COMMENC. DE LA TRAITE FIN DE LA TRAÎTE
ET — Extrait sec .| 412 | 113.96 | 115.30 | 144 163.80 156.10! Sols 1.60 2 1.80 1.90 2.20 1.80 (Beurre ..... 47.50! 18. se 51.75 61.80 59.80 LACLOSC RSS DAT 79.24 81.75 74793 80.70 71.85 || Caséïne .... 9. 19% 9.50 A 14 12 À He RU Aer E Ne 922,01 | 920.27 | 918.17 | 884.81 | 864.24 | 872.53 Aut. subst.. 7.201145 93 194 8.77 9410 8.55 IDensité.....11034.01 1034.47 |1033.47 11028.81 1028.04 |1028 63
Nous avons entendu émettre l'opinion que ce lait, clair et hyalin, tel qu’on le voit sortir d’un «sein engorgé, était un (lait colostral ». Il ne nous semble pas justifié de lui appliquer ce qualificatif.
Guiraud, en effet, a étudié des colostrums pris à
(1). Guiraud, op. cit,
différents moments, et faisant la moyenne de ses analyses, il trouve les chiffres suivants :
Extrait # L ; tres | Caséine.| Beurre | ! É'hydraiélCendredl 22 sec CY. substance .
| Densité |
Point n’est besoin d’un long examen pour se rendre compte qu’un tel produit diffère grandement du lait qui nous occupe, et qu'il contient beaucoup plus de beurre, moins de lactose, et beaucoup plus de caséine. Il ne peut donc y avoir entre ces deux liquides que des ressemblances d'aspect extérieur.
Tout ce que nous veñons de dire nous montre combien le devoir du praticien, consulté sur la valeur du lait d’une nourrice, est plus difficile qu'il ne peut le paraître au premier abord. On se contente souvent, dans les bureaux de placement, de dégrafer le corsage de la nourrice, de faire couler de ses seins quelques gouttes de lait que l’on recueille dans une cuiller, et de formuler là-dessus son jugement, Cette facon de procéder nous paraît totalement insuffisante, et voïci, à notre sens, comment il conviendrait d'agir.
D'abord, déshabiller la nourrice jusqu’à la ceinture, et examiner son buste nu. On verra ainsi, sans super-
cherie possible de sa part, le volume des seins et leur
conformation. En les appliquant successivement avec la maïn contre le plastron costal, on se rendra compte du volume de la glande elle-même, chose beaucoup plus importante à considérer au point de vue d’un allaitement, que le volume total du sein : si le public croit volontiers qu'à une poitrine opulente correspond toujours un lait généreux, le médecin, lui, n’ignore pas combien cet aspect est souvent trompeur. Nous nous souvenons ainsi avoir vu, personnellement, aux Enfants Assistés, une femme de 35 ans, qui avait élevé au sein ses neuf enfants, tous vivants, plus un enfant étranger et cependant cette femme avait des seins petits, ne dépassant pas le volume d’une grosse orange, et il est fort probable que, mise en comparaison avec une autre femme aux mamelles adipeuses, elle n’eut point été choisie comme nourrice par une mère de famille.
l'inspection pourra encore révéler au médecin bien d’autres détails : la syphilis, par exemple : à tout seigneur, tout honneur. Il nous est arrivé plus d’une fois, de voir notre maître dépister ainsi des éruptions roséoliques, qui eussent passé inaperçues, naturellement, si l'examen avait eu lieu autrement que le buste nu. Nous avons eu l’occasion également, en examinant les bras, de déceler des ganglions épitrochléens.
La palpation du creux de l’aisselle dénotera parfois des adénites; il sera aisé d’en rechercher la cause. De même pour les adénites cervicales : on sera amené parfois, dans ce cas, à ausculter la femme, et à l’occa-
no
sion, à lui reconnaître des lésions pulmonaires d'ordre bacillaire, qui la feront éliminer comme nourrice : nous en avons vu également des cas, dans lesquels l'examen simple des seins, sans plus, n'eût pu mettre personne en garde contre les lésions intra-thoraciques.
Nous avons signalé avec assez de détails, au cours de cet ouvrage, l’asymétrie des seins, pour n’avoir plus besoin de faire remarquer qu’on la trouvera, dans la majorité des cas, chez les femimes examinées. On l’observera surtout, nous l’avons vu, avec prédowminance du sein gauche, parce que c'est celui où il est le plus commode de donner à téter. Quand on la trouve du côté droit, on peut être à peu près certain, au moins neuf fois sur dix, que la femme interrogée sur le côté de son lit où elle a l'habitude de placer le berceau de son enfant, vous répondra que c'est à droite : en somme, le sein droit est chez elle plus développé, pour unl raison analogue à celle qui produit, chez les autres femmes, l’hypertrophie du sein gauche,
Nous n’insisterons pas davantage sur l’utilité de cet examen du buste et des bras nus; nous croyons en avoir assez, par ces quelques considérations, démontré la nécessité.
Arrivons maintenant à l’eramen du lait lui-même. D'abord, se renseigner sur le temps qui s’est écoulé depuis la dernière fois où la femme a eu les seins vidés, soit par un nourrisson, soit artificiellement. Notion, on le comprend de prenrière importance : si, en effet, Les premières gouttes de lait sortent très claires, très
AD
fluides, cela n'aura rien d'étonnant au cas où les seins n'auraient point été tirés depuis un temps assez long; et, dans ces conditions, cela ne préjugera en rien de la qualité du lait : nous savons que celui-ci sort d'autant plus clair qu'il est plus ancien, nous voulons dire par là : qu'il à fait un plus long séjour dans les mamelles.
Mais si nous apprenons, par exemple, que la nourrice a donné à téter il y a peu de temps, alors nous serons mis en garde, et sans rien affirmer encore, nous ne nous étonnerons pas si un examen ultérieur nous révèle ce lait comme pauvre, et peu chargé en matières grasses.
Nous ne nous arrêterons pas là, car, de toutes façons, nous savons que le lait du début de la traite est toujours moins riche que celui de la fir. Après avoir prélevé quelques centimètres cubes de ce lait au début, nous ferons vider en partie les seins, soit par un enfant, soit à l'aide d'un succipompe, et nous recueillerons de nouveau quelques centimètres cubes de ce liquide du milieu de la traite. Puis nous continuerons l'épuisement du sein, et nous prélèverons encore une quantité semblable aux autres prises, du lait qui coule quand le sein est presque vide.
Nous en ferons autant pour chacun des deux seins, nous souvenant que, fréquemment, les laits qui en sortent sont assez différents.
Nous voici, cette fois, suffisamment armés, non seulement pour nous prononcer sur la qualité du lait,
mais encore pour pouvoir donner à la nourrice des
Res
conseils motivés sur la façon dont elle devra donner le sein à Penfant.
L'analyse chimique des échantillons que nous avons prélevés nous montrera en effet la richesse croissante du lait, Surtout en matières grasses, A ce point de vue, nous pourrons raisonnablement prendre comme - moyenne pratique de la richesse du produit examiné, celui qui a été prélevé au milieu de la tétée, et nous Saurons ainsi, pour chaque sein, quelle est sa valeur en principes nutritifs pour l'enfant qui sera confié à cette nourrice.
Quant aux échantillons du début et de la fin, ils nous serviront à indiquer à la femme quel est, d’après la richesse des laits, celui des seins qu'il convient de faire vider d’abord par le nourrisson. Si, par exemple, le lait de la fin de la traite du sein droit est remarquablement gras, trop riche en beurre (nous en avons vu qui contenaient jusqu'à 60 gr. et même plus par litre), nous lui conseillerons de ne pas faire vider le sein complètement à chaque tétée, et de commencer plutôt par faire vider d’abord le sein gauche. On peut imaginer ainsi toute une série de petites dispositions à prendre, et de directions à donner, pour lesquelles l'examen, fait dans les conditions que nous venons de détailler, permettra au praticien d'établir des prescriptions raisonnées, et de prévoir à l’avance, d’avertir même la nourrice des inconvénients qui pourraient résulter de l’inobservation de
ses conseils.