‹ Contribution À L'Étude Des Méthodes De Dosage Biologique De L'Hormone Thyéotrope (TSH): Travail Du Laboratoire D'Anatomie Générale et d'Histologie et Du Laboratoire De Médecine ExpérimentaleChapitre 6 sur 18 · PIQUE · texte numérisé non relu

PIQUE

cifique, même minime. On sait qu'elle libère alors une forte proportion d'ACTH. On pense que, temporairement, elle libère aussi une quantité supra-normale d’hormone thyréotrope.

Toutes ces considérations nous amènent à contester la valeur des divers tests proposés depuis ARON et nous engagent à nous tourner vers les méthodes utilisant des animaux hypophysectomisés. Il en existe trois. Nous les passerons en revue dans l'ordre chronologique.

La première en date est celle d'ASTWELL. Cet auteur publie, en 1934, un travail consacré au dosage de l'hormone thyréotrope à l’aide du Têtard hypophysectomisé. Il ne donne pas le détail de sa technique d'hypophysectomie. Il emploie des larves de Rana Sylvatica et de Rana Pipiens. L'injection de TSH est pratiquée dans le péritoine à raison de 0,05 cc. d'extrait pituitaire pendant six jours consécutifs. On observe alors les phénomènes de métamorphose dont on note les différents caractères. On procède, après sacrifice des animaux, à l'examen histologique de la glande thyroïde. Malheureusement ASTWELL n'a procédé à aucun essai clinique de dosage.

HERTZ et OASTLER consacrent, en 1936, une courte mais précise étude au dosage de l'hormone thyréotrope à l’aide du Rat hypophysectomisé. Ils donnent la technique d’hypophysectomie. L'injection du sang ou de l'urine, dont on cherche à préciser le potentiel thyréotrope, a lieu cinq jours après l’hypophysectomie. Pendant cinq jours, on injecte quotidiennement deux doses de 5 cc. d'urine ou de 1 à 2 cc. de sérum par la voie intramusculaire. Le dixième ou le onzième Jour, l'animal est sacrifié. Ni l'urine ni le sang ne font l’objet d'un traitement spécial. Ce travail n’a pas été poursuivi ni par HERTZ et OASTLER ni par quelque autre auteur. Dans un récent article (1947), Evans revient rapidement sur ce sujet. Il signale que le Rat possède une thyroïde totalement au repos vers le vingtième jour qui suit l'hypophysectomie. Il propose de définir la seule unité d'activité thyréotrope valable : « Une unité de TSH peut être définie comme étant la quantité qui suffit à convertir l'épithélium squameux (de la thyroïde du Rat hypophy-

tone

sectomisé) en une assise de cellules cuboïdales contenant des noyaux sphériques et non aplatis dans un cytoplasme acidophile et vacuolisé. »

GaLLI-MAININI emploie, en 1943, le Crapaud mâle Bufo Arenarum. Le poids de cet animal oscille autour de 150 grammes. La technique d’hypophysectomie n'est pas donnée. L'atrophie de l’épithélium thyroïdien apparaît aux environs du troisième Jour qui suit l’ablation de la pituitaire ; mais elle n'est vraiment manifeste que vers le quinzième Jour après l'intervention. Enfin, la sensibilité thyroïdienne semble plus grande si les animaux sont soumis au froid. Les injections de sang ou d'urine dont on veut tester l’activité thyréotrope se font dans le sac lymphatique dorsal. Au bout d’un laps de temps, que MAININI ne précise pas, on procède à la thyroïdectomie selon la technique de MaGDALENA. Les thyroïdes sont fixées au formol, colorées à l'hématoxyline ferrique. On mesure la hauteur de l’épithélum cellulaire en prenant la moyenne de cent cellules réparties dans cinq champs différents de la même préparation. GALLI-MAININI estime que ce procédé a les avantages suivants : l'obtention des animaux est aisée et leur prix peu élevé. On les manie facilement au point de vue opératoire. Enfin, ils présentent une image histologique simple et très régulière, du fait du très petit nombre de follicules.

Telles se présentent les méthodes dont disposent actuellement chercheurs et cliniciens. Nous allons maintenant considérer les résultats auxquels elles ont permis d'arriver. Îls sont chaotiques. Nous en savons le pourquoi. Nous laisserons de côté les essais d'appréciation du potentiel en TSH de la pituitaire des animaux les plus divers. Nous noterons seulement qu'il existe au moins sept listes établissant ce potentiel dans l’ordre croissant ou décroissant (ADAMS et ALLEN, LŒSER, RowLANDS et YounG, WHITE, JORGENSEN et WADE, FoGLia, GORBMANN, KEATY et STANLY, etc.). Nous nous intéresserons seulement aux dosages entrepris chez l'Homme normal et dans diverses endocrinopathies, notamment les dysthyroiïdies. Cela constituera la deuxième partie de notre travail.

TAUX DE L'HORMONE THYRÉOTROPE CHEZ L'HOMME

A) AÀ L'ÉTAT NORMAL.

Peu de recherches ont été entreprises pour déterminer la valeur moyenne de l'hormone thyréotrope circulante chez un sujet sain. Dans le sérum sanguin, DEL CASTILLO (1932), CozLarp, MiLes, RUNDLE et SHARPLEY-SCHÆFFER (1940), pe RogerTis (1948) n'ont pu apprécier de taux appréciables de cette hormone. DE ROBERTIS situe le chiffre normal entre 0,0025 et 0,005 unité JUNKMANN-SCHŒLLER, mais 1l n’a pratiqué que deux dosages.

Dans l'urine, les tentatives de dosage sont plus nombreuses. KRoGH et OKKELS (1933), AUTOGNETTI et GERIOLA (1936) aboutissent à des résultats négatifs, tandis que RawsoN et STARR (1938) constatent l'existence d'une certaine quantité d'hormone chez vingt et un étudiants en médecine. Il n'y a pas, à notre connaissance du moins, d’autres résultats publiés dans la littérature. Notons enfin que tous ces essais ont été effectués sur des animaux non hypophysectomisés. [ls concordent avec les observations de HERTZ et OASTLER (Rat hypophysectomisé) qui n'ont pu déceler l'hormone thyréotrope dans le sang de huit sujets normaux.

B) DANS LES HYPERTHYROIDIES.

Dans ce domaine, beaucoup d'auteurs se sont attachés à doser l'hormone thyréotrope. Cependant le nombre des cas observés reste faible comparativement à la fréquence de cette affection ; est encore plus faible le chiffre des observations correctement étudiées. Presque tous les travaux parlent d'hyperthyroïdie, mais ils précisent rarement les caractères cliniques de ce syndrome. Tant il est vrai qu il paraît hasardeux de couper le laboratoire de la clinique. Cela est d'autant plus regrettable que la discussion des résultats observés ne peut se faire correctement en l’absence du contexte fourni par la clinique. Ces réserves faites, examinons les résultats obtenus.

ARON et KLEIN (1930) publient les premières tentatives de dosage de la TSH dans les urines des hyperthyroïdiens : les résultats sont tantôt positifs tantôt négatifs. DEL CASTILLO (1932) étudie le sérum de six hyperthyroïdiens : quatre cas dans lesquels la recherche de l’hormone est positive, deux cas négative. KROGH et OKKELS (1933), dans douze cas, SMITH et Moore (1935) dans quatre cas, AUTOGNETTI et GERIOLA (1936), FELLINGER (1936) chez un nombre de malades non précisé, PURVES et GRIEsBACH (1949) dans dix-neuf cas d’hyperthyroïdie, aboutissent à des résultats négatifs. Les autres auteurs concluent en général à la nonexistence de l'hormone thyréotrope dans le sang ou l'urine des malades atteints de thyrotoxicoses, à quelques exceptions près. Ainsi, DE PRAT (1937), sur cinq hyperthyroidies, a deux résultats normaux, un négatif et deux positifs ; EMERSON et CUTTING (1938), deux cas positifs pour cinq négatifs ; RAWSON et STARR, deux cas positifs pour douze négatifs ; COLLARD et ses collaborateurs, deux cas positifs pour neuf négatifs : DE ROBERTIS, quatre cas positifs pour six négatifs.

Terminons par les constatations faites chez les malades atteints d'exophtalmie. SMITH et MooRE en étudient trois chez lesquels la recherche de la TSH est négative. COLLARD et ses collaborateurs trouvent un excès de cette hormone chez deux hyperthyroïdiens avec exophtalmie et n'en trouvent pas trace dans deux autres cas d’exophtalmie sans hyperthyroïdie. OFFRET (1945) rapporte deux essais de dosage, l’un négatif, l’autre positif. Enfin, PURVES et GRIESBACH décèlent un fort excès de TSH dans vingt-sept cas d'exophtalmie maligne.

Si on fait le total des malades étudiés, on aboutit aux chiffres suivants :

— Essais de dosage de l'hormone thyréotrope chez les hyperthyroiïdiens : 85 ; — Résultats positifs : 19, soit 28,78 % ; — Résultats négatifs : 66, soit 71,22 %.

Ce bilan ne tient pas compte des résultats obtenus par ARON, AUTOGNETTI et GERIOLA, et FELLINGER. Ces auteurs,

NDS

sauf très rares exceptions, n’ont pas décelé de TSH dans les humeurs des hyperthyroiïdiens. Les pourcentages que nous donnons n’ont donc qu’une valeur très relative. Il est bon de noter que ces conclusions sont obtenues à l’aide d'animaux entiers.

Avec les animaux hypophysectomisés, le nombre des investigations s'avère encore plus restreint. Nous n'avons pu, malgré de multiples tentatives, nous procurer le dernier travail de GALLI- MAININI dans lequel il publiait les résultats obtenus avec sa méthode. Le seul travail que nous puissions examiner est celui de HERTZ et OASTLER. Il fait état de sept malades atteints de thyrotoxicose sans élévation du taux de l'hormone thyréotrope circulante.

C) DANS LE MYXŒDÈME.

Les documents sont peu abondants. ARON, STAHL et VAN (CAULAERT, AUTOGNETTI et (GERIOLA, FELLINGER, THOMPSON, SPENCE n'ont pas publié le chiffre exact de leurs tentatives de dosage. Ils signalent ou bien des résultats constamment négatifs (AUTOGNETTI et GERIOLA, SPENCE), ou bien des résultats variables selon le type de myxæœdème : positifs dans les cas de myxœdème post opératoire (FELLINGER, THOMPSON), négatifs dans les myxœædèmes spontanés (ARON, FELLINGER, THOMPSON, SPENCE). De même, BASTENIE n'explicite pas le chiffre des sujets examinés. Î[l trouve la recherche de l'hormone thyréotrope franchement positive chez les myxœdémateux dont la thyroïde est atrophiée, négative chez ceux dont le primum movens se trouve être une insuffisance pituitaire. COPE décèle une forte proportion de TSH dans le sérum sanguin des myxœdémateux, et JONES obtient des résultats variables.

Mentionnons à présent les travaux dont le souci de préaision est plus grand. EMERSON et CUTTING ne trouvent pas d'hormone thyréotrope dans quatre myxædèmes spontanés et six cas de myxædème post opératoire ; ils en décèlent une forte proportion dans cinq autres myxœdèmes post opératoires. DE PRAT publie deux recherches positives,

une négative et une donnant un chiffre normal. CoLLARD et ses collaborateurs sont conduits aux mêmes constatations : sur trois myxœdèmes spontanés, un cas positif : sur cinq myxœdèmes post opératoires, deux cas positifs. DE RoBErTIS publie deux cas positifs et deux négatifs : GRIESBACH et PURVES cinq fortement positifs.

Enfin, HERTZ et OASTLER ont étudié neuf sujets myxædémateux dont un ne semblait pas avoir d'hormone thyréotrope dans le sang et les urines et les huit autres étaient remarquables par la très grande abondance de cette hormone.

Au total, quarante-six tentatives de dosage, vingt-cinq résultats positifs (54,3 %) et vingt et un résultats négatifs (45,7 Yo).

Ces pourcentages ont la même relativité que les précédents.

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