‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 39 sur 47 · C) ORGANE DE L'ODORAT · texte numérisé non relu

C) ORGANE DE L'ODORAT

Nous avons trouvé une observation de simulation se rapportant à éet organe; elle ne manque pas d'originalité. Klle est dûe au DrSouques. Vu son intérêt, nous la rapportons en entier.

OBSERVATION XXXII Pillette de dix ans et demi mouchant soi-disant des vers

(Souques. — Bull. et mém. de la soe. méd. des hôp. de Paris, 16 nov. 1906 p. 1130.

Juliette Tess..., que je vous présente est âgée de dix ans et demi. Elle fut amenée le 3 novembre à l’hospice d’Ivry par sa mère tourmentée de voir sa fille expulser des vers par le nez en se mouchant. Le fait était authentique, la grand’mère, la mère ‘l'avaient constaté de leurs propres yeux. Un de nos confrères, chez qui l’enfant fut d’abord conduite nr’écrit à cet égard : « Je lui ai vu moucher cinq ou six vers en ma présence. Vous dire pourquoi elle mouche des vers est assez difficile. Je crois cependant qu’une mouche aura déposé-ses œufs, soit dans les cornets du nez, soit ailleurs. »

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| En interrogéant lenfant qui répond avec calme et d'un air naturel, j'appris qu’elle moucnait des vers vivants depuis quinze jours, une trentaine: environ par jour. J'ai su depuis qu’il lui arrivait de dire à sa grand’mère: j'en sens trois, cinq etc., et on admirait qu’elle ne se trompât jamais. Elle éprouvait quelques légers maux de tête, disait-elle,des démangeaisons vers la racine da nez où elle sentait que « Ça trottait ». On me montra dans un flacon des larves d'insectes longues de dix à quinze millimètres que je vais faire passer sous vos yeux. Séance tenante, je dis à la fillette de se moucher dans une compresse. Elle se moucha à diverses reprises et aucun ver ne parut. Mon interne, M. Aynaud, lui fit un lavage de nez,etil ne vint rien: au lavage nasal succédèrent quelques courtes inhalations de formol et après une heure et demie d'exercices infructueux, convaincu que je me trouvais en face d’une simulatrice, je renvoyai l’enfant en priant sa mère de me la ramener le 5 novembre.

Entre temps, je demandai à mon savant ami, M. Bouvier, professeur d’entomologie au Muséum, de vouloir bien déterminer les vers en question. Voici son intéressante réponse : « Ces larves sont de deux sortes : les unes, de beaucoup les plus nombreuses, sont celles d’un Microlepidoptère du groupe des tortricèdes ou tordeuses, le Carpocapse des pommes (Carpocapsa pomonella) ; les autres. représentées dans le flacon par deux exemplaires seulement, appartiennent à la famille des Coléoptèses curculionides ou charançons et au genre Balaninus, et vivent à l’état larvaire dans les noisettes, les chàtaignes, les glands, etc. Les larves de Carpocapsa pomonella vivent dans les pommes, les poires qui sont dites véreuses et mûrissent avant terme pour tomber précocement. L'œuf du papillon est pondu sur le fruit à peine noué; la jeune larve pénètre jusqu'au centre et plus tard creuse une galerie qui s'ouvre à la surface et par laquelle sont rejetés les excrements. Le fruit tombe et les chenilles sortent bientôt, cherchant un abri pour passer l'hiver et filer leur cocon. Elles se chrysalident et éclosent au printemps.

Il est difficile de donner un nom d'espèce aux larves de Ba-

laninus. Mais peu importe, c’est dans les noisettes, les glands ou les châtaignes que ces larves furent capturées. Au prin-

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