ANATOMIE PATHOLOGIQUE
M. le professeur Fournier (1), au sujet de deux observations avec autopsie de syphilis rénale, rapportées par MM. Hudelo et Daärier, demande à M. Darier « s’il croit que l’on puisse distinguer anatomiquement une néphrite de nature syphilitique d'une autre « néphrite? »
M. Darier : « Il n’y a aucun caractère distinctif. « Dans les maladies infectieuses, on observe souvent « des néphrites diffuses qu'il est impossible de différencier les unes des autres. Dans la tuberculose notamment, on connaît aujourd'hui des néphrites
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(1) Société de dermatologie et de syphiligraphie, 20 juillet 1808.
« diffuses comparables à ces néphrites aiguës de la « Syphilis. »
Nous ne nous occuperons donc, dans ce chapitre que de signaler sans les décrire, les lésions rénales observées aux diverses époques de la syphilis.
Les lésions rénales de la néphrite syphilitique précoce peuvent être légères ou profondes. Dans le premier cas elles se manifestent seulement par de l'albumine en assez petite quantité, indiquant au moins une congestion glomérulaire, et par des cylindres provenant des épithéliums des canaux urinifères; mais les urines conservent leur toxicité normale; la fonction dépurative du rein est conservée, l'urémie n'est pas à craindre. Pete <
Dans le cas de lésions profondes, ayant entraîné la mort, on trouve à l’autopsie les lésions d’une néphrite diffuse à gros reins blancs, quelquefois rougeâtres ou marbrés de plaques ecchymotiques,
C’est l'élément sécréteur qui semble particulièrement atteint; l’épithélium glandulaire est frappé de dégénérescence granulo-graisseuse. À la coupe, sur la substance corticale, qui a quelquefois triplé d'épaisseur, on aperçoit des glomérules hypertrophiés formant des taches rouges sur un fond blanc ou jaunâtre. Il y a en même temps un œdème aigu de tout l'organe et une diapédèse des globules blancs qui infiltrent le tissu conjonctif, il y à une vioiente inflammation des capsules et des vaisseaux.
Les urines très diminuées sont très albumineuses et laissent déposer un sédiment où l'on trouve de nom-
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breux cylindres; cette néphrite, nous le verrons au chapitre du pronostic, est souvent guérissable, mais elle peut aussi aboutir au brightisme avec diminution du volume du rein. à
Ce sont ces mêmes lésions que nous retrouverons dans la néphrite syphilitique tardive à évolution aiguë ou subaiguë. C'est dans ce cas surtout, d'un diagnostic si difficile, que des lésions spécifiques seraient d'un grand secours au point de vue du diagnostic rétrospectif.
Ces néphrites, comme celles de la période secondaire, peuvent se terminer par le brightisme et l’atrophie rénale après avoir présenté le gros rein mou bigarré.
Dans les néphrites syphilitiques tardives à évolution lente, la lésion rénale aboutit directement au petit rein brightique, granuleux, atrophique, sans passer par la période du gros rein mou.
La dégénérescence amyloïde, fréquente dans les néphrites syphilitiques tardives, accompagne d'ordinaire les formes graves de la syphilis : telles les formes ulcéreuses étendues, les affections osseuses ou articulaires.
Elle non plus ne présente rien de spécifique, car cette lésion est identique à celle que l’on trouve dans les longues suppurations, dans la cachexie tuberculeuse.
Dans 128 cas de dégénérescence amyloïde du rein, M. Cornil (1) attribue 22 fois cette lésion à la syphilis.