PRONOSTIC
Quel sera le pronostic de ces diverses formes de néphrites, et que devons-nous attendre du traitement.
L’albuminurie syphilitique du début est généralement bénigne; sous l'influence du traitement spécifique, l'albumine et les phénomènes indiquant la présence d'une néphrite disparaissent en même temps que les autres manifestations syphilitiques ; c'est seulement dans des cas rares que l'albuminurie persiste après la disparition des symptômes syphiltiques. Albuminurie peu grave et qui se complique rarement des autres symptômes de néphrite.
Pour les néphrites apparaissant un peu plus tard dans le cours de la syphilis, vers la deuxième année de l'infection, nous nous contenterons de citer M. Barthé-
lemy (1): « Si les néphrites d'origine syphilitique pré- « sentent toujours une certaine gravité; si elles ont « même quelquefois la mort pour conséquence, elles « ne Sont pas fatalement mortelles, elles peuvent « guérir par le traitement spécifique. »
Les observations de néphrite syphilitique précoce, ayant entrainé la mort, publiées par MM. Mauriac, Labadie-Lagrave et Barthélemy ; celles plus récentes de MM. Hudelo et Darier, Dieulafoy, sont une confirmation du pronostic un peu sombre porté par M. Barthélemy. Mais, règle générale, les néphrites syphilitiques de la période secondaire se terminent par la guérison.
I n'en est plus de même des néphrites survenant à une période plus avancée de la syphilis; celles-ci doivent malheureusement être considérées, la plupart du temps, comme le point de départ des néphrites chroniques qui évoluent avec tous les symptômes du brightisme, pour se terminer tôt ou tard par l'urémie.
Nous ferons surtout des réserves pour le pronostic des néphrites apparaissant en même temps que des syphilides ulcéreuses graves par elles-mêmes, et pour celles qui sont consécutives à des lésions d’autres viscères : le foie et la rate par exemple.
Quant aux gommes du rein, nous avons vu qu'il était très difficile, sinon impossible de les reconnaître : et encore, ne peut-on faire que le diagnostic des
Gén) Barlhélemy. Annales de dermatologie, 1881, p. 272.
gommes en voie de ramollissement ; nous arriverons donc toujours trop tard pour appliquer le traitement, à moins qu'un hasard providentiel ne fasse coïncider les lésions rénales avec d'autres lésions d'un diagnostic facile pour lesquelles on institue le traitement.
Le pronostic dépend de l'étendue des lésions; si celles-ci atteignent un seul rein, la dépuration urinaire se fait à peu près convenablement, et tout peut rentrer dans l'ordre lorsque le tissu gommeux nécrosé a été rejeté par les urines: il ne faut toutefois pas trop espérer la guérison si les lésions rénales sont trop avancées, et coïncident avec la syphilis du foie et de la rate.
Nous venons de dire que le pronostic dépendait de l'étendue des iésions, il dépend encore, comme toutes les autres manifestations syphilitiques, de l’âge de la maladie, les néphrites syphilitiques sont d'autant plus graves que la syphilis est plus ancienne.
L'observation empruntée à M. Barthelémy, que nous publions plus loin, en est un exemple. Llles :sont encore d'autant plus graves que le traitement spécifique a ete appliqué plus tardivement, lors de l'apparition des symptômes de néphrite.
Toutefois, on peut dire d'une facon générale, qu'a égalité de gravité des symptômes, le pronostic de la néphrite d'origine syphilitique est moins grave que celui d’une néphrite ayant une autre cause, puisque nous avons des chances de faire disparaître cès symn-
és
tomes ou du moins d'en atténuer la gravité par le traitement spécifique.
Nous voyons par ces quelques réflexions que le pronostic est très embarrassant. Le processus de la maladie est bien difficile à prévoir. Les néphrites d’origine syphilitique pouvant être graves à toutes les
périodes de la syphilis, le médecin doit étre
très réservé. |
Une autre cause d'erreur dans le pronostic provient des encéphalopathies qui peuvent être dues soit à l'urémie, soit à la syphilis cérébrale, soit à ces deux causes à la fois.
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