‹ Contribution à l'étude des maladies simulées chez les enfantsChapitre 40 sur 47 · EME · texte numérisé non relu

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temps, la femelle des Balaninus dépose son œuf à l'extérieur des jeunes fruits ; la jeune larve dévore ensuite partiellement les tissus de ce dernier. Puis le fruit tombe, le ver sort par un orifice pratiqué à cet éffet et enfin s'enfonce dans la terre et se chrysalide au printemps. »

L'enfant me fut ramenée le 5 novembre et voulut bien rester quelques jours en observation à l'hôpital. Le 3 novembre elle avait encore dans l’après-midi, mouché un ver, coupé en deux tronçons frétillants. Pendant les huit jours qu’elle a passé dans le service, aucune larve n’est sortie de ses narines. M. le Dr Malherbe qui examina son nez ne vit rien d’anormal dans les fosses nasales et trouva la muqueuse pituitaire absolument saine.

Il me reste à ajouter que lorsque je mis la mère au courant de mes soupçons, elle me donna sur l'imagination de sa fille des détails très suggestifs. Elle l’a laissée à Marly-le-Roi chez sa grand'mère depuis un an, dit-elle, heureuse d’en être débarrassée. Sa fille a une propension exagérée au mensonge et à l'invention. Elle ment à tout propos ; elle accuse à tort ses frères de l’avoir maltraitée ; un jour, elle avance — c'était faux — qu'un individu suspect l'avait appelée et poursuivie. Une autre fois elle arrive en disant qu’un voisin avait été attiré dans un guet-apens à neuf heures du soir par des hommes masqués qui lui ont coupé le cou. La vérité était moins dramatique : ce voisin s'était simplement pendu. Elle est tellement menteuse, ajoute la mère, que je ne la crois jamais.

Il restait à obtenir l’aveu de l’enfant.Je lui dis brusquement avant-hier : où prenais-tu les vers que tu te mettais dans le nez ? Elle répondit qu’elle ne mettait rien dans son nez et que les vers en sortaient sans qu'elle sût comment ni pourquoi.

Elle nia effrontément. Il fallut user tour à tour de menaces, de promesses et de flatteries pour, passez-moi l’expression, lui « tirer les vers, c'est-à-dire le vrai du nez ». Elle finit par avouer qu’elle les prenait dans les fruits véreux et les mettait. elle-même dans ses narines. Elle agissait aïnsi, dit-elle, sans aucune répugnance dans le seul but de se rendre intéressante. Elle n’avait pas besoin du reste d’aller les chercher loin. Sa grand'mère ayant fait avec elle, dans lé bois de Marly, une récolte de fruits (châtaignes etc.) elle n'avait qu’à choisir à

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domicile. Du jour où soupçonnée, elle entra à l'hôpital, la comédie fut terminée.

Juliette Tes... est une enfant intelligente. Elle va avec plaisir. en classe où elle brille. Mais elle est rasée, vaniteuse, fertile en inventions de toute espèce. Je n’ai constaté chez elle aucun phénomène présent ou passé d’hystérie. Cest une dégénérée mythomane,dans les antécédents paternels de laquelle on retrouve nettement la tare névropathique. Son cas démontrerait entre autres choses, s’il en était besoin, le peu de valeur qu'il faut attacher au témoignage des enfants.

$ 6. — Peau

La littérature possède un assez grand nombre d'exemples de simulations de maladies de peau.

M. Leroy de Méricourt, a fait une communication à l'Académie de médecine, le 25 mars 1884, d'un fait de chromhidrose simulée ; l’observation se trouve dans la semaine médicale, année 1884, p. 123.

Il s’agit d’un jeune collégien de 12 ans, qui présentait à la région antérieur et latérale du cou du côté droit, une transsudation de matières colorantes roses. Après râclage del a région colorée et examen chimique et microscopique de la substance ainsi râclée, ou äécouvrit que cette transsudation était dûe bel et bien, à une couleur d’aniline.

Voici une autre observation de chromhidrose simulée, dûe au Dr Spring, de Liège.

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