‹ Contribution à l'étude des Maladies Cryptogamiques et Bactériennes de la VigneChapitre 8 sur 20 · BOUILLIE BORDELAISE · texte numérisé non relu

BOUILLIE BORDELAISE

La bouillie bordelaise est préparée en dissolvant une quantité de sulfate de cuivre dans 10 litres d’eau chaude et en versant dans la solution obtenue un lait de chaux provenant du délitage d'une certaine quantité de chaux grasse dans 5 litres d'eau. On complète avec 85 litres d’eau pour arriver au volume final de 100 litres.

Au cours de la manipulation précédente il se forme un précipité bleu clair qui reste en suspension quelque temps : c’est l'hydrate d'oxyde de cuivre enveloppé de sulfate de chaux ét de chaux libre qui ne tarde pas à passer à l’état de carbonate. L'hydrate d'oxyde de cuivre se dissout difficilement dans l’eau mais la solubilité augmente si l’eau est chargée d'acide carbonique où de gaz ammoniacaux. Le corps adhère bien aux feuilles et se dissout dans la petite quantité d’eau formée : sa toxicité empêche la germination des spores du parasite.

Il convient d'insister sur le mode de préparation de la bouillie bordelaise, car si l’on verse la solution de sulfate de cuivre dans le lait de chaux, on obtient un hydrate d'oxyde de cuivre

noir et insoluble, corps ne pouvant pas être utilisé dans la lutte contre le Plasmopara.

Le délitage de la chaux vive se fait sur une surface en pierre avec de l’eau : la dose de chaux ne doit pas être calculée sur le poids de chaux vive mais bien en prenant pour base la chaux délitée : on emploiera deux fois plus de chaux délitée que de Chaux vive. On la passe au tamis avant de la peser et on peut alors préparer le lait de chaux. Les expérimentateurs ont prouvé que les chaux les plus grasses sont les meilleures : au contraire les chaux sulfatées et hydrauliques ne conviennent pas. La quantité de chaux employée doit être suffisante pour réduire la totalité du sulfate de cuivre car si celui-ci n’était pas enticrement décomposé, il serait nuisible pour les feuilles (brûlures). Il est donc de première importance de vérifier la réduction totale du sulfate de cuivre ; on emploiera la bouillie neutre.

Lorsque la bouillie est soumise au repos, la masse en suspension se précipite au fond du récipient et le liquide surnageant est incolore si la totalité de sulfate se trouve réduite.

On devra aussi vérifier la pureté du sulfate de cuivre ; 81 à une solution de sulfate de cuivre on ajoute de l’ammoniaque, on doit obtenir un liquide bleu d’une limpidité parfaite. Si le sulfate est impur et s'il contient du sulfate de fer le liquide est bleu sale, s'éclaircissant à la surface et formant un dépôt vert noir à la partie inférieure.

S'il se forme en vingt-quatre heures un précipité couleur de rouille dans la bouillie, la présence de sulfate de fer est à peu près certaine.

On peut verser dans la solution cuprique une infusion de thé; si le mélange devient brun vert, le sel est pur ; s’il vire au noir avec formation d’un précipité cotonneux, il est impur.

Il faut éviter l'emploi des bouillies alcalines, contenant un

excès de chaux, de même que l'utilisation de bouillies acides

les premières adhèrent mal et encrassent les pulvérisateurs ; les secondes provoquent des brûlures sur les organes verts.

Nous donnons ci-dessous un certain nombre de formules utilisées par les viticulteurs de France :

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