‹ Contribution à l'étude des Maladies Cryptogamiques et Bactériennes de la VigneChapitre 12 sur 20 · VERDET GRIS · texte numérisé non relu

VERDET GRIS

Le Verdet ou acétate bibasique de cuivre a été proposé par Bouker (de Montpellier). On fait macérer pendant 2 ou 3 jours 1 ou 2 kilogs de verdet gris dans i0 litres d’eau et on additionne de 90 litres d'eau avant l'emploi. Ce produit est tout aussi adhérent que la bouiilie sucrée et donne de très bons résultats.

Prophylaxie

Toutes les fois que cela sera possible il conviendra de s adresser aux cépages les plus résistants contre cette redoutable aïfection. On a conseillé l'emploi d’abris dans la treille de façon à protéger la vigne contre les attaques de la pluie et de la rosée qui sont des facteurs éminemment favorables à la germination des conidies.

Nous donnons ci-dessous une liste des principaux cépages classés suivant leur sensibilité au mildiou :

1) Cépages très sensibles : Grenache, Carignane, Cinsaut-T'erret, Terret-Boucher, Malhec, Marsanne, Pinot, Maincin.

Cépages américains : Elsinburg, Creveling, Isabella, Iona, Mottled, de la Ware, Canada, Cornucopia, Othello, Californica.

2) Cépages sensibles : Aramon, Aubun, Clairette, Colombaud,

Chasselas, Muscat, Mourvèdre, Morrastel, Picquepoules, Verdot.

Cépages américains : Denereux, Herbemont, Louisana, Alvey, Cataroba, Diana, Marion, Triumph, Brandt, Brighton, Secretary, Jacquez.

3) Cépages peu sensibles : Alicante, Bouschet, Mondeuse, Petit-Bouschet, Alicante Henri Bouschet, Syrah, Cabernet franc, Jurançon, Pinot Roussane, Merlot, Pulsard, Enfariné, Follenoire.

Cépages américains : Cunningham, Hermann, Dracut, Martha, Neosko, Muscadine, Telegraph, Clinton, Franklin et Goethe.

4) Cépages résistants : Caberlet-Sauvignon, Grappes de la Dordogne, Muscadet, Pardotte, Sauvignon, Folle blanche, Teinturier, etc.

Cépages américains : Champion, Concord, Iriès, Cinthiana, Cottage, North Carolina, Elvira, Taylor et Noat.

5) Cépages très résistants : Persan français, etc... Basidiomycètes

On comprend sous le terme de Basidiomycètes des champignons à thalle très différencié, à mycélium cloisonné., anastomosé.

L'ordre est caractérisé par la présence d’un organe reproducteur uni ou pluri-cellulaire, bien caractérisé : la baside, qui donne des spores externes appelés basidiospores. La classificahon est fondée sur les variations de la baside.

On distingue tout d'abord les Hétérobasidiées et les Homobasidiées.

Hétérobasidiées : Chez ces espèces la baside est presque toujours cloisonnée et forme des basidiospores qui, à la germina-

Hi

tion, donnent naissance à des conidies ou spores secondaires (sauf chez certains formes parasites).

Homobasidiées : La baside, chez ces espèces est toujours unicellulaire. Les basidiospores se développent directement pour donner un mycélium filamenteux.

Hétérobasidiées Helicobasidium purpureum PAT.

Ce champignon a été trouvé sur la vigne dans le département du Vaucluse. Dans les cas observés, les racines, le tronc et la base des sarments montraient des lames, houppes, cordons pigmentés en rose ou en violet. L'espèce vit à la surface de ces organes où elle forme ses fructifications : basides plus ou moins recourbées en crosses à leur sommet et munies de cloisons transversales. Les basidiospores sont ovoïdes et incolores.

La vigne attaquée dépérit et peut même mourir, mais il n’est pas démontré que le champignon en soit seul responsable. Le développement tout superficiel de cette espèce ne paraît pas si nuisible qu'on voudrait le croire.

Homobasidiées

Exobasidiées : Hyménium disjoint ; ce groupe renferme des espèces qui sont toujours parasites de plantes vivantes. Le mycélium pénètre alors dans les tissus et envoie dans les cellules des suçoirs. Les fructifications se forment au dehors. Les basides donnent naissance à des spores qui, en germant, bourgeonnent et produisent des conidies-levures. On connaît surtout le genre Exobasidium.

Exobasidium vitis (ViaLA et Boy) PRIL. et DELECR. (Aureobasidiurm vitis VIALA et BOYER)

Certains auteurs prétendent que cette espèce n'est pas un Basidiomycète, cependant on le classe encore parmi ce groupe.

L'Exobasidium vilis fait son apparition au printemps sur les feuilles et il parasite les raisins en automne. Les feuilles se déssèchent partiellement et brunissent ; elles portent des plages irrégulières de tissus transformés en liège ; les feuilles paraissent de loin en loin grillées, puis elles tombent ; la maladie n’est généralement pas très grave et on n'enregistre pas de dégâts importants.

La parasite forme à la surface de la plante hospitalière des petites pustules blanches, plâtreuses constituées par des bouquets de filaments allongés et ramifiés. Certains restent stériles ; d’autres portent des éléments massués à leur sommet (on a cru devoir assimiler ces organes à des basides). Au sommet se montrent des spores sessiles et hyalines (de 2 à 10). Elles germent par bourgeonnement.

Les grains de raisin malades portent des taches déprimées caractéristiques ; les dégâts généralement peu importants sont cependant assez sensibles quand le printemps et l’automne sont chauds et humides.

Il n'existe pas de traitement intéressant.

Exobasidium graminicolum (BRESS.)

Cette espèce parasite ordinairement la feuille de la vigne. Généralement elle se montre sur le fromenthal ; lorsqu elle infeste la vigne, elle y forme de petites masses blanchâtres devenant grises et s’étalant. Les orgares reproducteurs (basides ?) sont très serrés et prennent naissance dans la partie superficielle des feuilles. On voit ordinairement 1 à 2 spores par stérigmate ; ces spores sont allongées, jaunes ou hyalines et produisent en germant une sorte de promycélium avec des conidies.

Théléphorées

Ici l’'hyménium nail sur une surface lisse à aspect variable. Beaucoup de saprophytes et peu de parasites.

Stereum necator

Les Stereum sont constitués par des receptacles appliqués par le dos sur les plantes parasitées ; dans certains cas ils sont libres et alténués en un pied court. La surface supérieure est zonée et souvent munie de poils. La surface inférieure constitue l'hyménium qui comprend le plus souvent en dehors des basides des cellules stériles ou cystides. Les basidiospores ont une forme ovoïde ou cylindrique ; elles ne sont jamais colorées. Cette espèce occasionne l'affection appelée la naladie de « l’Esca » qui est connue depuis longtemps dans le vignoble méditerranéen. Les vignerons italiens de la province de Lecca lui ont donné le nom d’ « Escha » terme grec qui signifie amadou.

Autrefois on était surtout impressionné par une de ses manifestations particulièrement expressives : l’apoplexie ou folletage. Les ceps mouraient brusquement en quelques heures et ceci alors qu'ils étaient en pleine végétation. Les individus les plus vigoureux présentaient une dessiccation rapide du feuillage et des rameaux.

Généralement le champignon pousse un mycélium dans le tronc et les branches el s'attaque très rarement aux racines, s'arrêtant le plus souvent au collet. Le seul caractère spécifique de l’attaque de la tige semble être une décoloration spéciale des tissus se traduisant par une teince jaune pâle localisée vers la partie extérieure du bois quand on pratique une section longitudinale.

Sa pénétration se fait par la moelle dans les plaies de taille grandes ou petites et progressivement il pénètre en profondeur ; la moelle parasitée fonce pour devenir noirâtre ; de la moelle, les filaments mycéliens se répandent par poussées successives de l'interieur vers l'extérieur de la tige et descendent jusqu au

collet de la plante. Les fructifications n'apparaissent généralement pas sur la vigne parasitée.

Sur le feuillage se manifeste un effet indirect (chlorose par exemple). On indique un certain nombre de mesures propres à lutter contre le parasite :

1) Selon Viala il y a intérêt à réduire autant que possible la surface des plaies de taille.

2) On peut pratiquer un curettage destiné à enlever toutes les parties malades jusqu’au bois sain ; la plaie sera désinfectée par le goudron, des arsénites, etc.

A ce propos citons les formules de Viala qui paraissent donner d'excellents résultats :

1) Acide arsénieux : 20 kilogs ; Carbonate de soude : 15 kilogs: Savon : 18 kilogs ; Eau : 100 litres.

Avant d'appliquer cette solution, on la dilue en y ajoutant 15 à 20 volumes d’eau.

2) Carbonate de soude : 20 kilogs ; Acide arsénieux : 20 kilogs ; Eau : 100 litres.

Diluer avant l'emploi dans 20 fois son volume d’eau. L’application est faite sur la vigne pendant la période de repos végétatif, après la taille et avant le débourrement.

Agaricinées

Dans les Agaricinées nous trouvons des champignons à chapeau, à appareil reproducteur souvent massif, entouré dans le jeune âge le plus souvent par une enveloppe (la volve). La mieux connue des espèces parasites est sans nul doute le redoutable Armillaire couleur de miel (Armaillaria mellea).

Armaillaria mellea VaAHL (Agaricus melleus VAHL) (Armillariella mella PAT.)

L'espèce habite normalement les forêts d'Europe, d'Améri-

que, d'Australie, du Japon : ce peut être un parasite extrêmement sévère ; la maladie du pourridié des racines compromet et détruit même un certain nombre de végétaux parmi lesquels il faut citer le pommier, poirier, cerisier, pêcher, figuier, hêtre, charme, peuplier, robinier, pin, sapin, cèdre, mélèze, murier, vigne.

L'apparence est toute superficielle et cependant le mal siège en profondeur affectant à la fois l’écorce, le liber et le cambium. Tous ces éléments sont détruits rapidement. Après une certaine période d’existence saprophytique (humus, feuille mortes, etc...) le mycélium pénètre au voisinage du collet, à la faveur d'une plaie mécanique due aux insectes ou à l'intervention de l'homme. Tout d’abord ce sont des filaments incolores ; puis on assiste à la formation de lames ; en vieillissant le mvycélium forme des petits cordons ou rhizomorphes gainés d’une matière résistante et colorée en brun. Ces rhizomorphes propagent la maladie ; ils sont doués de phosphorescence.

L'appareil reproducteur à chapeau se forme en automne sur les parties mortes ; ce sont des champignons de couleur jaune miel, puis jaune brun, à chapeau bombé, muni d'écailles brun jaune virant au noir. Les lames sont blanches, puis tachées de brun ; le pied élastique, plein est coloré en rose puis en brun olive ;: anneau blanc, large, spores hyalines, blanches en tas, ovoïdes, lisses (8 à 10 u sur 5 à 6 u,5).

Dans les sols humides la maladie évolue rapidement et l’arbre meurt dès l'apparition des premières feuilles ; dans les terrains secs, l’arbre dépérit lentement et se dessèche progressivement. Il se propage autour du centre de contamination en formant des cercles qui s'étendent sans cesse ; il est dangereux pour les bois d'exploitation.

En ce qui concerne la vigne, il semble bien que la porte d’entrée soit fournie au parasite par les plaies de charrues.

Traitement : Avant tout, ne pas blesser les racines avec la charrue. Supprimer les appareils reproducteurs durant la saison automnale, arracher et brüier toutes les parties souterraines portant des rhizomorphes. Entourer les taches parasiiées de fossés de 50 centimètres de profondeur minimum pour s'opposer au développement des rhizomorphes souterrains.

Drainer les sols humides.

Mettre les ceps dans les meilleures conditions de résistance.

Le meilleur traitement curatif consiste dans la production de vapeurs de sulfure de carbone ou d'hydrogène sulfuré naissant. Ces produits doivent être employés en quantités importantes ; on aboutit ainsi à la création d’une atmosphère de haute toxicité pour le parasite.

Sorauer à proposé l'emploi d’une fumure au plâtre qui semble donner d'excellents résultats lorsqu'elle est utilisée judicieusement.

Phallacées

Les Phallacées comprennent des champignons angiocarpes (Gastéromycttes) entièrement gaînés dans le jeune âge d’une volve consistante doublée d’une couche mucilagineuse. La partie fertile est creusée de logettes sinueuses que tapisse l’hyménium et qui se montre à maturité à la surface d’une sorte de chapeau conique. Le pied est cylindrique, creux.

ltyphallus imperialis {SCHULZER)

Selon G. Istvanffy, cette espèce, voisine de l'Ityphallus impudicus L., parasite dans certains cas la vigne. Le mycélium s’agglomère en petits cordons et arrive à envahir les racines ; les feuilles jaunissent et se dessèchent.

Ascomycètes

Les Ascomycètes constituent des champignons à thalie nette-

ment différencié. Le mycélium est ramifié, souvent anastomosé et toujours cloisonné. Dans certains cas il donne des formes de pseudoparenchyme (stroma, sclérote).

La reproduction se fait selon deux modes : par voie sexuée et par voie asexuée. Dans le premier cas les appareils portent des conidies ou spores externes ; dans le deuxième il s’agit de la formation d’asques ou thèques qui constituent des sortes de sacs contenant un certain nombre d’ascospores {le plus souvent huit). La spore ‘est entourée d'une membrane celluiosique interne et d’une enveloppe externe cutinisée.

Souvent, à côté des asques fertiles, l’hyménium produit des tubes mycéliens stériles que l'on a nommé paraphyses. Dans beaucoup de cas l’assise fertile est située dans un receptacle ou périthèce différemment constitué selon les espèces.

L'ordre des Ascomycètes se divise en plusieurs sous-ordres de champignons parasites : Discomycètes, Pyrénomycètes, Périsporiacées.

Discomycètes

Les Discomuycètes sont des Ascomycètes dont le périthèce, largement ouvert à maturité est tapissé par un hyménium constitué par l’ensemble des asques et des paraphyses ; ia déhiscence se fait au moyen de valves, de fentes, de couvercles. Ouire la forme sexuée, la plupart de ces espèces présentent une “eproduction aséxuée par conidies, pycnides ou spermogonies.

Pilacre pallida PERS.

(Roesleria hypogaea THuM et PASS.) (26) (Vibrissea hypogaea RiCHON et MONNIER)

Pourridié de la vigne

Le champignon s'attaque aux racines qui, gravement iésées, dépérissent ; les plantes meurent sans causes apparentes. Par

un examen attentif des racines, on arrive à déceler à leur surface de petits receptacles blancs qui atteignent 7 à 8 mm. de hauteur. Leur forme est celle d'une massue. Cette maladie a été appelée « Pourridié de la vigne ». Toutefois l'espèce parasile, outre la vigne, des arbres divers.

Le mycélium pousse de nombreux filaments qui pénètrent dans les {issus des racines de la plante hospitalière, altèrent le bois sans toutefois le délignifier ;: sur les racines mortes, un appareil sexué prend naissance : il existe en outre un appareil asexué semblable au précédent : les conidies sont en forme de poires et se montrent à l'extrémité de sterigmates serrés.

Sur les racines mortes apparaissent des petites têtes rondes, grisètres ou verdàtres soutenues par un pédicelle de 2 à 6 mm. de hauteur, de couleur blanchätre ; l'hyménium tapisse entièrement la surface de ces Lêtes : les asques sont entourés de longues paraphvses : 1ls renferment chacun huit ascospores sphériques ; après déhiscence par rupture de la membrane de l’asque celles-ci serment un filament. Ce phénomène peul être précédé par une division de l’ascospore en deux par la formation d'une cloison.

Les traitements consetllés sont les mêmes que ceux employés contre le Pourridié des racines tausé par Armillaria mellea : 11 faut surtout insister sur le drainage des terrains humides, car

la maladie n'existe guère que dans ces sols.

Sclerotinia Fuckeliana DE. BARY (27)

(Botrytis cinerea PERS.)

Les asques, dans le genre Sclerotinia, ne se forment pas directement, mais naissent sur un selérote bien différencié et pouvant rester très longtemps en état de vie ralentie.

Le Sclerotinia Fuckeliana est très commun sous sa forme

conidienne : 1lest constitué par des filaments allongés, ramifiés,

légèrement renflés à leur extrémité fertile qui portent des stérigmates sur lesquels naissent des conidies ovoïdes.

On connaît aussi une forme stérile composée uniquement de filiments mycéliens blancs qui recouvrent le sol et entourent le collet et les racines des jeunes plantes, c'est la « toile » qui peut causer la mort des végétaux envahis.

La forme conidienne se cultive facilement sur les milieux de culture usuels ; la température de + 25° semble réaiiser l’optimum de croissance. Par diminulion ou épuisement des aliments on obtient la forme selérote : le mycélium s’agrège alors pour donner de pelites masses de forme et de taille variées, recouvertes d’une partie externe corticale noire.

Ceux-ci peuvent se développer à l'humidité et le plus souvent ils reproduisent des appareils conidiens ; dans certains cas (en présence de sable humide) on les détermine à produire des périthèces à asques. Ils ont la forme classique des Pezizes, en coupe ouverte, tapissée par l'hyménium avec asques cylindriques et paraphyses fiiformes, légèrement renflées au sommet. Huit ascospores sont logées dans chaque asque ; elles présentent un aspect hyalin et une forme elliptique.

La forme conidienne peut se développer sur un grand nombre de plantes horticoles : Pelargonium, Cyclamen, Primevère, Chrysanthème, Lilas, ete... Mais c’est sans nul doute pour la vigne qu'elle est la plus dangereuse.

Les jeunes pousses noircissent, se fanent, tombent, le limbe des feuilles adultes se décompose très rapidement ; les grappes sont envahies par une sorte de moisissure de coloration gris cendré, très abondante ; elles ne tardent pas à pourrir ; c'est la pourriture grise de la grappe encore dénommée : « Mauvaispourri ».

Lorsque le parasite se développe sur des raisins déjà mürs, il cause ce que l’on appelle la « Pourriture noble » qui, loin

d'affecter la qualité du vin, l'améliore. Cette pénétration superficielle du parasite amène en effet des changements dans la composition du jus de raisin : elle le concentre et en diminue l'acidité.

La pénétration du Sclerotinia Fuckeliana Se fait consécutivement à des blessures d'insectes (Cochylis) ou à des lésions mécaniques /grêle) ; quand la température diurne est supérieure à + 14°, l'invasion peut se faire très rapidement.

La destruction de ce champignon est assez pénible étant donné la grande résistance que les conidies montrent vis-à-vis des toxiques (sels de cuivre en particulier). La bouillie bordelaise est impuissante à juguler le mal. Les autres produits (Alumine, Chaux, Plâtre) ne donnent pas de résultats meilleurs. Istvanffi a recommandé la méthode suivante :

Badigeonnages pendant le repos végétatif au moyen d'une solution de bisulfite de chaux à 5 ‘.

Poudrages des grappes avec un mélange de 10 kilogs de bisulfite et 90 d'argile pulvérisée.

L'assainissement de la terre, le drainage, la diminution de la proportion en engrais azotés paraissent très utiles.

Contre la « éoile » on préconise l'aération, une température pas trop élevée et, opération très difficile, la stérilisation des terreaux par la chaleur

Beauverie a obtenu de bons résultats en utilisant pour des arrosages du sol, une solution contenant 2 gr. 50 de sulfate de cuivre et 2 gr. 40 d'ammoniaque pour { litre d'eau.

Pseudopeziza tracheiphila MüLL.-THURG

Les Pseudopeziza sont de très petites Pezizes vivant en parasites sur quelques végétaux ; elles prennent naissance dans l’intérieur des tissus et apparaissent au dehors par suite d'une

déchirure de l’épiderme ; elles s'ouvrent au moyen d’une fente et s’étalent lorsqu'elles parviennent à maturité.

Pseudopeziza tracheiphila occasionne sur les feuilles de la vigne de larges taches rougeâtres et desséchées. Le mycélium se développant dans les vaisseaux produit de la gomme de blessure ; il en résulte un arrêt de la sève ; une partie du limbe se dessèche.

Rhytisma manogramme BERK.

Sous le terme de Rhytisma on désigne un certain nombre d'espèces qui se séparent nettement des genres précédents ; ils déterminent sur les feuilles la production de taches noires dans lesquelles le stroma du champignon se substitue totalement au tissu normal. Les asques sont renfermés dans des logettes irrégulières, allongées ; l'hyménium est mis à nu par l'intermédiaire d’une fente qui s’ouvre largement à maturité. Les ascospores sont filiformes et disposées les unes à côté des autres et parallèlement. On peut les considérer comme des espèces voisines des Pyrénomuycètes, tout en observant que chez ces derniers parasites les bords de la fente ne sont pas si écartés dans le réceptacle contenant les asques.

Le Rhytisma manogramme à été trouvé par BERKELEY ; ce parasite forme sur la feuille du Vitis oestivalis des taches brunes entourées d’une marge noire.

Pyrénomycètes

Les Pyrénomycètes sont des Ascomycètes dont le périthèce arrivé à maturité s'ouvre par un pore ou une fente étroite. Ces réceptacles à asques peuvent être simples ou composés et unis par un stroma. Les conidies sont fréquentes et se forment dans

des pycnides ou des spermogonies.

Sphériacées

Les caractères des Sphériacées sont les suivants : Périthèce dur, d'une coloration toujours foncée ; il s'ouvre par un pore rond. Tantôt les périthèces sont libres et isolés, tantôt ils sont agglomérés par un stroma ; leur paroi reste toujours distincte et ies asques sont claviformes ou cylindriques, mêlés à des paraphyses plus ou moins nombreuses. L’asque contient des ascospores parfois au nombre de huit.

Rosellinia necatrix (HART.) BERL. (28) (Dematophora necatrix HARTIG) Pourridié de la vigne (29)

Ce parasite produit une affection très commune des racines ; elle se développe surtout dans les sols humides. À la base de la racine et de la tige se forme un revêtement cotonneux donnant au niveau du sol une sorte de ouate blanchâtre qui fonce plus tard en virant au brun. C'est la maladie du pourridié de la vigne.

Le champignon occasionne des ravages sur les racines d’un grand nombre d'arbres forestiers et d'arbres fruitiers (Pécher, Prunier, Cerisier, Abricotier) ; il produit des lésions sur le Murier et la Vigne, la Fève et la Pivoine.

Le mycélium est grèle, cloisonné, d’abord incolore, puis brunâtre. Les filaments de surface sont caractéristiques : à l’examen microscopique on y décèle des dilatations en forme de poires s’isolant très vite par des cloisons en donnant des corps ovoïdes qui constituent à proprement parler des chlamydospores.

Sur les racines apparaissent de temps à autre des sclérotes qui arrivent à soulever l'écorce : ce sont de petites masses brunes alignées presque toujours en files longitudinales : à l’intérieur de ces sclérotes se trouvent des pycnides qui contiennent

à maturité de grosses spores brunâtres munies assez souvent d'une cloison médiane. On a décrit des formes conidiennes qui paraissent être fréquentes sur les racines mortes exposées à l'humidité et qui naissent à la surface des tissus et sur les sclérotes. Les éléments qui portent les conidies (conidiophores) prennent l'aspect de petites houppes à extrémités ramifées : ils forment des conidies très petites, ovoides et d'aspect hyalin. Ces éléments, par la germination reproduisent un mycélium.

La forme sexuée aboutit à la production de périthèces (30), (31) à asques et ascospores qui s’observent surtout à ia surface du bois mort, au milieu des conidiophores. Ils mesurent 1 mm. 5 de diamètre moyen, sont globuleux ; leur paroi est dure et foncée ; la membrane interne blanche, donne naissance à des asques cylindriques, allongés et à des paraphyses filiformes ; chaque asque renferme huit ascospores brunes en forme de navettes qui sont mises en liberté par gélification des parois de l’asque.

On reconnait la racine malade par son écorce noire et spongieuse sous laquelle on aperçoit les filaments mycéliens blanchâtres qui grandissent, s’étalent, se ramifient au contact des tissus vivants. Ces éléments donnent des sortes de voiles blancs qui peuvent atteindre le collet. Par la suite les filaments se pigmentent en gris puis en brun. La propagation de la maladie est due à ces amas mycéliens condensés qui se répandent sur le sol ; les taches sont le plus souvent circulaires dans les vignobles : les plantes centrales meurent les premières. Par l'infection, ia vigne s'affaiblit beaucoup ; les rameaux se rabougrissent : les feuilles diminuent de taille et le cep prend l'aspect d’une tête de chou. Dans les cas graves, la vigne peut être arrachée avec facilité et montre des racines pourries et gorgées d'eau : le tronc reste le plus souvent sain. Certaines vignes sont complètement détruites dans une période de deux ans.

Habituellement le parasite doit avant tout se développer sur des débris de végétaux morts (racines) et dans un sol humide.

On ne connait aucun traitement curatif. Pour arrêter la progression du mal, on recommande d'isoler les taches par des fossés profonds de un mètre ; certains auteurs préconisent l’emploi de sulfure de carbone injecté dans le sol au moyen d'un pal ; une quantité de 2.000 kilogs est nécessaire pour assurer la désinfection d'un hectare de sol. On aura soin aussi de brûler les débris divers et de cultiver des céréales sur les terrains infectés pendant ? ou 3 ans.

Avant de replanter la vigne, il convient de procéder à une nouvelle désinfection du sol par le sulfure de carbone (1.200 kilogs à l’hectare).

Drainer les sols humides.

Guignardia Bidiwellii (ELLIS) VIALA et Ravaz (Phoma uvicola) Black-Rot de la vigne (32)

Pourrilure noire de la vigne

Les caractères généraux du genre Guignardia sont les suivants : périthèces simples, arrondis, enfermés dans les plantes parasitées ; asques à ascospores hyalines ; absence de paraphy-

Les raisins offrent un aspect typique lorsqu'ils sont atteints par le Black-Rot ; ils présentent tout d’abord au début (juillet) une tache petite et livide qui s'agrandit en changeant de couleur. Elle atteint bientôt toute la surface des grains et prend une teinte rouge brique. Le grain de raisin ramollit, rougit, brunit : 1l se flétrit avec de gros plis : enfin il se dessèche et se chagrine ; sa surface est recouverte de petits points noirs. Ce champignon est l’un des plus dangereux pour la vigne.

Il peut y demeurer durant toute la période d'activité végéta-

DD

tive eb montrer des spermogonies et des pycnides, A la fin de l'hiver les sclérotes produisent des formes ascosporées (périthèces). La structure de ces organes rappelle beaucoup celle des pycnides ; les asques qui y sont enfermés, lorsqu'ils arrivent à maturité ont une forme allongée, renflée en massue à leur sommet ; ils contiennent huit ascospores qui peuvent être ‘ projetées à l’extérieur du périthèce à la suite de la gélification partielle de la membrane de l'asque.

Les ascospores sont hyalines, ovoides et se renflent à leur partie médiane ; elles germent en produisant un filament allongé qui se ramifie ; pour certains auteurs des conidies secondaires se formeraient parfois à l'extrémité des filaments.

Les pycnides renferment des stylospores dont la germination peut se faire de la même façon. VIALA (33) et PACOTTET ont réussi à cultiver le mycélium du Guignardia Bidivellii sur moût stérilisé ; ils ont même obtenu la formation de pycnides en milieu acide.

Le mycélium ramifié, cloisonné, peut se pelotonner, agréger ses filaments pour former des masses homogènes qui s’enfoncent dans les tissus de la plante-hôte. La périphérie de ces organes est constituée par un mycélium à parois épaisses et pigmentées ; le centre montre une substance hyaline qui ne tarde pas à se résorber.

Il se forme par la suite une petite ouverture au sommet c’est l’ostiole ; sur la paroi interne se développent enfin des stérigmates sur lesquels naissent des spores ; tel est le processus évolutif des spermogonies et des pyenides.

Une spermogonie est une petite poche dans laquelle prennent naissance de petites conidies en forme de batonnets : les spermaties qui mesurent de 5 à 6 u de long sur O u 7 de large. On ne connaît pas exactement le rôle joué par ces spermaties car jamais on n’a pu obtenir leur germination.

Les pycnides qui avaient fait donner à Guignardia Bidiwellii le nom de Phoma uvicola renferment des stylospores ovoïdes, presque rondes, à contenu protoplasmique granuleux ; elles sont plus grandes que les spermaties car elles atteignent les dimensions de 9 u 5 sur 5 u. Le détachement de ces spores se fait par gélification des stérigmates ; elles restent agglomérées par une matière visqueuse et s'échappent par l'ostiole en donnant un filament blanchâtre ; l'hiver, les pycnides forment des sclérotes.

Certains auteurs ont observé des conidies ovoides se formant. à l'extrémité de filaments bruns, ramifiés, disposés au sommet des spermogonies et des pycnides et sclérotes. Lorsque les conditions de vie deviennent précaires pour le champignon, il est capallie de donner des chlamydospores.

Le Black-Rot est originaire d'Amérique ; il a été transporté en Europe avec les vignes américaines. ViaLa et Ravaz l'ont observé en France pour la première fois en 1885. La maladie se développe sur les feuilles, vrilles, tiges, pétioles, grappes.

Sur les feuilles jeunes, un léger boursouflement apparaît, qui évolue en 10 ou 20 jours pour donner une tache couleur feuille morte avec de petits points noirs alignés concentriquement. A l'examen microscopique ces points noirs se montrent comme étant des pycnides : elles ne se forment pas quand la température est élevée. Au mois de septembre les tissus morts se désagrègent et les feuilles se perforent (trous de 0 cm. 5 à 2 cm).

Les grappes subissent l'attaque un peu plus tard : sur les grains se forment de très petites taches jaune clair qui deviennent brun rouge et s'agrandissent. Les grains se rident, se déssèchent, prennent une teinte bleu-noirâtre et un aspect brillant. La pellicule s’affaisse et se parsème de granulations qui sont des pycnides. Les spermogonies se ferment en juin avec les sclérotes. En octobre seuls les sciérotes persistent. Le Black-Rot

parail ne pas se développer lorsque les grains entrent en véraison ; dans le cas d'attaque à ce moment, les grains deviennent fondants et juteux : c'est le Rot juteux des américains (Soft-Rot).

Les vrilles, tiges, rafles et pétioles peuvent être parasités mais ils deviennent réfractaires dès que leurs tissus commencent à se lignifier.

Comment se fait la contamination ? Les spores germent en donnant un filament qui rampe à la surface des feuilles ; à un moment il pénètre dans la cuticule et se ramifie entre les cellules de l’épiderme ; il v a pénétration dans les tissus, prolifération du champignon. Pour que la maladie soit dangereuse, deux conditions doivent être réalisées : température élevée et humidité abondante. L'épaisseur de la cuticule des feuilles et des grains joue un grand rôle qui ne doit pas être négligé.

La maladie se développe surtout sur les cépages à fruits juteux ; l’Aramon est le plus sensible : par ordre de sensibilité on peut donner l’énumération suivante : Carignane, Durif, Gamay, Morastel, Petit Bouschet, Cinsaut, Jacquez, Alicante- Bouschet, Grapput, Syrah, Malbec, Aspiran, Valdignier, Cabernet, Pinot. Parmi les hybrides on considère comme cépages résistants les hybrides Couderc 603, 604, 6.301, 4.401, 3.907, 3.301, 3.303 et 101, les hybrides Castel 703 et 1.141, Alicante Rupestris. D’autres sont peu sensibles et luttent victorieusement contre la maladie : hybrides Couderc 201, 503, 504, 1.103, 1.304, les hybrides Castel 11.438, 14.720 ; les hybrides Seibel 1 et 2, l'Auxerrois Rupestris.

Il faut retenir que le Black-Rot se développe avec d'autant plus d'intensité que le milieu est plus chaud et plus humide : il est plus dangereux dans les terres basses et irriguées que sur les coteaux. Sur les terres saines, il cause peu de ravages : les

sh)

vent d'Ouest et du Sud-Ouest le favorisent, les vents du Nord le contrarient.

Le Black-Rot semble se propager par foyers qui s étendent avec une certaine lenteur, en procédant par invasions successives. Les invasions primaires sont dues tantôt aux ascospores, tantôt aux stylospores qui ont passé l'hiver sur des raisins contaminés l'année précédente : elles se succèdent toujours assez rapidement.

Quant aux invasions secondaires, elles sont produites par les stylospores qui se sont formés sur les premières taches et qui envahissent les jeunes feuilles, puis les jeunes grappes. La maladie a causé de grands dégâts en France, dans le Sud- Ouest, les Charentes, le Beaujolais, la Nièvre, l'Yonne, le Jura, la Savoie, la vallée du Rhône.

Il n'existe pas de traitement curatif. On a préconisé comme mesures préventives la supression des foyers (Prillieux). Elle se fait par le ramassage et la combustion de tous les déchets capables d’'héberger le parasite.

Disons toutefois que pour combattre l'invasion primaire, le sulfatage (34) rend certains services. Il convient de faire les pulvérisations à des périodes bien déterminées : à la suite des pluies, fin avril, commencement mai, fin juin, il faut répéter les sulfatages avec des solutions de sulfate de cuivre à 2 % et ceci à 5 ou 6 reprises. Les traitements sont échelonnés depuis le commencement de la végétation jusqu'à la fin de la floraison on ne laisse pas plus de S à 10 jours entre deux sulfatages. Cette période de repos est encore réduite dans le cas d’un printemps humide et d'une croissance rapide ; au contraire augmentée dans les saisons froides, à végétation lente.

Guignardia baccae {CAVARA) JACZ. (35) (Phoma baccae)

(G. reniformis PRILL. et DELACR.) (36)

Maladie trouvée en Algérie, Italie, au Caucase et en Asie Mineure, dans le Midi de la France. Le parasite a souvent été confondu avec Guignardia Bidwellii étant donné les analogies er!tre les deux champignons.

L'organisme se développe moins facilement que le précédent et quelquefois le mycélium s'arrête de croître : dans ce cas la tache est limitée sur la feuille par une lame de liège. La maladie est beaucoup moins grave que la pourriture noire ; les feuilles sont rarement attaquées.

Les pycenides montrent des stylospores volumineuses (20 à 22 u de longueur) ; la surface devient arquée ; les extrémités sont cylindriques et obtuses. Les périthèces semblables à ceux de Guignardia Bidivellii à ceci près qu'ils sont davantage piriformes ; ils possèdent une papille allongée et saillante et un pore plus large ; les asques sont claviformes. Ils contiennent des ascospores verdâtres aux dimensions plus grandes que celles de l’agent du Black-Rot. La maturation des périthèces se fait en automne et ceux-ci se forment au milieu des pycnides.

Le traitement indiqué pour le Black-Rot s'applique à cette maladie

Mycosphaerella Rathayi NYPELS (Sphaerella Rathayi)

Cette espèce a été signalée sans grands détails par Rathay sur des raisins.

Punilus medullae {ViarA et MARSAIS) Court-Noué parasitaire de la vigne

Cette affection caractérisée par le raccourcissement des mérithalles et par des déformations foliaires a été attribuée pendant longtemps à des causes variées. VIALA et MARSAIS ont constaté dans la moelle des rameaux la présence d’un mycélium qui

en provoque le noircissement et qu'ils ont pu isoler et cultiver. Les filaments produisent des oïdies, des spermogonies, pycnides et enfin des périthèces. Par suite de l'agrégation des divers conceptacles et de l’absence d'ostiole, cette espèce se sépare des genres connus et les auteurs le décrivent sous le nom de Purmilus medullae.

A côté de ces recherches, les travaux de D. RANGHIANO (37) signalent, en 1932, dans les rameaux herbacés de certaines vignes, l'existence d’un mycélium interne et intra-cellulaire, lequel forme sur l'hôte dans les conditions normales une association symbiotique qui pourrait, dans certains cas, devenir préjudiciable à la plante ;: les symptômes seraient alors fournis par les caractères de la maladie du Court-Noué.

Actuellement l'affection devient plus fréquente et les viticulteurs ont leur attention attirée par elle ; comme le prétend Marsais (38) l'existence de foyers et l'extension de la maladie autour des centres d'infection prouvent qu'il s’agit d'une contamination véritable. VIALA à montré que le Court-Noué peut avoir diverses origines (asphyxie des racines dans un sol défavorable, carence de nutrition ; action des champignons et des insectes : pourridiés, Phylloréra ; chlorose calcaire).

Cependant cet auteur a déterminé des cas où les manifestations extérieures s’accompagnent de lésions internes de la moelle et du bois des souches malades. L'agent de cette affection à été 1solé et décrit sous le terme de Purmnilus medullea par VrALA et MARSAIS ; ce serait une Sphériacée voisine du genre Xilaria.

Hypocréacées

La famille des Hypocréacées renferme une foule de parasites qui déterminent des maladies graves sur un grand nombre de végétaux.

Le périthèce est charnu ; sa coloration est d'ordinaire assez vive.

Melanospora stysanophora Mattir (Siysanus stemoniles (PERS.) CORDA) (Dematophora glomerata) Pourridié des sables

L'espèce se trouve sous sa forme conidienne (S{ysanus stemoniles), à la surface des feuilles mortes.

Le mycélium brunâtre est disposé en arbuscule dont les parties externes portent des conidies disposées en chaînettes. Plusieurs auteurs, MATTIROLO et GUEGUEN en particulier, ont décrit des périthèces qu'ils ont pu obtenir en culture ; il s’agit de masses globuleuses à col court renfermant des asques ovoïdes. Les ascospores sont brunes et fusiformes.

On trouve le Melanospora stysanophora sur les souches de la vigne. VIALA a mis en évidence la maladie causée par ce parasite ; elle a recu le nom de « Pourridié des sables ». C'est une affection peu répandue qui existe dans les régions sableuses du Midi de la France ; elle paraît plus fréquente en Hongrie.

Périsporiacées Le périthèce, complètement clos ne présente pas de déhiscence ; les asques et les ascopores ne sont libérées qu'après destruction plus ou moins irrégulière du périthèce. Les parasites de la vigne appartenant à ce groupement font partie des deux familles : Erysiphacées et Périsporiées.

Erysiphées (39)

Les Erysiphées comprennent des organismes à mycélium hyalin et ramifié recouvrant les organes des plantes parasitées et envoyant par endroits des prolongements plus où moins renflés qui pénètrent dans les celluies épidermiques et donnent de véritables suçoirs.

La reproduction se fait suivant deux modes : aséxué et sexué. Dans le premier cas il s'agit de la formation de conidies généralement grosses, hyalines : elles sont disposées en chaînettes sur un appareil conidiophore extrêmement simple puisqu'il se compose de filaments droits insérés perpendiculairement sur le mycélium.

Le mode sexué (40) nous montre des périthèces à asques prenant naissance sur le mycélium qui, tantôt disparaît plus ou moins, tantôt persiste en entourant plus ou moins le périthèce d'une enveloppe protectrice. La surface du périthèce est munie d'appendices ornementaux droits, courbés, ondulés, simples, ramifiés auxquels on a donné le nom de fulcres. Ces fulcres servent de base pour la classification des Erysiphées. Les asques renferment des ascospores ovales, hyalines au nombre de 2 à 8. Ces champignons vivent en parasites sur différents végétaux.

Uncinula necator (SCHW.) BURR.

(Uncinula americana BERK. et CURT.) (Uncinula spiralis HOWE) (Oidium Tuckeri)

(Erysiphe Tuckeri)

Oidium de la vigne

Cette espèce s'attaque aux feuilles, sarments, fieurs et fruits. Les jeunes grappes de raisin présentent un aspect spécial les grains sont fendus, éclatés et laissent voir les pépins. La couleur est d’un gris plombé ; une odeur fungique intense se dégage. L'Oidium a été observé pour la première fois par un jardinier anglais nommé TUCKER en 1845 dans les forceries de raisin de Margate. BERKELEY l’a identifié et décrit en 1847. Depuis on l’a souvent retrouvé dans les divers vignobles euro-

péens.

Les vignes atteintes d'Oïdium languissent et prennent un aspect particulier : les feuilles se recouvrent d’un enduit pulvé-

rulent gras, de couleur blanche ou grise selon l'évolution ; une odeur de moisi est perceptible. A ce stade l’épiderme est intact et le champignon n'a pas pénétré dans les tissus. Les jeunes feuilles se déforment et se racornissent ; la végétation subit un retard appréciable. Les rameaux herbacés portent, eux aussi, des plaques semblables à celles des feuilles : ces taches sont nombreuses du côté où le soleil frappe ; elles se réunissent ensuite pour donner un tapis continu. Au dessous de cet enduit, l’épiderme brunit ; souvent il noircit et les rameaux déssèchent. L'aoûtement est toujours compromis.

Les fleurs sont particulièrement sensibles et la coulure constitue la conséquence fatale de l'apparition du parasite au moment de la floraison.

Les raisins subissent une attaque plus sévère que les feuilles ; les grains Jeunes se déssèchent ; lorsqu'ils sont plus âgés ils se recouvrent d'un duvet blanchâtre sous lequel la cuticule est altérée. À une certaine période proche de la maturité, les raisins continuent à grossir, mais la peau brunit sous les plages blanches ; elle devient dure et coriace et ne s'étend plus ; il en résulte des crevasses qui découvrent la pulpe et les pépins. Quand les grains sont ouverts, ils ne tardent pas à se dessècher sous l’action de la chaleur ; par temps humide, ils jaunissent.

Après la vendange le raisin conserve celte odeur désagréable de moisi qui est caractéristique de l'attaque par l’Oïidium.

Le développement du parasite exige une certaine chaleur et de l'humidité. Le champignon débute dans sa végétation à 12° ; ii se développe rapidement à + 20°, ne présente plus de croissance à + 38° ; il est tué à + 45°. L'affection se montre tout d'abord sur les coteaux abrités, puis descend dans la plaine. Le parasite est contrarié par l’action intense et continue des radiations solaires et par l’abaissement de l’état hygrométrique de l'air.

Les cépages européens sont plus réceptifs que les cépages américains.

Le mycélium chemine à la surface de l’épiderme el pousse des sucoirs qui aspirent le contenu des cellules les plus externes. Les filaments portent des ramifications droites d’un calibre assez fort, dont l'extrémité est cloisonnée ; ces hyphes constituent les conidiophores qui donnent naissance à des conidies ; celles-ci se détachent facilement les unes des autres et ne produisent pas de longs chapelets. Cette forme conidienne avait été appelée autrefois Oidium Tuckeri.

Les périthèces furent observés en 1892 par VrarA et COUDERC (41), (42), (43) ; ils semblent être très abondants en Europe ; ils se forment en septembre ou octobre, quand la température baisse, prennent naissance dans la masse mycélienne ; ils ont l’aspect de corpuscules jaunes citron, puis noirs. Leur membrane d'enveloppe est constituée par des cellules polygonales. Tout autour du périthèce sont disposés de longs fulcres bruns à la base et dont le sommet est enroulé en crosse.

À la fin de l'hiver, à l'élévation de température correspond l'éclatement du périthèce qui laisse échapper les asques (au nombre de 4 ou 6 par périthèce). Chaque asque contient 4 à 8 ascospores qui sont mises en liberté par rupture de l’asque. On suppose que cette forme séxuée permet au champignon de passer l'hiver et de propager l’infection d’une année à l’autre.

On à signalé sur les filaments conidiophores de l'Uncinula necator la présence de petits conceptacles irréguliers, organes de fructification d’un champignon : le Cicinnobolus Cesatii, adversaire de l'Oidium qui pourrait servir pour sa destruction.

Quelle est la sensibilité des divers cépages vis-à-vis de l'Oidium ? Avant tout il faut retenir que les vignes hautes (treilles, ete...) sont plus sujettes à l'Oidium que les vignes bas-

ses parce qu'elles doivent recevoir une plus grande quantité de spores par l'intermédiaire des vents.

Voici d’après VIALA la classification des cépages d’après leur sensibilité à la maladie.

1) Cépages très attaqués : Muscat, Chasselas, Frankenthal, Malvoisie, Teinturier, Folle blanche, Clairette, Piquepoul, Cabernet, Brun Fourca, Syrah, Roussane, Riesling, Carignane, Pas cul noir, Sicilien ou Pouse précoce, Terrets, Œillade, Cinsant.

2) Cépages peu atteints : Aramon, Sauvignon, Marsanne, Dolceto, Colombaud, Alicante ou Grenache, Espar, Morrastel, Petit-Bouschet, Bourboulinque, Pinots.

3) Cépages très peu attaqués : Côt, Merlot, Calitor, Catawba, Isabelle, York, Madeira et le plus grand nombre des cépages américains : Riparia, Rupestris, etc.

On a proposé bien des moyens de lutte contre l’'Oidium de la vigne, mais on a tendance presque toujours de recourir au soufrage (44), (45). Les premières expériences eurent lieu en 1850 à Versailles. Duchartre répandait de la fleur de soufre sur les organes de la vigne et il prouva que l’oxydation sous l'influence de l'air et du soleil amenait la production d’anhydride sulfureux, véritable poison exerçant une action toxique très forte sur le mycélium du parasite. Cependant toutes les spores et la totalité du mycélium ne sont pas détruites ; vingt à vingt-cinq jours après le traitement, un nouveau développement de lOidium se manifeste : celui-ci peut être arrêté par un deuxième soufrage. Le soufre donne de la vigueur au cep et empêche la coulure quand il est appliqué pendant la floraison. L'emploi du soufrage s’est généralisé aujourd'hui. De plus la coloration des raisins devient plus foncée et plus vive.

Il ne faut pas soufrer tardivement car le vin garde une odeur et une saveur peu agréables qui disparaissent cependant après

une ou deux années. On indique de faire deux ou trois soufrages par an, mais rien ne s'oppose, en cas d’invasion, à en augmenter le nombre. La première opération a lieu quand les rameaux ont 10 cm. de longueur ; la deuxième se fait pendant la floraison, la troisième avant la véraison : on répand le soufre sur toutes les parties vertes de la plante.

D'autres traitements ont été conseillés : au moyen de poudres cupriques renfermant du soufre, du sulfate de cuivre et du charbon en poudre : ce complexe aurait une action à la fois sur le Mildiou et sur l’'Oidium. Dans le Midi on mélange le soufre à du plâtre pour diffuser le plus possible l’antiseptique. Le soufre d'Apt (Vaucluse) est tout à fait indiqué pour ces traitements car il renferme 20 % de soufre et 80 %, de plâtre : on doit emplover deux fois la dose par rapport au soufre ordinaire. Quand on utilise le soufre pur on répand 15 kilogs à l’hectare la première fois, 50 kilogs la seconde fois et 70 kilogs ia troisième. Un temps sec et chaud favorise la formation des vapeurs d'acide sulfureux et un vent faible en assure la diffusion ménagée ; lorsque le soleil est trop chaud et la température trop élevée, 1l ne faut pas soufrer car on aurait à craindre des brûlures. Quand l'humidité est trop accusée, l’eau entraîne le soufre. On fait appel au soufre sublimé (fleur de soufre) ou au souîre trituré. Le soufre trituré semble plus régulier et plus favorable ; il doit pouvoir passer à travers le tamis n° 100.

Le traitement au carbure de calcium a joui pendant quelque temps d’une certaine vogue : on pulvérise de l’eau sur les vignes, puis on saupoudre les parties humides au moyen du soufflet rempli de carbure de calcium. L'acétylène formée a un pouvoir toxique important sur le champignon. Actuellement on semble donner la préférence au soufre.

Pour empêcher la propagation de la maladie il faut drainer fortement les vignobles contaminés car le mycélium ne résiste

pas longtemps dans les sols secs : de plus on arrache les souches malades avec leurs racines. HARTIG recommande de laisser de tels sols en jachère pendant trois ans ; labourer souvent ces Jachères pour aérer le sol et faciliter la destruction du mvycélium.

Quelquefois on fait des apports de terre pour élever la surface ou pour modifier la nature du sol arable. La terre rapportée doit être différente de celle de la pièce de vigne traitée. La désinfection des sols contaminés se fait au moyen de sulfure de calcium à raison de 200 grammes par mètre carré. La soufreuse VERMOREL parait être l'instrument indispensable pour ies soufrages s'adressant à de grandes exploitations.

Pour terminer, citons la formule suivante de DUFOUR qui a donné de très bons résultats en Suisse :

Savon noir : 0 kg. 500.

Foie de soufre ou polysulfures : 0 kg. 500.

Eau : 100 litres.

Le bisulfite de potasse ou de chaux, le permanganate de potasse ont été aussi employés. |

La prophylaxie de l'affection commande de recourir à la taiile à l’espacement des ceps et à l'orientation nord-sud des lignes de souches.

Périsporiées

Ce groupe n'est pas aussi homogène que les Erysiphées. Généralement les formes diffèrent par l'absence du type Oidium et par la pigmentation bruñe des spores et des mycéliums.

En ce qui concerne la vigne nous y trouvons les champignons des Fumagines.

Les Fumagines

Ces affections, imparfaitement connues, paraissent dues à des champignons inférieurs ; la maladie se remarque par l’apparition sur la face supérieure des feuilles âgées, d’un mince tapis

noirâtre ; elle est peu fréquente ; les feuilles atteintes deviennent fragiles et noircissent. Les agents parasites vivent en saprophytes sur les matières sucrées. Fozx fail remarquer que souvent elles sont fournies par l'apport d'insectes piqueurs tels que les pucerons.

Le mycélium peut pénétrer dans les poils des végétaux et détruire leurs parois ; les champignons des fumagines possèdent des formes de multiplication et de reproduction variées, depuis la fragmentation du thalle, par conidies, pycnides, spermogonies, jusqu'à la reproduction sexuée par périthèces à asques contenant des ascospores. Certains auteurs (ARNAUD) rattachent ces organismes aux Sphériarées.

Pour combattre la maladie il faut diriger la lutte contre les pucerons. Si le milieu sucré est fourni par la miellée, on mettra en œuvre des applications de nitrate de soude, des irrigations faites le soir, un binage sérieux des champs de culture. Le revêtement se détache parfois en frottant les feuilies au moyen d'un linge humide.

Fuinago vagans (46) Fumagine de la vigne

Les feuilles portent un revêtement noirâtre, filamenieux et adhérent. Les périthèces se rapprochent de ceux de Capnodium salicinurm. 11s contiennent des asques à six ou huit ascospores de couleur brune, cloisonnées transversalement ou longitudinalement.

On a constaté cette maladie dans tous les centres vinicoles de l'Europe et de l’Arnérique, mais disons tout de suite qu'elle ne cause pas de graves dégâts. Elle attaque surtout les organes herbacés et les recouvre d'un enduit noir qui contrarie la fonction respiratoire et chlorophyllienne. Comme parasite on a indiqué le Fumago vagans ou le Fumago oleæ. Les cochenilles semblent jouer un rôle assez net ; c'est en effet sur leurs dé-

jections que se développe le champignon. L'affection est fréquente dans les serres et par les années chaudes et sèches : elle éclate toujours quelque temps avant la maturité : il est facile de la prévenir, mais impossible de la combattre.

Les traitements préventifs ont pour but de détruire à la fois les cochenilles et les spores du parasite. Au moment de la taille on décortique les souches et on brûle tous les résidus ; on badigeonne ensuite avec une solution de sulfate de fer acide. Quelques jours avant le débourrement on procède à un second badigeonnage. On arrose le sol avec ia solution lorsque l’on craint la présence de spores. Voici la formule de l’antiseptique employé communément :

Sulfate de fer : 50 kilogs.

Acide sulfurique : 1 litre.

Eau chaude : 100 litres.

Champignons imparfaits

(Fungi Imperïfecti)

Il ne s’agit pas à proprement parler d'un ordre nettement homogène ; les espèces qui y sont classées forment un groupe d'attente où l’on fait rentrer provisoirement tous les champignons dont le mode de reproduction est inconnu ou mai défini.

On les divise en :

Hyphomycètes : espèces à formes conidiennes produisant librement leur conidies.

Mélanconiées : Champignons formant un stroma aplati à l’intérieur de la plante, par la suite la déchirure de la cuticule ou de l'épiderme montre des stérigmates sériés tapissant la face externe du stroma. Ces stérigmates portent des conidies.

Sphaeropsidées : Espèces montrant les formes pycnides et spermogonies (conidies formées à l’intérieur d'un conceptacle).

Formes stériles : Champignons dont on ne connait pas les formes de multiplication.

Hyphormycètes

Cladosporium Roesleri

La maladie produite par ce champignon a été décrite en /{alie et en Autriche mais ne paraît pas avoir pénétré en France ; le parasite a besoin pour son développement d’une grande humidité ; il est localisé aux feuilles des rameaux inférieurs. Des taches irrégulières brunes se forment sur les feuilles qui ne tardent pas à tomber ; les zones veloutées brunes sont dues aux fructifications qui sortent par les stomates ; les taches âgées présentent un centre complètement desséché. Les filaments fructifères en passant au dehors s’étalent sur la surface des feuilles. Les spores sont simples ou munies de une 6u deux

cloisons. L'organisme ne produit pas de gros dégâts. Cladosporium vilicoium

L'humidité est aussi nécessaire ici pour permettre une bonne croissance de cet organisme qui a été signalé en 1848 dans le Bordelais par LÉVEILLÉ ; on l’a retrouvé peu après dans les Charentes, l'Hérault, en Savoie, Italie, Prusse, Autriche, Amérique. Des taches irrégulières dues aux fructifications se montrent sur les feuilles ; leur couleur est brunâtre ; le centre se dessèche sur les taches anciennes tout comme pour Cladosporium Roesleri. Le parasite détermine la chute des feuilles et envahit parfois les grains. L'altération des grains débute toujours par les spores voisines du pédicelle.

Le mycélium est brun, cloisonné, lisse et ramifié. [l émet par les stomales des filaments conidiophores droits, non ramifiés qui sortent en gerbe serrée. Les spores sont brunes, allongées,

cloisonnées et lisses ; elles germent facilement en présence d'eau. Les dommages causés par ces champignons ne sont qu'exceptionnels.

Cercospora viticola (CES.) Sacc.

Les Cercospora sont par excellence des parasites des ieuilles ; leurs conidies sont allongées, hyalines ou colorées, munies de plusieurs cloisons, amincies au sommet et en forme de massue à la base. Les conidiophores qui leur donnent naissance sont bruns et plus ou moins allongés ; généralement on leur accorde un certain lien de parenté avec les Sphaerella.

Le Cercospora viticola forme sur les feuilles des taches ochracées ; il donne des conidies peu allongées et assez minces. On

ne connait guère ce parasite en France et il paraît négligeable.

Fusariurm Zavaricurn

Les Fusariuwm donnent des conidies allongées en fuseau, souvent courbées ou plus où moins arquées, hyalines et pluriseptées.

Ce seraient, pour la plupart des formes conidiennes appartenant aux Hypocréacées.

Le Fusarium Zavaricum a été décrit par SACCARDO en /{alie. Il se comporte en parasite et vit à l’intérieur des tissus des jeunes rameaux, des pétioles, des pédoncules et des vrilles qu'il dessèche à la longue. Les dégâts sont toutefois assez minimes.

Mélanconmées Gloeosporium ampelophagum (DE BARY) SACC.

(Sphaceloma ampelinum DE BARY) (Marginiu ampelina ViALA et PACOTTET) Anthracnose de la vigne

Le champignon attaque les sarments, feuilles et fruits. Les grains de raisin portent des taches arrondies entourées d’une

marge noire. Souvent ces taches confluent pour donner une plaque chagrinée et chancreuse ; plus tard, à la surface apparaît une fine poussière.

Le mycelium du Gloeosporium ampelophagum est hyalin, grèle. Le stroma étalé habite les cavités cellulaires des grains et forme de courts stérigmates qui soulèvent la cuticule et produisent des conidies ovoïdes mesurant de 4 à 6 uw de diamètre ; elles contiennent deux goutelettes très réfringentes. La poussière formée par ces conidies prend une teinte grise ; dès que la cuticule se brise, les conidies sont mises en liberté. En germant elles donnent un à deux filaments à cloisons très rapprochées. Quelquefois on observe des pycnides arrondies renfermant des conidies du type Gloeosporium.

VIALA et PAGOTTET ont pu cultiver l'espèce sur divers milieux et sont arrivés à reproduire des conceptacles, chlamydospores et kystes noirs renfermant des spores internes ; on ne sait encore quel rôle attribuer à ces formations.

L’anthracnose apparaît vers les mois de mars-avril au moment où se forment les bourres. Le champignon hiverne à l’état de stroma dans les sarments contaminés ; au printemps il donne de nombreuses conidies qui évoluent progressivement. L'humidité constitue un facteur très favorable au développement ; la maladie affecte exclusivement les organes verts : elle se manifeste surtout dans les vignobles de plaine ou au voisinage des nappes d'eau. Les vignes à taille basse et à exploitation trop faible sont facilement atteintes.

La maladie a été observée dans les environs de Taloires, la vallée du Rhône au-dessus de Lyon et le littoral méditerranéen. ViaLA fait remarquer que l'affection est plus nocive en Amérique qu'en Europe ; on l’a décrite également en Australie.

Il se forme des taches au niveau des organes verts : celles-ci lèsent les tissus en les corrodant. Les nervures atteintes arrêtent

leur développement ; ce qui amène un gaufrement du parenchyme. Les jeunes feuilles se dessèchent et tombent les feuilles plus âgées sont détruites plus tard, après la formation des lésions profondes au niveau du pétiole. Souvent le parenchyme foliaire est criblé de trous.

Les rameaux portent des taches brunes qui noircissent en ‘ grandissant ; elles se creusent quand les conditions météorologiques sont suffisamment favorables. Les taches confluent pour donner un véritable chancre que limite un bourrelet noirâtre. Les rameaux se boursoufient, se rabougrissent, se tordent et tombent sous l'influence des coups de vent. Les ramifications naissent en grand nombre et donnent des formes stipulaires. Le cep prend un aspect buissonneux et l’ensemble du vignoble infecté donne l’aspect d’un champ détruit par le feu.

En ce qui concerne les fleurs, les pétales s’épaississent et deviennent coriaces : la coulure survient.

Les fruits se recouvrent de taches qui s'étendent en plaques, les raisins se déforment. À la véraison, les fruits éclatent.

On connaît trois formes : Anthracnose ponctuée, Anthracnose maculée, Anthracnose déformante.

L'Anthracnose ponctuée est considérée comme la moins dangereuse ; elle n’entraîne pas en général la mort des souches : 1} se forme avant tout des points noirs isolés qui peuvent devenir très nombreux et, dans les cas graves, se rejoindre.

L'Anthracnose maculée est plus sévère ; elle donne de graves lésions et s'attaque à tous les cépages.

L'Anthracnose déformante produit des gaufrures el boursouflures sur les feuilles.

Les cépages les moins résistants sont les suivants : Carignane, Clairette, Alicante-Bouschet, Terret, Œillade, Morrastel, Grenache, Cot, Rupestris, Riparia, Solonis, Jacques.

La maladie sévit surtout dans les milieux bas et humides à

sous-bois imperméables. Il convient donc, pour l'éviler, de drainer les vignobles avant tout ; les rosées et brouillards sont favorables à son extension.

Les traitements les plus efficaces sont préventifs ; il faut les pratiquer au moment où les spores sont prêtes à germer : si on laisse le mycélium se développer, sa destruction ne peut s'opérer qu'avec celle des tissus de l’hôte. L'application doit se faire quinze jours avant le débourrement de la vigne : on badigeonne les ceps, les coursons, les longs bois avec une solution concentrée de sulfate de fer de formule suivante (47) :

Sulfate de fer : 50 kilogs.

Acide sulfurique : 1 litre.

Eau bouillante : 100 litres.

Le badigeonnage se fait à l’aide de pinceaux confectionnés au moyen de tampons de chiffon fixés à l'extrémité d'un morceau de bois. La solution doit être appliquée chaude. On dispose de pulvérisateurs spéciaux à cet effet. Les vignes, après le traitement, noircissent ; le débourrement est retardé d’une quinzaine de jours. Au début, la vigne pousse chétivement, mais bientôt elle devient luxuriante. Un second traitement est souvent nécessaire ; 1l a lieu quinze jours après le premier.

Quant aux traitements curatifs, ils sont tous aléatoires : on se sert pour cela de soufre (48) ou d’un mélange de soufre et de chaux. Le soufrage à lieu tous les huit jours. Le mélange de chaux blutée et de soufre sublimé ou trituré semble beaucoup plus efficace ; on le pratique à l'apparition des premières lésions et on le renouvelle tous les dix jours.

On fait usage de 2/5 de chaux mélangée à 3/5 de soufre ; les soins préventifs sont nécessaires ; il n'en faut pas douter.

Pestallozzia uvicola SPEG.

Ce champignon, rare en France s'attaque aux feuilles de la vigne et aux rameaux ; il forme à leur surface des taches jau-

nes. Les spores naissent sur un stroma aplati et sont constituées par cinq cellules dont les deux extrêmes sont hyalines et les trois médianes colorées ; au sommet se trouvent trois cils. .…

On indique comime moyen de traitement la bouillie bordelaise.

Pestallozzia viticola

Il s'agit d'un parasite sans grande importance que CAVARA a observé en Jtalie. VIALA l’a retrouvé dans l'Hérault. Il vit sur les sarments, les feuilles et les fruits.

Sphaeropsidées Phyllosticta vitis

Les conceptacles sont arrondis, simples, les spores montrent un aspect hyalin, elles ne présentent pas de cloisons ; cet organisme ne cause pas de maladie grave mais forme des taches desséchées sur les feuilles.

Il à été isolé par SAccarno en talie et l’auteur a montré qu'il entraine la dessiccation des feuilles après les avoir tachelées à leur surface supérieure.

Phoma flaccida

Les Phoma parasitent volonbers les tiges. Celui-ci a été onservé par P. VIALA et RAvAz dans les Pyrénées Orientales ; 1l attaque les raisins mais constitue plutôt un saprophyte qu'un véritable parasite.

Phoma renijormis

Isolé par P. ViaLa et L. RAvaz dans l'Hérault ; c'est plutôt

aussi un saprophyte.

Phoma negriana Décrit par THUMER, il a été trouvé en talie et constitue un

saprophyte sans grand intléréké.

Coniothyrium diplodiella (SPeG) Sacc.

Rot-blanc ou Rot pâle de la Vigne Rot livide de la vigne WWite-l'ot

Les lésions des grains se montrent sous la forme de petites taches livides, un peu globuleuses et saillantes. La surface des grains contaminés se dessèche, prend un aspect chagriné et une couleur terreuse. L’affection est d’origine américaine. On la connaît en France depuis 1885 (VIALA et RAvaz) dans le département de l'Isère, à Saint-Romaïn.

Depuis, la maladie s’est étendue dans toute la région méditerranéenne et dans quelques localités de l'Ouest et du Centre.

L'affection se propage aux raisins, aux pédoncules, aux pédicelles en donnant des taches qui s’accroissent et recouvrent entièrement les fruits, les brunissent et les dessèchent. Sur ces taches on peut retrouver les fructifications du champignon.

L'altération se manifeste tout d'abord sur le pédoncule et les pédicelles de la grappe avant d'atteindre les grains. Si la rafle est tendre, le pédoncule se coupe et la grappe tombe (c’est le cas pour l’Aramon). Si les grappes ne tombent pas, la partie qui est située au-delà des lésions se dessèche entièrement ainsi que les graines. La perte de récolte peut varier du 1/6 à 1/2 ; le Grenache paraît être l’un des ceps les plus atteints ; les tissus altérés noircissent et deviennent grisätres dès que paraissent les fructifications.

Le mycélium est composé de filaments incolores cloisonnés et ramifiés à angle aigu. Ceux-ci forment sur les parties malades des stromas blanchâtres qui soulèvent la cuticule et la brisent ; les pyenides se montrent sous la masse mycélienne elles sont globuleuses ou légèrement aplaties. Leur membrane est mince et elles présentent un pore terminal. Les stylospores

dé

germent en donnant un filament. Certains auteurs ont observé des spermogonies à spores petites, ovoïdes et hyalines.

Aucun traitement préventif n'a été préconisé jusqu’ ici : on peut essayer le traitement cuprique.

Diplodia viticola

Ge champignon vit en saprophyte sur les sarments secs et son étude ne présente aucun intérêt ; il a été observé en Angleterre, Amérique, Allemagne, Belgique, Italie.

| Septoria ampelina BERK. et CURT.

Mélanose de la Vigne

Les feuilles montrent les lésions les plus accusées qui se manifestent sous la forme de taches brunâtres à angles saillants, très foncées, localisées au voisinage des nervures. C’est encore une maladie d'origine américaine ; elle affecte surtout en Europe les ceps importés d’Arnérique. Les dégâts ne sont pas très sensibles et aucun traitement n'a été indiqué contre cette affection bénigne:

Les taches fructifères sont apparentes sur les deux faces de la feuille et renferment des pycnides qui, par déhiscence, laissent passer au dehors des faisceaux de spores filiformes cloisonnées. Autour des grandes taches se forment des cercles de petites ponctuations. Si les conditions sont défavorables pour le parasite, les ponctuations n’évoluent pas. Souvent les feuiiles atteintes jaunissent et se dessèchent. Elles tombent quelquefois, compromettant l’aoutement, mais comme peu de feuilles relativement sont touchées, les dégâts se limitent à peu de chose.

Espèces non classée Tubercularia acinorum

Parasite des grains de raisin signalé par CAvaRaA en italie Tubercularia sarmentorum

Saprophyte des sarments aoutés.

Septocylindrium dessiliens

Cette espèce s'attaque aux feuiiles ; elle se développe quand les conditions d'humidité et de température sont réalisées. L'organisme forme à la surface des feuilles des taches irrégulières où peuvent se voir les appareils de fructification ; ces taches vieillissent, leur partie centrale se dessèche ; les feuilles tombeni.

On a observé le champignon auprès du lac de Genève en 1834 ; il a causé de grands dégâts en entraînant la chute prématurée des feuilles, empêchant ainsi la maturation des raisins. Depuis on n’en a plus parlé. Le mycélium émet des filaments qui sortent en tous les points du parenchyme ; les spores sont 1-3 septées.

Seplosporium Fuckelii

L'humidité est nécessaire à ce champignon ; aussi affectionne-t-il les terres basses et les rameaux inférieurs ; des taches se forment sur les feuilles et après un certain temps ces organes tombent. Le champignon a été observé dans le Nassau, puis en France.

Le mycélium est incolore, peu cloisonné, à filaments fructifères brunâtres sortant en gerbes épaisses par les stomates : les spores sont cloisonnées.

Les dégâts ne sont pas importants et on les prévient facilement en badigeonnant les souches au moyen d’une solution de sulfate de fer à 40 %.

Spicularia ictérus

Décrit par FuckErL. Ce champignon est considéré comme un parasite peu important qui attaque les feuilles.

Groeneria fulginea Speck, Bitter-Rot Rot amer

La maladie ne semble pas encore avoir été signalée en France mais elle est très connue en Amérique. L'affection se développe entre la véraison et la maturité. Les fruits et les rameaux sont seuls attaqués ; ils se couvrent de taches noires portant des fructifications. Les grains se dessèchent.

A l'examen microscopique on peut observer un mycelium cloisonné, ramifié, blanchâtre.

Des conceptacles constituent les organes de la reproductien : ils sont entourés de cellules brunes de forme ovalaire.

On utilise les sels de cuivre qui paraissent donner de bons résultats comme contre le mildiou et le Black-Rot.

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