DIAGNOSTIC
La lécture des observations qui précèdent, permet de se convaincre qu'il n'est pas toujours aisé de reconnaitre la simulation. Mais il faut bien le dire, souvent le médecin méconnait la supercherie parce qu'il ne pense pas à sa possibilité. À la vue! d'un visage d’ enfant qui respire l’'innocencé et IF franchise, l'idée né lui vient pas qu'il puisse se trouver en face d'un simulateur. Les médecins des lycées, des pensions, des prisons, qui ont sans cesse l'esprit en éveil, sontrarement d upes. +:
Il est des cas, cependant, où l'habileté des simulateurs est telle, où. il sé montre Comédien si consommé que, mème. prévenu, on peut s'en laisser imposer et ce n’est que le deuxième ou le troisième médecin qui dévoile la feinte.
Il ny a.naturellement aucune règle précise pour arriver au diagnostic de maladie simulée. C est par un examen risoureux du petit malade el des différents Symplômes qu'il présente, par une bonne
séméiologie, somme toute, que l’on peut découvrir le pot aux roses. Dans les cas douteux, il faut tenir le plus grand compte des antécédents ; une hérédité nerveuse chargée, où des manifestations névropathiques accusées seront un bon appoint en faveur de la simulation. Parfois on est obligé d’avoir recours aux sciences extra-médicales pour confirmer le diagnostic. Nous en avons vu un exemple à propros de cette fillette qui prétendait moucher des vers.
Mais une fois le diagnostic de simulation posé, il sera utile de rechercher si l’on a affaire à une maladie simulée au sens propre du mot ou à une maladie simulée par imitation inconsciente, une maladie par induction. C’est souvent des plus difficiles. M. Brissaud a écrit : « La différence entre la supercherie consciente et la supercherie inconsciente paraît impossible à établir. Quand les malades commencent à mentir, on ne peut prévoir les limites du mensonge morbide. » M. Babinski dit de même : « Pour moi, il n’existe aucun critérium permettant de distinguer les phénomènes suggérés des phénomènes simulés, Ce ne sont que des considérations d'ordre moral qui peuvent porter le médecin à écarter l'hypothèse de simulation. »
Au reste, rien n'empêche que dans un même cas, la simulation consciente ne coudoie la simulation inconsciente, qu’elles ne s’intriquent l’une dans
J'autre. Il devient alors littéralement impossible de faire la part de chacune.