OBSERVATION V
(ED. CANTON, Dublin médical, 1861, t. Il, p. 24 et Hamirron, Traité des luxations, p. 941.)
La luxation qui était complète, s'était produite à la suite d’une chute de voiture. Le blessé était tombé sur la main droite étendue en avant, mais le poids du corps, aidé de l'impulsion acquise, avait améné une flexion brusque et forcée du coude, en même temps l'avant-bras s'était trouvé tordu sous la poitrine. La violence des accidents inflammatoires et quelques menaces de gangrène ayant fait juger l’'amputation indispensable on put constater de visu les désordres existants. Le cubitus était luxé en avant de telle façon que l'extrémité de l’olécrâne s'était placée en avant de la petite tête humérale prenant, ainsi la place qu'occupe normalement la tête du radius pendant la flexion de l'avant-
bras. Le radius était en supination et maintenu dans sa situation habituelle par rapport au cubitus par les ligaments annulaires et interosseux restés intacts. Tous les ligaments sont rompus.
Il est incontestable que la pièce anatomique donne une certaine importance à l'observation; néanmoins elle perd de sa valeur par ce fait que la lésion fut décrite seulement à l’autopsie du membre et il n’est pas absolument certain qu'au cours des manœuvres opératoires pour réaliser l’amputation, les rapports des surfaces articulaires, telles qu’elles étaient au moment de l’accident n'aient pas subi quelque modification. Hamilton dit que cette pièce anatomique est la seule d’après laquelle on ait pu faire l'anatomie pathologique de la lésion, et cette dernière dit: luxation en dehors et en avant.
OBSERVATION VI (Dares, The Lancet, ahnée 1872, 26 oct., p. 597.)
Le patient était un jeune homme de 14 ans, il dit être tombé sur la main, mais il n’est pas très affirmatif sur ce point. Le bras droit est en demi-flexion et ne peut être mobilisé qu'avec une grande douleur. L’articulation était très déformée et excessivement douloureuse. La tête du radius était très proéminente en dehors et au-dessous du condyle externe et franchement tournée avec le reste de l'os. Au-dessus était une dépression profonde dans laquelle le condyle pouvait être obscurément perçu. L'olécrâne pouvait être perçu en dessous de sa position normale s'appuyant par son extrême bord contre la trochlée. La réduction fut faite sous chloroforme et après la réduction «on eut la conviction que l'épiphyse du condyle interne était détachée ».
Nous voilà donc en présence d’un cas de luxation du coude en avant avec fracture de l’épitrochlée, cas qui
serait donc entièrement superposable au nôtre. Nous n'avons aucune objection sérieuse à faire et nous retiendrons le fait qui paraît inattaquable au point de vue clinique.
Date ajoute à la suite de son observation qu'il en existe une en tous points semblables à la sienne, elle serait de Fergusson (Practical Surgery, 3° édition, p. 241), nous n'avons pu la retrouver.
Nous en avons terminé avec les observations qu'on peut qualifier d'anciennes, puisque la plus jeune, celle de Date, est de 1872 et nous arrivons aux observations plus récentes, celles de M. Chaput et enfin celle de M: Fontoynont, que nous avons trouvées dans les Zullelins et Mémoires de la Soc. de chirurg. de Paris, séance du 19 février 1908.
Les trois observations rapportées par M. Chaput ne sont pas véritablement des faits de luxation typique ; aussi nous bornerons-nous à en citer le titre.
Le premier fait s'intitule : « Fracture de l’olécrâne avec luxation du coude en avant et irréductibilité au cours de l’opération; résection complète, guérison. » Le deuxième : « Fracture oblique de l'extrémité inférieure de l'humérus, compliquée de plaie, avec déplacement du fragment inférieur et du coude en avant ; irréductibilité. Résection du fragment huméral et de l'olécrâne. Guérison. » Et enfin le troisième : « Fracture en T comminutive de l'extrémité inférieuse de l’humérus, avec plaie et infection grave. Hémirésection du coude. Guérison. »
Point n’est besoin d’insister pour faire remarquer que ces trois faits n’ont qu’un intérêt médiocre pour le
ET PNR
cas qui nous occupe. Ce sont surtout des relations de fracture.