AVANTAGES DES MÉTHODES MODIFIÉES
Nous ne nous attarderons pas à comparer ces mé-.
thodes à celles employées actuellement tant en France qu'à l'étranger. Ge n'est pas là l’objet de notre thèse. . Chaque technique a ses partisans, el chacun obtient des résultats avec sa technique particulière, résultats d’ailleurs que nous n'oserions meltre en doute. Nous voulons simplement faire ressortir ce qu'il y a de séduisant pour l'opérateur dans ce mode d'intervention, et, ensuite, essayer de montrer le résultat anatomique auquel concourt chacun des temps de l’acle opératoire.
Une des caractéristiques de cette intervention est sa simplicité : simplicité d'instrumentation, simplicité
d'exécution. Les risques courus en cours d’opération
sont minimes. La perte de sang que provoque la rugination des goultières vertébrales est toujours très peu importante, quoiqu ‘aient pu prétendre certains détracteurs de l’opération de Hibbs, à la condition expresse que les rugines soient tranchantes et qu’on suive de très près les surfaces osseuses. |,
Les suites opératoires sont aussi simples que celles d'une hernie banale Le shock qui n'a jamais existé
chez aucun des malades de nos observations doit être
bien rare ; tout'au plus pourrait-on le constater chez
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cerlains malades particulièrement fatigués qu'il vaudrait mieux ne pas opérer Une seule condition nous semble indispensable, comme d’ailleurs pour toute chirurgie osseuse : une asepsie absolue.
Ea parlant du greffon ostéo-périostique, Albee écrivait : « Pour moi, le greffon ostéo-périosté est incapable, non seulement de jouer le rôle d'agent de fixation mais
* aussi de constituer un facteur suîfisant d’ostéogénèse. »
I est évident que c’est là une erreur profonde. Il suffit de lire les travaux de Delagenière (85) sur les greffons ostéo-périostiques en général pour s'en convaincre. Le prélèvement est aussi simple et moins traumatisant que celui du greffon osseux. IL est plus facile à placer dans les gouttières que le greffon osseux et là nous insisterons sur la nécessité de prélever un greffon très mince ; Delagenière disait : « de l'épaisseur d’une pièce de cinquante centimes ». Ce peu d'épaisseur est le facteur de la souplesse du greffon qui par suite épou-, sera plus exactement le lit vertébral auquel il est destiné. Les partisans du greffon osseux répondront qu'il n'y a qu'à faire des incisures sur celui-ci, pour en rendre possible l’incurvation dans un sens ou dans un autre. Evidemment, céla paraît facile ; mais pourquoi ces incisures ne seraient-elles pas la cause des fractures de greffon plus ou moins tardives signalées par plusieurs opérateurs à la manière d’Albee ? En effet, le fait
de sectionner une tige rigide sur la moitié ou les trois \ . 0 » ” pe -quarts de son épaisseur et le fait d'en modifier la cour-
bure doivent singulièrementen faciliter la fracture, quand ils ne la produisent pas d’ailleurs.
NAT ie Un autre avantage du greffon ostéo-périostique est la rapidité avec laquelle il se soude aux parties avoisinantes. Delagenière dit qu’un greffon ostéo-périostique paraît solide au bout de quinze ou vingt jours. Naturellement, il n’y a pas à cette période un cal suffisant à immobiliser seul la colonne vertébrale, mais ce cal se formera régulièrement allant toujours en s’accroissant, tandis que l’évolution de la greffe osseuse semble se faire lentement en un an et demi, passant par deux stades successifs (229), un de résorption pendant lequel le greffon disparaît presque à la radiographie, l’autre de reconstruction, pendant lequel il se développe pour en
arriver à son stade définitif, son diamètre étant alors légèrement accru (Creyssel). Bérard a d’ailleurs constaté ce stade de résorption sur une pièce prélevée chez un sujet décédé de bacillose pulmonaire (149).
Le greffon ostéo-périostique nous semble donc plus capable que le greffon osseux de former rapidement un cal épaiset résistant. C'est d'ailleurs ce que Delagenière (241) s'est efforcé de mettre en lumière, quand il donnait récemment le résultat de trois maux de Pott traités par la greffe ostéo-périostique.
Le fait de placerce greffon au contact même des lames vertébrales, doit en augmenter la résistance dans d'’assez fortes proportions. Il se trouve en effet placé en un point très proche des corps vertébraux, presque sur le mâme plan que les apophyses articulaires, qui sont en quelque sorte le point d'appui du double levier : vertébral (Gallois et Japiot, 231). Or, l'effort d'élongation qu'aura à subir le cal, sera vraisemblablement
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beaucoup moins considérable que s’il était formé au niveau des apophyses épineuses.
D'ailleurs, ce greffon ostéo-périostique est renforcé
* par l’attelle formée par la soudure des apophyses épi- . neuses, qui arrivent à constituer une tige suffisam-
ment rigide, qui semble contribuer dans uné large mesure à la soudure des arcs postérieurs, Ce rôle des apophyses épineuses aurait pu, peut-être, être mis en
doute, mais il est facile de s'en rendre compte sur
la pièce que MM. Guillot et Dehelly (244) ont présentée dernièrement à la Société de Chirurgie, et que nous reproduisons ici. à Cette pièce est celle du malade del’observation XIV. Nous rappellerons brièvement quels furent les principaux temps de l'intervention. Section des apophyses épineuses des cinq lombaires, qui sont rabattues les ünés sur les autres sur la ligne médiane. Mis en place d’un greffon ostéo-périostique de 12 centimètres dans
la gouttière vertébrale gauche. La pièce a été prélevée
à l’autopsie, et préparée par M. Sorrel de Berck. Voici quelles en sont les caractéristiques.
On aperçoit la lésion formée aux dépens des corps
de L Il et surtout L III ; lésion caractérisée par des
cavernes, avec diminution du disque intervertébral
- LU, L IIT, en pleine évolution.
Le greffon part de LI et va jusqu’au niveau de la première apophyse du sacrum. Il mesure exactement 13 centimètres de long sur une largeur qui atteint en deux points un centimètre et demi. Le point le plus rétréci se trouvant entre L I et L III mesure
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six millimètres. Sur toute sa longueur ce greffon adhère aux lames vertébrales et $e confond par endroits avec le cal des apophyses épineuses. L'épaisseur de la greffe est difficile à apprécier exactement. Elle semble bien atteindre sept millimètres en certains points, au niveau de L II-L IV-L V,
Quant aux apophyses épineuses, sur la photographie reproduite ici,on aperçoit de haut enbas : d’abord la portion non fracturée de l’apophyse épineuse de LT; quelques centimètre au-dessous, l'apophyse fracturée de LI placée sur la ligne médiane au niveau dela lame LIT ; celle de LIT au niveau de la lame L ITL.et ainsi de suite. L'apophyse épineuse de L IV semble n'avoir pas été suffisamment longue pour rejoindre celle de LV, mais, par contre, elle adhère fortement au greffon. Celle de LV adhère en même temps au sacrum et au greffon Ilya donc, en résumé, deux cals bien distincts se fusionnant par endroits, cals très solides pouvant parfaitement immobiliser la lésion qu'ils devaient mener à cicatri-
sation. Il suffit de voire cette pièce pour être convainca
que l’attelle formée par la greffe ostéo périostique de Delagenière et les apophyses épineuses, remplit parfaitement, mieux que n'importe quel procédé orthopédique, l'immobilisation du segment rachidien frappé par la tuberculose, ï
Cette pièce est d'autant plus intéressante qu'on a. rarement l’occasion de se rendre compte de visu du résullat de cette intervention, ce résultat ne pouvant en général être apprécié que cliniquement et radiogra? phiquement. D'ailleurs, quelques pièces de ce genre ont.
Face 34 pasler.
gauche.
(laide jo Li La
Osteo synthèse par greffon oslao-pertoslique.
“Fiece du D *Tebe
Émile L..., 24 ans (Obs. XIV).
Mal de Pott L II-III Opération le 2 mars 1921. Pièce prélevée cinq mois après et présentée par MM. Guillot et Dehelly à la Société de Chirurgie, le 4er décembre 1926.