DEUXIÈME MÉTHODE
Principe. — Si les deux rapports p exigés par la méthode précédente s’obtiennent chacun avec une très bonne approximation, l'erreur sur y a cependant pour limite inférieure :
é v2 m pÂV2—1)(2—V2) soit, dans les cas les plus favorables, 0,07 ge
De plus, le déplacement du liquide ne peut qu'être intermittent, chaque point de la courbe y(u) exigeant deux mesures, avec, pour chacune, le réglage des capacités de compensation, en évolution constante, soit près de une minute et demie, et près de deux heures pour un diagramme complet, pendant lesquelles le diagramme a le temps de s’estomper sous l'influence de la diffusion.
C’est ainsi que nous avons été amené à concevoir un nouveau système dans lequel les deux tensions V,, et Vs seraient directement opposées l’une à l’autre,
oy y
. 62% s pie léple7i6p|
ÉTUDE DES MESURES DE CONDUCTIVITÉ DANS L'ÉLECTROPHORÈSE DES PROTÉINES 11
ce qui allait permettre un déplacement continu du liquide, avec une seule mesure par point.
Le générateur basse-fréquence engendre dans la cellule, au moyen des électrodes E et E', un champ électrique dont les lignes de courant sont sensiblement parallèles dans la région des trois sondes. A étant reliée à la « masse » générale, B et C sont reliées par connections blindées aux grilles de deux triodes montés en cathodynes, et dont les plaques sont court-circuitées à la haute tension. La cathode de l’un est reliée par les deux grandes résistances en série R, et R, à un curseur se déplaçant sur la résistance de cathode de l’autre, constituée par un potentiomètre. Supposant les charges cathodiques des
Dispositif expérimental. — La réalisation d’un tel montage s’est révélée délicate. Bien que le cathodyne atténue la disporsion par contre-réaction, il subsiste dans Va et Ve un fort pourcentage d’harmonique II, très gênant pour les mesures, car ce terme ne s’annule pas en I. Il s'ensuit que le minimum n’est jamais nul,
‘ mais flou, et un peu fonction de l'amplitude de la ten-
sion Vrw. Quoi qu’il en soit, cette tension étant suffisamment stabilisée sur le générateur Bazin que nous avons utilisé, l’écueil principal est resté l’harmonique II. Un remède assez grossier nous à cependant donné de bons résultats ; il consiste en un écrêtage de la tension de déséquilibre, après amplification ; cette tension, amplifiée et inversée par le penthode 6J7, est écrêtée
Fig. 6.
deux tubes égales, tout comme leurs pentes dynamiques s, et les résistances R1 et R,, on peut écrire:
VE —= Rx SV; Ne = Rr,SVe.
Si y est le rapport lu sur le potentiomètre P. Vi = S(Vr, + YVr,)
La tension en I s’annule quand
Ve Dir vai Or, à étant l'intensité du courant dans la cellule, Va =" Rat, Ve = — Roi Ris
donc, y — R= Ë
d’une fraction réglable de ses composantes positives (correspondant aux composantes négatives en 1) par le diode 6H6, dont la cathode est portée à un potentiel continu ajustable par un potentiomètre commandant le seuil d’écrêtage. Après un deuxième étage équipé d'un 6J7, le signal de sortie est détecté par un œil cathodique 6AF7. Un dernier étage à 6C5 envoie la modulation dans un casque au moyen d’un transformateur. Tout l'ensemble est alimenté par batteries de chauffage et tension stabilisée Philips GM 4560.
Le générateur Bazin, du type à résistances-capacités autostabilisé, équipé à la sortie d’un push-pull de 6V6, fournit une onde parfaitement sinusoïdale sous basse impédance, aux fréquences, réglables par sélecteur, de 1, 2, 4, 8 et 16 kilocycles. Pour l'emploi particulier que nous en avons fait, nous avons dû shunter
12 JEAN VERGNOLLE
ses bornes de sortie par une résistance destinée à ramener l’'impédance à une valeur convenable.
Résultats et Conelusions. — Pratiquement, nous avons toujours utilisé une cellule dont les électrodes étaient disposées en vue de mesures selon la première méthode, aussi, les électrodes C et E étaient-elles communes ; dans ces conditions, les rapports y étaient
Hi a d Diagramme descendant € 1,53 s 1.59 1,51 Œ À U os ü Fig. 8.
voisins de 1,7 et l'expérience fournissait directement 1 /y, puisque l’on ne pouvait lire sur le potentiomètre de mesure que des rapports inférieurs à l'unité, soit de l’ordre de 0,6.
Les substances soumises à l’expérience ont été. des sérums assez divers, dont nous avons pu disposer parmi les sérums confiés au Centre d’'Électrophorèse.
Sur les quelques diagrammes de la page suivante, ont été portées en ordonnées les valeurs de y ; l'axe
des abscisses est choisi de façon à ce que les pentes des courbes soient positives ou négatives suivant que les, conductivités sont plus grandes ou plus petites que celle du tampon prise pour étalon. Les valeurs de y varient suivant les courbes, car les électrodes ont été reconstituées à maintes reprises. Nous avons simplement fait figurer les points expérimentaux, la précision des mesures ne permettant pas de tracer à
Diagramme montont A0 (Serum Lapin pur)
Fig. 9.
Diogrommes mon}ant ‘ (2 électrophoreses Be cons ecuhves >
Fig. 10
coup sûr des courbes dont les changements de pente auraient correspondu chacun à une variation effective de conductivité en B, au passage d’un ménisque. Le diagramme double de la figure IV, relatant les résultats de deux expériences consécutives, menées dans des conditions aussi voisines que possibles, donne une idée de la valeur que l’on peut réellement attribuer aux changements de pente ; il met par ailleurs en lumière une notable dérive du y,, que nous
ÉTUDE DES MESURES DE CONDUCTIVITÉ DANS L’ÉLECTROPHORÈSE DES PROTÉINES 13
avons imputée par la suite à un lent déséquilibrage des pentes des deux tubes en opposition, en cours de mesure, vraisemblablement à cause d’une baisse de la tension de chauffage ; il est apparu ainsi comme souhaitable d'effectuer de fréquents équilibrages du pont, en ajustant le potentiomètre P,, qui modifie autour de 1 le rapport R;/Re.
De petites capacités de compensation auraient permis d'améliorer le minimum du son à l'équilibre ; de toute façon, une élimination plus fine de l’harmonique II eut accru la précision, et, peut-être, permis à cette méthode de mesure d’être retenue.
Ainsi, considérant toutes les difficultés que nous avons rencontrées pour obtenir finalement des résultats inférieurs à ceux que nous nous étions proposé d'atteindre, nous avons jugé les méthodes potentiométriques avec électrodes-sondes comme inadaptées au but poursuivi, le repérage des ménisques n'étant pas assuré plus que par la méthode de LAGERCRANTZ, qui, elle, a l'avantage de fournir directement les conductivités ajustées. C’est pourquoi nous nous sommes tourné vers cette dernière méthode, pour tenter d’en discuter les points faibles et d'y apporter certaines améliorations.
MESURES D’ÉLECTROPHORÈSE PAR CONDUCTIMÉTRIE