C. Manque de la partie antérieure de la cloison antérieure
4° Manque dans d'autres endroits non habituels.
La communication interventriculaire simple, ne s'accompagnant d'aucune autre malformation, d’ailleurs si bien individualisée chiniquement, comme nous le verrons plus loin, constitue bien à elle seule un type analomo-pathologique à part.
Roger? , le premier en 1879, donna une description clinique magistrale de cette forme d'affection congénitale du cœur, à laquelle on a très Justement donné son nom. Ce n'est que douze ans plus tard, en 1991, que Dupré À rapporta la première observation de maladie de Roger, diagnostiquée pendant la vie et vérifiée
! Traduction littérale du mot allemand Defecte. * Roger, Bull. de l'Acad. de méd.. 1879.
* Dupré, Bull. de la Soc. anal., 1891.
à l’autopsie. Depuis cette époque, les cas, quoique d’une certaine rareté, se sont multipliés. En 1892, Reiss !, dans sa thèse, réunit 14 cas et donne une étude d’ensemble de la maladie. Enfin, de nombreuses communicalions aux Sociétés savantes, quelques travaux originaux de Vinay?, de Le Houx ?, etc., sont venus préciser certains points de la question.
Au point de vue anatomo-pathologique, la maladie de Roger consiste essentiellement en une perforation du septum interventriculaire sans autre malformation cardiaque. On a bien signalé, dans quelques observaüons, un léger déplacement de l'aorte vers la droite, une disposition un peu anormale des valvules:; mais ces anomalies sont négligeables en comparaison de la perforation interventriculaire qui, à proprement parler, constitue toute la lésion. Le trou de Botal est oblitéré, ainsi que le canal artériel.
Quel est le siège exact de la perforation? D'après Reiss, elle porte toujours sur l’espace membraneux. Elle peut intéresser ce septum en entier ou se limiter à l'espace sous-aortique, ou à l’espace mitral. Ress cite des exemples de ces trois cas. Mais la perforation de l’espace sous-aortique seul est de beaucoup la forme la plus fréquente. « L’étendue de lorifice varie du diamètre d’une plume d’oie à celui d’une pièce de
2 francs. Les bords en sont constitués par un épaississe-
‘ Reiss, Contribulion à l'étude des malformalions congéntlales du cœur, maladie de Roger (th. Paris, 1892).
? Vinay, De l'inocclusion congénilale du septum ventriculaire sans cyanose (Lyon médical, 1900).
5 Le Houx, Ælude sur la maladie de Roger (th. Paris, 1902).
ment de l'endocarde, pouvant former quelquefois valvule. Cette ouverture peut présenter l'aspect d'une ouverture à l'emporte-pièce. L'orifice est parfois disposé de telle façon qu'il indique le sens de la circulation intra-ventriculaire. Du côté du ventricule gauche, l’orifice est allongé et sinueux: du côté du ventricule droil, il est arrondi et proéminent. » (Reïss ‘.)
Reiss ajoute : « Selon Alvarenga, il pourrait exister des ouvertures centrales de la eloison: mais 1l nous semble difficile d'admettre le caractère congénital de ces lésions : nous ne les avons jamais rencontrées dans la maladie de Roger pure. » Or, en contradiction avec ces idées et ces faits, dans nos deux observations personnelles de maladie de Roger?, la perforation siégeait en dehors de l’espace membraneux. Dans un cas, la communication interventriculaire siégeait à l'union du üers supérieur et du tiers moyen de la cloison, vers sa partie postérieure : dans l’autre, 1l s'agissait d'une perforation de la partie postérieure du septum, avec intégrité de l'espace membraneux. Enfin, dans une observation de maladie de Roger, rapportée par Eisenmenger”, on lrouve notée une perforation de la partie postérieure du septum antérieur (il n’est pas question, dans cette observation, de l'état de l'espace membraneux).
En somme, nous pouvons conclure de ces faits que, dans la maladie de Roger, la perforation interventriculaire porte, le plus souvent, sur l'espace membraneux, mais peul siéger en un point quelconque de la cloison.
1 Loc. cit.
? Voir au chap. observations les obs, I et IL.
* Eisenmenger, Zeitschrift f. klin. med., 1897.