‹ Contribution à l'Étude des Mammites TyphoïdiquesChapitre 18 sur 26 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

(Roger et Sappey. — Soc. se. méd. Montpellier, 14 janvier 1910.)

Femme, âgée de 21 ans, entre à l’hôpital Suburbain, salle Espéronier, n° 2, le 25 octobre 1909, au début d’une infection fébrile caractérisée par de la courbature, de la céphalée, de l’inappétence, de la diarrhée. La température oscille entre 39° et 40°; le pouls entre 100 et 110. Des épistaxis surviennent, des taches rosées apparaissent. Le séro-diagnostie de Widal est positif.

La maladie évolue sans gravité aucune, malgré un certain degré d’asthénie cardiaque. Toutefois la défervescence est trainante, entrecoupée d'oscillations thermiques de près de deux degrés, et alors que l’apyrexie paraissait s'installer, la température s'élève, le 24 novembre, jusqu'à 39.

C’est alors seulement, qu'explorant complètement la malade pour trouver une cause à cette poussée thermique, que ni l’état intestinal, ni l’état général ne pouvaient expliquer, on découvre une tuméfaction du sein gauche, avec une zone de rougeur intense au niveau du quadrant inféro-interne, et une rougeur plus atténuée . de la portion avoisinante. Ce quadrant inféro-interne est occupé par un empâtement dur, volumineux, de la dimension d'une petite orange, où n'apparaît aueun point fluctuant, et qui est très douloureux. Dans l’aisselle gauche, il y a quelques petits ganglions douloureux.

La malade, qui, de peur de quelque intervention, avait

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caché jusqu'ici cette complication, avoue à ce moment, qu’elle a commencé, il y a une douzaine de jours, de souffrir légèrement du sein gauche, puis, bientôt après, du sein droit. Elle n'avait, au début, de douleur qu’à la pression ; puis la douleur est devenue spontanée, plus vive au niveau du sein droit, où la malade a perçu nettement un peu d’induration : il ne paraît pas y avoir eu de rougeur à cette époque. Depuis deux ou trois jours la douleur s’est atténuée au niveau du sein droit pour se porter plus intense sur le sein gauche.

L'examen du sein droit permet de vérifier les dires de la malade ; il n’y a ni rougeur ni‘gonflement appréciable à la vue, mais la palpation du quadrant inféro-interne permet de constater un nodule de la dimension d’une noix et qui n’est pas actuellement douloureux. IE s’agit d’une mammite en voie de résolution.

Des pansements humides appliqués sur le sein gauche en diminuent la douleur, la rougeur et le gonflement: peu à peu la fièvre tombe, l’empâtement rétrocède, sans passer à la suppuration. Au début de décembre, le sein présente encore un nodule induré assez gros (petit œuf), mais qui n’est plus douloureux.

Quand la malade sort de l'hôpital, vers le 20 décembre, elle ne présente plus qu’une induration indolore, de la dimension d'une bille, au niveau du sein gauche.

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