‹ Contribution à l'étude des Métrites SénilesChapitre 12 sur 28 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Communiquée par le D' G. Maurange.)

Madame X.., âgée de 63 ans, vient consulter le 18 août 1892. Elle se plaint d'éprouver des sansations d'échauf-

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fement vaginal avec prurit vulvaire et leucorrhée abondante. Cette leucorée, parfois peu accusée, prend, à d'autres moments, les caractères et les proportions d'une véritable perte, fétide, purulente, plus ou moins rosée.

Par le toucher digital, on constate que l'utérus est mobile, gros, exempt d’indurations et de tumeurs, que les culs-de-sac sont sains. Pressé entre les deux mains, l’organe est sensible. L'examen du vagin montre que la muqueuse est enflammée, très rouge, granuleuse, presque saignante. Le col a le même aspect extérieur que le reste de la muqueuse vaginale. Il ne présente pas trace d’ulcérations ou de néplasme. Son orifice est fermé, comme coniracté ; toutefois, il laisse suinter nne goutte de pus.La malade, chez qui les symptômes ont débuté depuis un an au moins, et qui n’a suivi aucun traitement, n'offre pas l'aspect cachectique. Cependant, elle a un peu maigri et son teint s'est plombé. Elle a fait une bronchite grippale l'hiver précédent, mais sa santé a été, en dehors de celà, habituellement bonne. La malade est veuve depuis plusieurs années. Le cotétherisme permet de constater que la cavité utérine est grande (10 centimètres) et qu’elle contient une secrétion abondante, car, en retirant l’instrument, il s'écoule une certaine quantité de pus rosé, nauséabond.

Or pose le diagnostic d'endométrite purulente en faisant des réserves sur la possibilité d'un néoplasme.

Le traitement a consisté à faire cinq fois, à une se-

maine d'intervalle, un écouvillonnage modéré avec de la.

glycérine créosoté au 1/5, précédé d’une dilatation avec les bougies d'Hégar et suivi de lavages au sublimé au

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moyen d’une sonde inlra-utérine ; le courant était conti nué jusqu’à ce que le liquide ressortit très clair.

Aux deux premières séances, l'écoulement purulent était très abondant ; c'était un véritable flot. Chez cette femme, la matrice ne se vidait que lorsque la pression du liquide triomphait de la tonicité ou du spasme du col. Cette dernière circonstance a dû favoriser beaucoup la distension de l'organe et la rétention du pus qui fermentait longuement avant de s'échapper. — La vaginité était évidemment consécutive au contact de ce pus, surtout en l'absence de soins de propreté.

Le cinquième lavage n'ayant pas ramené de pus, le traitement fut cessé. La malade se trouva dès lors complètement soulagée et sa santés’est maintenue depuis cette époque.

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