‹ Contribution à l'étude des Luxations latérales externes du CoudeChapitre 9 sur 14 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Au moment de l’accident, le contusionné ressent une très violente douleur au coude, accompagnée où non d’un craquement, et s’aperçoit dès lors de son impotence fonctionnelle ; il ne peut plus plier son coude. Cependant, les moûvements de flexion et d’extension passives peuvent encore être provoqués danis une certaine mesure. Les mouvements de la main et des doigts sont intacts. Au début, le gonflement n’est pas constant et n’apparaît généralement que plus tard, comme dans notre observation. Quelques heures après l’accident, le malade paraît ne plus souffrir beaucoup au repos.

À l'examen, ce qui frappe à premièré vue, c’est la déformation, l'élargissement manifeste de la région du coude; mesurée au compas d'épaisseur, on trouve 4 ei 6 centimètres de plus que du côté sain. L’axe de l’avantbras est décalé en déhors-de celui du bras, ce qui nous donne une & déformation typique: en baïonnette ». [7avant-bras est dans une position de flexion moyenne, à 120° environ; dans un cas où le chevauchement était considérable, l’attitude de l’avant-bras était l'extension presque complète. Souvent aussi on trouve un coude valgus.

Quand on analyse la déformation et qu on palpe, on constate à la région externe la saillie de la cupule radiale, que l’on reconnaît aux mouvements de pronation et

“és FS — 19 — apnation, Immédiatement en.dedans de dette saillie! | 0Sseuse, on en trouve une seconde, qni est en coñtinnité avec le cubitus et qui représente bien évidemment l’olécrane. Cette saillie est plus où moins marquée en arrière, selon qu'il s’agit d’une luxation postérieure avec un fort déplacement en dehors, comme dans notre observation I ou selon qu’il s’agit d’une luxation typique en dehors: Plus en dedans, la palpation permet de reconnaître la cavité olécranienne déshabitée. Plus en dedans, on sent le re-bord saillant de la trochlée hunlérale qui fait une saillie manifeste an côté interne du coude. Enfin, absence er cette région du relief de l’épitrochlée arrachée; on la trouve parfois au-dessous, libre et flottante. On a signalé au palper un point douloureux au niveau de la zone de son arrachement. Au-devant de la trochlée, la peau est tendue et luisante, prête à se rompre; parfois même il y a rupture, comme Binet en relate un cas dans sa thèse sur les luxations compliquées. Notons enfin le raccoureissement du membre, la saillie des tendons des muscles triceps ef biceps et l’ecchymose antéro-interne, si fréquente après les arrachements épitrochléens. Il est important de bien connaître ces ecchymoses, si fréquentes et parfois si étendues, afin qu’elles n’éveïllent pas immédiatement en nous

l’idée de fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus.

Lors de luxation incomplète, l’avant-bras est d’ordinaire inversé, en rotation interne. En dedans, un relief volumineux soulève la peau: vous y reconnaissez la trochlée et l’épitrochlée. En dehors vous voyez et vous sentez la tête radiale luxée, au-devant de l’épicondyle; en arrière, la saillie de l’olécrane se dessine tout en dehors. Il est fréquent que l’épitrochlée soit arrachée; elle manque alors en dedans sur la trochlée découverte.

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