ALTERATIONS CUTANEES DANS LES AFFECTIONS ORGANIQUES DU SYSTEME NERVEUX
Les bases les plus sûres d’une étude des rapports du systèmes nerveux avec la peau devraient être constitués par une étude des altérations cutanées au cours des maladies nerveuses dûment cataloguées comme organiques. Cependant, dans ce domaine, on rencontre de grandes difficultés d'appréciation.
On sait qu’un certain nombre de troubles trophiques ont été décrits au cours des maladies atteignant les centres encéphaliques. Or, il convient de noter que ces troubles n'existent que lorsque un ou plusieurs segments de membres se trouvent immobilisés par un processus paralytique. MAYR a particulièrement étudié ces cas et en a fait une étude critique d’après les données expérimentales de HEAD et SHERREN, et d’après les données cliniques de DUMPERT. Or, ses conclusions sont formelles. Rien ne permet actuellement d'admettre l'existence de nerfs trophiques centraux. Tous les troubles dits trophiques qui ont été décrits dans l’hémiplégie et dans la maladie de
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PARKINSON sont les conséquences de l’immobilisation et n'ont aucun rapport avec la lésion nerveuse. On a décrit ainsi diverses modifications de la peau au cours de l’hémiplégie sous le nom de « glossy skin », de main succulente, ete. On a dit aussi que le segment de membre paralysé était atteint d’hypertrichose et présentait des ongles secs et cassants. MAYR a montré qu’une main immobilisée, même sans lésion nerveuse, présentait exactement les mêmes phénomènes. Ils ont pu être constatés par chacun de nous sur des segments de membres fracturés et immobilisés.
Le faciès luisant, cireux, des parkinsoniens semble également être un phénomène dû à l’immobilité bien connue de la face chez ses malades.
Il est évident que ces cas négatifs ne prouvent pas d’une façon absolue que des lésions de certains centres encéphaliques ne peuvent déterminer des manifestations cutanées. Ce rôle est vraisemblablement dévolu à des centres végétatifs encéphaliques étagés dans le plancher du quatrième ventricule et dans les parois du troisième ventricule. Rien ne s’oppose à ce que des atteintes de ces centres ne déterminent des troubles cutanés. On sait que, dans certains cas d’acrocyanose, on a constaté l’existence de lésions infundibulo-hypophysaires.
Le fait que ce sont des centres végétatifs encéphaliques qui doivent être lésés pour produire de véritables troubles trophiques cutanés, nous permettra de mieux comprendre le mécanisme de production des atteintes de la peau dans les lésions nerveuses périphériques. On sait, en effet, que dans les nerfs périphériques, et même au