courbe à concavité interne regardant le thorax. Il paraissait raccourci, d'autant plus que l'épaule du même côté était très abaissée. Et de fait, à la mensuration, il existait, de ce côté, une diminution de près de 1 centimètre. A la palpation, on sentait nettement l'épitrochlée, mais beaucoup plus en arrière que normalement. L'épicondyle n'était pas perceptible.

En avant, on sentait une pointe, le bec de l’apophyse coronoïde, avec, au-dessus, une autre pointe moins perceptible, le bec de l’olécrâne. Enfin, sur le côté interne et un peu en dessous, une saillie, la tête radiale. of:

Les mouvements spontanés étaient nuls. En revanche, les mouvements provoqués étaient assez étendus. On pouvait très

facilement faire exécuter à la main les mouvements de pronation et de supination. La flexion du bras était possible sans être parfaite. L'extension était en revanche très facile, plus étendue même que normalement.

Sur la radiographie, on peut constater que la luxation est des plus nettes et qu'elle est complète en avant. Le cubitus et le radius sont situés en totalité en avant de l'humérus et fortement. remontés le long de lui. De plus, l'humérus a décrit une demirotation, de sorte qu'il se présente presque de champ sur une vue antéro-supérieure, ce qui explique pourquoi, à la palpation, l'épitrochlée était seule sentie.

Réduction sous chloroforme facile. Immobilisation sous plâtre pendant une semaine, puis massage.

Voilà certainement une observation de grande valeur Pour nous, car elle a subi le contrôle de la radiographie, et bien que ne pouvant la reproduire, car elle ne figure pas sur la communication, nous savons que la lésion a été décrite de visu.

Donc, en jetant un coup d'œil d'ensemble sur les faits que nous venons de passer en revue, nous voyons que, de loutes ces observations de luxation du coude en avant, depuis la première en date, celle de M. Colson père, Jusqu'à nos jours, bien peu méritent d’être conservées sous ce titre. Elles se réduisent, en effet, à quatre : celles de Secretan, Canton, Date et Fontoynont. Sur ces quatre, une seule, celle de M. Fontoynont, entraîne une conviction formelle à cause de la radiographie. Nous avions donc raison de dire au début que nous étions en présence d'une lésion rare ef, à ce litre, l'observation de M. Patel, qui va suivre, nous paraît présenter un grand intérêt.

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