‹ Contribution à l'Étude des Méthodes Ankylosantes dans le Traitement de Différentes Affections de la Colonne Vertébrale, en Particulier dans le Mal de PottChapitre 56 sur 78 · Ménard, Le mal de Pott, Masson, édit., Paris · texte numérisé non relu

Ménard, Le mal de Pott, Masson, édit., Paris

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grands avantages de l'intervention précoce. La tuberculose vertébrale est, en effet, chez lui, essentiellement destructive. Mais, si on a la chance de pouvoir intervenir tout à fait à la période de début, il y aura de grosses chances pour que la lésion soit nettement arrêtée avant qu’elle n’ait eu le temps de détruire un ou plusieurs corps vertébraux. De la sorte, les cavernes avec toutes leurs conséquences graves seront évitées, et dans Ce cas évidemment le problème de cette forma-

} Le j i lion du cal ne se posera même pas.

. Une chose qui nous paraît intéressante à constater,

c'est que dans aucune de nos observations, le greffon

n’a gêné en quoi que ce soit la croissance du sujet. Evidemment, on pouvait se demander si le cal consti-

tué ne provoquerait pas des désordres dans le dévelop-

pement de l'enfant. Il semble que le greffon, avec le cal qu’il contribue à former soit suffisamment vivant pour suivre la croissance du petit malade.Kopp (246) et Giorcacopulo (232) ont déjà constaté ce développement simultané du transplant et de l'individu.

Il nous semble donc que loin d'être nuisible chez l'enfant, l'opération ankylosante faite dans de bonnes conditions apportera une guérison aussi parfaite et plus rapide que le traitement orthopédique. Il est évident que le résultat sera d'autant meilleur, comme chez l'adulte d'ailleurs, qu'elle aura été pratiquée plus près du début de la lésion.

Nous terminerons cette étude de l'opération ankylosante, en citant ce passage de Kopp (246), qui a

\ pratiqué 24 interventions de ce genre chez l'enfant :

LS

« Nous ne partageons pas la crainte qu'ont plusieurs «chirurgiens de pratiquer l'ostéosynthèse chez les « jeunes enfants. D'après eux, l’ostéosynthèse empê- « cherait la correction intra-focale de la gibbosité « existante. J'ai indiqué que cette corrections intra « focale ‘est à peu près impossible dans la région « dorsale et qu'elle n'a aucune importance dans les « régions cervicale et lombaire, Il n’est pas exact que « l’ostéosynthèse limite la croissance de l'iñdividu,

: © puisque nous avons pu constater dans plusieurs de

«nos casque les greffes avaient augmenté de longueur », et Kopp conclut en demandant que l'on applique l’ostéosynthèse aux enfants le plus tôt possible.

x Indications suivant les symplômes. — Nous passerons rapidement sur ce dernier point, en ce qui concerne les abcès et les gibbosités SA myrAa aucune cContre-indication, à moins que la gibbosité ne soit par trop accentuée. [l résulle de nos observations que les abcès peuvent être nettement influencés par

l'opération ankylosante ; quant aux gibbosités, sans

toutefois les voir régresser comme Albce, elles ne se sont jamais accrues d’une façon évidente après l’intervention. | me

Reste la question des paraplégies. R. de Mata (121) el Blanc y Fortacin (130) en font une contre-indication formelle. Putti (188) pense que la greffe est sans influence sur la paraplégie. Moreau a même rapporté dans les archives franco-belges de Chirurgie, l'observation d’une paraplégie immédiate après greffe d'Albee pour mal de Pot. Il n°y eut là d'ailleurs certainement qu'une fâcheuse |

coïncidence. D'un autre côté Halsted Myers (225) prétend que la greffe « râccourcit la période de paraplégie ». Robert Osgood (225) est de cet avis. Van Neck (238) a . publié une observation avec amélioration, et Lecène (246) a observé sous l'influence de l'opération ankylosante deux guérisons de paraplégies graves.

Cette influence de la greffe sur la paraplégie doit être,

à notre avis, assez variable; en tout cas, elle n’est jamais

néfaste. Elle doit dépendre en réalité de la variété de.

paraplégie dont il s’agit. Sorrel (251) distingue trois | variétés de paraplégies pottiques, dont le pronostic varie d'une manière assez importante. Dans une première catégorie, il range les paraplégies par œdème, assez rares d’ailleurs, caractérisées par leur début brusque à la fin de la première année, leur allure grave et leur régression rapide en quelques jours ou quelques semaines. Une seconde variété comprend les paraplégies par abcès intra rachidien, à début rapide et précoce, paraplégie totale durant huit, dix et quelquefois quinze mois, à régression lente, laissant parfois des séquelles. Une troisième classe comprend les paraplégies par pachyméningite externe, à début tardif, évolution lente et insidieuse et ne régressant pas.

De ces trois variétés, il est évident que les deux premières doivent être heureusement influencées par l'opération ankylosante qui doit faciliter la guérison des lésions, causes de ces paraplégies. Mais les paraplégies par pachyméningite ne semblent pas devoir être influencées par lu greffe. Le tout est affaire de diagnostic causal, diagnostic qui semble assez délicat. e

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