‹ Contribution à l'étude des modifications du lait dans l'engorgement lacté chez la nourriceChapitre 11 sur 23 · ROGERS · texte numérisé non relu

ROGERS

loureux, il s’agit là, en réalité, d’un abcès du sein. En effet, « l'aspect physique du lait n'était pas changé », dit l’auteur; et de plus, la suite de son ouvrage nous apprend que, quand il examina le lait, il y avait déjà dans le sein du pus d’un abcès qui fut d’ailleurs ouvert peu de jours après. En effet, « ce lait, dit-il, devint légèrement filant avec l'alcali ». N'est-ce pas là le procédé dont nous nous servons aujourd'hui couramment en clinique pour déceler extemporanément la présence du pus dans les urines?

Une dizaine d'années plus tard, Perrusset (1) constate, d’après des remarques de M. Péligot, « que le lait, par un séjour un peu prolongé dans les mamelles, acquiert un état séreux qui le rapproche du colostrum. Ainsi, lorsqu'on trait une vache qui ne l’a pas été depuis longtemps, la première portion de cette traite, celle qui a fait le plus long séjour dans les conduits galactophores, est plus séreuse, moins riche en globules et en caséum, et surtout les dernières, plus récemment sécrétées., »

Cette fois, nous sommes en plein dans notre sujet. Et en voici immédiatement la conclusion pratique, que l’auteur en tire lui-même, en citant un cas de M. Donné. Il s'agissait d'une nourrice dont le lait, extraordinairement riche en beurre, donnait de la diarrhée à lenfant. On espaça davantage les tétées, et l'enfant, prenant ainsi dès l'abord du lait plus léger, ne tarda pas à se rétablir.

(1) Perrusset, th. Paris 1845.

OT

En 1854, Boutequoy (1), étudiant au point de vue clinique la lactation et l'allaitement, nous montre que cette question faisait déjà l’objet de maintes recherches. Quévenne, pharmacien en chef dé la Charité, se préoccupait des différences que l’on trouve dans le lait, après un séjour prolongé dans les mamelles.

Les analyses de Péligot, dont nous avons parlé plus haut, avaient montré, chez les animaux, des variatiors portant surtout sur le caséum, puis sur le beurre, ct enfin sur le sucre.

C’est ce que nous trouvons également constaté dans le Dictionnaire des Sciences Médicales, dit Dictionnaire de Déchambre (2), où nous lisons que «le lait qui séjourne dans le sein devient aqueux et s’éclaircit. Tous les praticiens connaissent ce fait, qui est précisément l'inverse de ce qu'on observe dans toutes les autres sécrétions, dont le produit est d'autant plus épais et concentré qu'il a séjourné plus longtemps dans ses réservoirs naturels... Il faut donc en tenir compte dans l'examen d'une nourrice. »

De nos jours, de nombreux auteurs ont observé et signalé ces modifications. Qu'il nous suffise d'en citer quelques-uns.

« Parfois, dit le Professeur Budin (3), les enfants prennent un lait ne renfermant pas une quantité suffi-

sante de matières albuminoïdes, mais contenant sur-

(1) Boutequoy, th. Paris 1854.

(2) Dictionnaire des Sciences Médicales, 2 Série, n9:13, Article : Nourrice.

(3) Budin. Le Nourrisson, Paris 1900.

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