‹ Contribution à l'étude des luxations du coude en avantChapitre 14 sur 17 · LS ONE · texte numérisé non relu

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section sous-cutanée, la luxation se produisit facilement ; il en à toujours été ainsi chaque fois que l’expérience fut répétée.

Dans aucun cas A. Guérin n'a coupé le tendon du triceps qui semblait, «a priori, devoir opposer une grande résistance à la luxation en avant.

À. Guérin à aussi tenté à plusieurs reprises de reproduire les expériences de Colson et Debruyn dans lesquelles on à produit une luxation en avant par l’extension forcée du bras.

Un cadavre ayant la pointe du coude appuyée sur le bord d’une table, il est parvenu, en saisissant le bras d'une main el le poignet de l’autre, à opérer une flexion complète de l’avant-bras sur le bras, dans le sens de l’extension, sans pouvoir ramener l'olécrâne en avant de l'extrémité inférieure de l'humérus. Le ligament antérieur de l'articulation s’est rompu, l’olécrâne a résisté sans se fracturer et son extrémité supérieure, glissant de haut en bas, est venue se placer au niveau de la poulie articulaire de l’humérus sans jamais passer en avant, les fibres postérieures ou olécrâniennes du ligament latéral interne semblent constituer l’obstacle qui s’oppose à la luxation, par extension forcée, du bras.

Nous venons d'exposer, sans commentaires, les diverses théories pathogéniques admises par les différents auteurs qui se sont occupés de la question. Avant d'entreprendre une discussion sur le mécanisme de la lésion, il convient, croyons-nous, de rappeler brièvement ce qu'est un coude normal au point de vue anatomo-physiologique.

L'articulation du coude appartient au genre des articulations trochléennes. Ses mouvements sont surtout la flexion et l'extension commandés, pour la flexion, par le biceps et le brachial antérieur, pour l'extension, par le triceps.

L'appareil ligamenteux qui maintient au contact les surfaces articulaires forme une véritable sangle autour de l'articulation. « Les quatre ligaments: ant. post., lat. ext. et lat. int. se fusionnent toujours plus ou moins les uns avec les autres par leurs bords contigus de façon à former autour de l'articulation une capsule à peu près complète. » (Testutt, Arhrologie, p. 396). On conçoit, d’après ce dispositif et grâce aussi à l’exactitude de l'emboîtement des surfaces articulaires qu'il ne puisse se passer au niveau de l’article que des mouvements latéraux très limités. Ces mouvements de latéralité de faible amplitude (8 à 10 millimètres) ne peuvent se produire selon la remarque de M. Sappey que dans la demi-flexion et bien souvent dans la flexion forcée. Quand il existe des mouvements latéraux notables c’est que les ligaments ont été tiraillés et déchirés, et l’on possède là un bon signe de luxation.

Quels sont les rapports des surfaces osseuses dans les mouvements de flexion et d'extension ? C’est ici Le lieu de rappeler les classiques points de repère fournis par les trois tubérosités osseuses de l’art. du coude: Du côté ext. l'épicondyle, du côté int. l’épitrochlée et enfin sur la ligne médiane et en arrière des deux précédentes; l'olécrâne. Lorsque le membre est dans l'extension, la partie la plus saillante du coude est située sur une même

ligne transversale que les deux saillies épicondyliennes

ONDES el épitrochléennes; dans la flexion l’olécrâne s’abaisse par rapport à la ligne transversale des tubérosités et il s’abaisse d'autant plus que la flexion s'accentue.

Dans la flexion forcée, les rapports sont ceux que nous montre celle radiographie faite dans les conditions suivantes. Ayant servi moi-même de sujet d'expérience, le poignet à été ramené vers l'épaule et fixé avec un lien à l'extrémité supérieure du bras. Cette précaution était indispensable pour ne point modifier l'attitude du membre pendant les deux minutes de pause qu’exige l'opération. L’attitude de flexion a été poussée jusqu'à l’extrème limite.

Cette radiographie nous montre que dans cette attitude de flexion extrême le bec de l’olécrâne enserre toujours dans sa concavilé, la poulie trochléenne et demeure en contact avec son versant postérieur. Cette disposition nous paraît être d’une importance considérable pour discuter le mécanisme le plus communément admis depuis Malgaigne : à savoir, la flexion forcée avec propulsion d’arrière en avant. Après cet auteur, Richet avait répété que dans la flexion forcée, les surfaces osseuses ne formaient plus d'obstacle au déplacement en avant des os de l’avant-bras. Nélaton se range à cel avis et cependant aucun de ces auteurs n'apporte pour élayer une pareille opinion de faits absolument probants. En effet, nous avons vu dans le chapitre IT que Nélaton (Traité de pathologie chirurgicale, À. IT, p. 386) décrit la luxalion du coude en avant d’après deux cas seulement connus de lui, et nous avons vu aussi le doute exprimé par l’auteur lui-même. Le cas de Richet est presque en dehors de la question, puisque nous

coude formal en flexion forcée.

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