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idée des différences dont nous parlions. Nous voyons, par exemple, le beurre varier du simple au double entre le lait de chèvre et le lait d'ânesse; — le sucre, de plus d'un cinquième entre le lait d'ânesse et le lait de vache; — la caséine, presque dans les proportions de 1 à £ entre le lait d'ânesse et de chèvre, etc...
On ne s'étonnera donc pas, en présence de ces résultats
trouvées entre les nombreux échantillons de lait de
, des différences profondes que les auteurs ont
femme qui ont été examinés par les uns et par Îles autres. Plus les analvses sont nombreuses, et plus les résultats sont variables. Et puis, il y à toujours cette question des éléments encore mal déterminés du lait, qui fait que, malgré les nombreuses tentatives etfectuées dans ce but, on n'a pu encore obtenir artificiellement un lait qui soit complètement (€ maternisé ». c'est-à-dire qui puisse remplacer d'une façon absolue le lait de femme.
Nous estimons utile de rapporter ici un certain nombre de résultats d'analyse de ce dernier lait. Nous Lous proposons, en effet, d'en étudier les modifications dans certaines circonstances données. Pour pouvoir bien apprécier ces modifications, il nous faut tout d'abord arriver à nous donner l'idée d'un « type » de lait auquel nous puissions nous reporter. Nous empruntons ces résultats au tableau que donne de la composition moyenne du lait de femme physiologique,
M. Guiraud, dans sa thèse (1).
(1) Guiraud, Thèse Bordeaux 1896-97.
han =
ts |__| es | —e
Simon | kilog [1032 |890.20 109.80
ÉBouchardat
TetQuérennel ” 1032.30 892.50/107.50
je | H1032.87/880.08 110.92! 26.66) 43.64/39.24| 1.3+ Re 872.40 42,30) 59.60/19 | 2.80
LH. Féry | litre |1033.50|9C0.10/133.40! 43.23] 76.14/10.52| 2.14
ÉGautrelet | » 11033 [904 [128.80] 39.40) 62.30/22.60| 4.50
EH. Gillet | kilog [1030 |890 41.50! 70.00/15 2 | | | 7 ütres fl , À f r bst.
| Guiraud | litre 1081.40 899.53 434.57 | 59.05 7182780 l11.17 MT e
Nous prendrons comme véritable composition moyenne du lait de femme normal les chiffres personnels de M. Guiraud, qui portent sur le résultat d'ensemble de 45 analyses, et qui nous semblent très conformes à ceux que nous avons souvent entendu cités, à la suite d'examens faits à l'Hospice des Enfants Assistés.
Nous venons de prononcer le mot de composition moyenne : il ne peut s'agir, en effet, avec le lait, que de résultats moyens, étant donné la multiplicité des causes qui influent sur la composition de ce liquide.
Le moment même où, pendant la traite, est prélevé l'échantillon soumis à l’analyse, a une grosse importance au point de vue des chiffres trouvés.
Ce fait est connu depuis longtemps déjà « Il est
een Le
reconnu, d'après le savant mémoire de M. Parmentier, écrit Lebreton, en r an XI] (1), que le lait d'une même traite varie en couleur, en consistance et en goût, si on le divise en plusieurs portions distinctes. Le lait qui sort d'abord est séreux; le deuxième, plus consistant et aussi plus sucré; le troisième augmente de consistance et de saveur à mesure que l'on approche de la fin de la traite, »-
Le lait de la fin de la traite est plus riche en ma: tières grasses que celui du début. Il nous semble d’ailleurs être une notion d'ordre très général que les différentes causes d’altération du lait dans le sein de la nourrice portent surtout sur sa teneur en beurre; et cela, quelque variées que soient les causes. Voici, par exemple, une observation personnelle du D' Verrier (2) : chez une nourrice, qui avait eu une violente colère, l'analyse montra, peu de temps après, une quantité de beurre de 29 pour 1.000, alors que le lait de la même femme, prélevé huit jours plus tard, en décela une quantité de 41 pour 1.000.
Il en est de même dans les affections les plus diverses, et Gerson, dans sa thèse (3), rapporte une dizaine d'observations personnelles chez des femmes atteintes de fièvre puerpuérale, de bronchite, de imétrite, d’hystérie, de tuberculose au début : dans tous ces cas, il y eut notable diminution de l’opacité du lait. Il en fut de même dans un cas de réapparition des règles. Malheureusement l’auteur, qui d’ailleurs étudie uniquement le point de vue clinique, ne donne
) Lebreton, th, Paris, an XII.
(1 (2) no in (razetle obstétricale, Paris, 5 mai 1896. (3) Gerson, th. Paris, 1891-92.
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pas d'analyse chimique de ces laits d'apparence modifiée, de sorte que nous ne pouvons ici nous appuyer sur aucun chiffre.
Mais Berthollet (1) cite sur ce sujet des expériences de Forster, qui, vidant un sein six heures après une tétée, de façon à obtenir trois portions égales de lait, trouvait, comme proportions de beurre : au début, 17 gr. pour 1000; — au milieu, 27 gr. 70, et à la fin, 45 gr. 10.
zudin (2) arrive aux mêmes conclusions, quoiqueavec des chiffres sensiblement différents, et nous donne, dans les mêmes conditions : 9 gr. 60, 16 gr. 40 et 21 gr. 40 pour 1.000. D'ailleurs, la femme sur laquelle à porté son examen avait un lait remarquablement pauvre en matières grasses, et le nourrisson qui lui était confié n'augmentait pas de poids.
Lassablière, cité par notre maître Variot (3), a étudié simultanément le lait de 4 femmes, et il a consigné ses observations détaillées dans le tableau sui-
vant, où les chiffres se rapportent au litre: