‹ Contribution à l'étude des manifestations rénales de la syphilis acquiseChapitre 9 sur 17 · SERIES ES · texte numérisé non relu

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:(1) Cornil, Leçons sur la syphilis, 1879.

Cette dégénérescence amyloïde est en général loin d'être pure, elle se complique presque toujours de néphrite mixte et aboutit finalement à l'atrophie rénale. et a l'urémie.

Relativement à la fréquence de ces diverses lésions dans la syphilis rénale, nous citerons la statistique de Bamberger (1) qui, dans 49 cas de néphrite syphilitique tardive probable, a trouvé à l’autopsie :

4 cas de néphrite aiguë ;

29 cas de néphrite subaiguë à gros reins blancs, avec prédominance parenchymateuse ;

26 cas de néphrite chronique, avec prédominance des lésions interstitielles, aboutissant à l’atrophie de l'organe. Il ne parle pas de cas de dégénérescence amyloïde.

Les seules néphrites présentant des lésions spécifiques sont celles qui sont caractérisées par des gommes, des lésions scléreuses ou scléro-gommeuses.

Cependant M. Elsenberg (2) signale, dans les plus petits vaisseaux des reins, présentant les lésions du mal de Bright, des endartérites oblitérantes qui seraient spéciales à la syphilis.

Weigert (3) a trouvé, dans deux cas de syphuilis, une atrophie unilatérale avec endartérite des peüts vaisseaux.

(1) Bamberger. Wolkmanvw’s. sammi Klin. Woch. (2) Elsenberg. Archiv. für dermatologie und syphilis, t. XVIHIT. (3) Weigert, Wagner, Key. Cités par Elsenberg, t. XVIIT.

Wagner (1) a décrit 6 cas du même genre.

Key (2) a observé dans un cas une atrophie limitée aux parties inférieures des deux reins.

(1) Loco citato.

(2) Loco citato,

ent 7e mn) LS c'e

De

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SYMPTOMATOLOGIE

La symptomatologie des néphrites syphilitiques est aussi pauvre en caractères spécifiques que les lésions anatomo-pathologiques dont nous venons de nous occuper.

Les symptômes de néphrite syphilitique précoce bénigne se réduisent à peu de chose. Cette néphrite apparaît insidieusement sans grands accidents. On constate seulement une légère albuminurie, et l'examen du sédiment fait découvrir des cylindres ; le malade n'est atteint d'aucun des accidents du brightisme ; quelquefois, cependant, il présente le soir un peu d'œdème des malléoles, et le matin au réveil une légére bouffissure des paupières.

. Toute autre est l'allure de la néphrite syphilitique aiguë ou subaiguë. Les prodromes font presque

toujours défaut ; s'il y en a, ils consistent en accès de fièvre, malaise, courbature, troubles digestifs, douleurs lombaires.

Les urines sont souvent rosées ou brunes et contiennent des quantités d'albumine quelquefois considérables. Elles sont en général diminuées et laissent déposer un épais sédiment; le malade présente des œdèmes multiples ; il est pâle, anémié, sans force, il est atteint quelquefois de vomissements alimentaires ou bilieux, d'alternatives de diarrhée et de constipation, d'épistaxis, d'épanchement pleural. Du côté du système nerveux, on observe souvent de la céphalalgie, et, si cette situation ne s'améliore pas, on doit craindre l’urémie.

La mort peut survenir du fait de l'urémie, ou être occasionnée par des complications pulmonaires ou gastro-intestinales.

Si un traitement énergique a pu être appliqué, ce qui est souvent très ditficile à cause du mauvais état des reins, la néphrite peut guérir ou évoluer vers le brightisme, qui est la forme commune de la néphrite syphilitique tertiaire.

Dans cette forme tardive de la néphrite syphilitique, tous les symptômes s'atténuent, leur évolution se fait lentement. Elle se produit d'une façon moins insidieuse que celle de la période secondaire. Si on constate que le foie, la rate sont malades du fait de la syphilis, il y a lieu de s'inquiéter de la façon dont fonctionne le rein.

De même, les vastes ulcérations syphilitiques sont

une cause de dégénérescence amyloïde du rein. Mais ici les lésions évoluent lentement, le malade n’est pas atteint des grands accidents que nous avens vu éclater a la période secondaire. « C'est en pareille circons- « tance, écrit M. Dieulafoy, (1) qu'on observele syphilo- « brightisme, caractérisé par quelques-uns des petits « accidents du mal de Bright avec ou sans albumi- « nurie. » |

M. Dieulafoy (2), a en effet montré, par de nombreuses études cliniques et expérimentales, que dans certaines formes frustes du mal de Bright, il était possible de faire le diagnostic de néphrite avant l'apparition de l'albumine, grâce aux accidents de petite urémie qui constituent les petits symptômes de la maladie de Bright.

Ces néphrites syphilitiques tertiaires, sous l'influence d'une des causes ordinaires des néphrites, telles que le refroidissement, la scarlatine, etc., peuvent passer à l'état aigu et présenter rapidement tous les symptômes de la néphrite aiguë que nous avons étudiée à la période secondaire de Ja syphilis.

M. Mauriac signale un symptôme important, pouvant faire soupçonner l'existence d'une néphrite : c'est la brusque apparition d'une stomatite pendant le traitement mercuriel, alors que jusque-là celui-ci était bien supporté.

(1) Dieulafoy. Pathologie interne, p. 112.

(2) Dieulafoy. France médicale, 1877, n° 16. — Gazette hebd., 1876, n° 4, -= Gazette hebd., 1882, no 28, — Soc, méd. des hôpitaux, 1886.

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