‹ Contribution à l'étude des Luxations latérales externes du CoudeChapitre 10 sur 14 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Sauf dans les cas rares où le gonflement des parties molles est considérable et où les saillies osseuses du coude, complètement masquées, ne peuvent plus être reconnues, le diagnostic s’établira de lui-même par l’examen méthodique et minutieux des reliefs et des dépressions souscutanées. Nous serons, dès le premier abord, mis sur la voie par l'élargissement et la si caractéristique déformation en baïonnette, mais si avec cette déformation nous trouvons la saïllie de l’olécrane très en dehors avec audevant de lui la cupule radiale que nous faisons rouler par pronation et supination, si nous trouvons la cavité clécranienne vide, un point douloureux à la place de l’épitrochlée et plus en avant la trochlée saïllante, notre diagnostic est posé, i! n’y a plus de doute, nous sommes en présence d’une luxation latérale externe avec arrachement ou décollement épitrochléen. re

Les luxations en arrière, avec léger déplacement latéral, peuvent cependant prêter à confusion, d’autant plus qu’elles s’accompagnent, elles aussi, d’un certain élargissement, mais il est moins marqué, la déformation en baïonnette est moins nette et l’on a en plus l’agrandissement du diamètre antéro-postérieur, que nous n'avions pas trouvé tout à l’heure: l’olécrane qui en arrière se soulève

en une forte saillie à laquelle aboutit le tendon du triceps.

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En tout Cas, y aurait-il confusion, elle ne serait pas à notre humble avis, très grosse de conséquences puisque ces deux variétés de luxations demandent sensiblement les mêmes manœuvres de réduction.

Ce n’est pas non plus avec les Juxations isolées du radius, dont M. le professeur Estor a publié un cas en 1914, qu’on ‘se trompe, non! D'abord, ce sont des luxaticns qui, sans fracture du cubitus, sont excessivement. rares, et ensuite, comme elles ne s’accompagnent pas d'ordinaire d’un gros épanchement, il nous Sera toujours facile, par le procédé classique des trois saillies, de constater que l’o- Jécrane est resté en place et d'éviter ainsi tonte erreur.

Aussi, c’est. surtout quand il y a fracture de l’extréruité inférieeure de l’humérus avec décalement de l’avantbras en dehors qu’on se trompe. Nos manuels classiques nous décrivent bien à ce sujet un magistral diagnostic différentiel, assez simple en théorie:trois saillies à la face postérieure du coude, l’épicondyle, l’olécrane et l’épitrochlée. Avons-nous une fracture? Leur situation est normale, c’est-à-dire que dans la flexion de l’avant-bras sur le bras elles se trouvent dans un même plan horizontal, tandis que dans l’extension elles forment un triargle. à sommet supérieur. Avons-nous luxation? Leur situation est tout autre l’harmonie en est rompue; e’est bien entendu. Malheureusement, dans la pratique, cette distinction n’est pas toujours applicable, car qui dit fracture dit ‘ aussi épanchement, gonflement et empâtement, partieulièrement. marqué dans les traumatismes du coude, qui ne * nous laissent plus que des sensations vagues, imprécises. Et l’on hésite. Est-ce une fracture? Est-ce une luxation avea arrachement épitrochléen ? La chose n’est point facile à préciser. Pour trancher le différend, on doit alcrs faire appel au précieux contrôle de la radiographie. Oh!

là, plus d’hésitation, les renseignements seront précis sur le genre de fracture, ou la variété de luxation, nous saurons s’il y æ où non arrachement de l’épitrochlée, et nous ne prendrons plus le simple décollement épitrochléen, souvent rencontré chez les jeunes, pour une luxation latérale interne incomplète. | :

D'ailleurs, même si l’on a pas de doute, il y a toujours intérêt et il est prudent de faire appel au contrôle radiographique toutes les fois qu’on le peut. Souvent ce mode d'exploration nous révèlera des lésions méconnues et non soupeonnées et l’on aura l’avantage de pouvoir conserver dé précieux documents.

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