CHAPITRE III
LA VITAMINE C
Depuis longtemps on s'était aperçu que le scorbut était une affection fréquente chez les marins et les soldats.
Etait-ce une maladie contagieuse ? Cette hypothèse fut combattue dès le xvi° siècle par un Français Nicolas Venette, qui, notant l’absence de végétaux frais dans l’alimentation et la présence de scorbut, vit là une relation très importante. Elle fut vérifiée au siècle suivant par deux savants étrangers. Puis vint la communication à l’Académie de Médecine, du médecin de la Marine Le Roy de Méricourt, soutenant cette même thèse.
Toutefois, l’idée de contagion ne fut exclue que très lentement par tous les auteurs.
Au xix° siècle, lorsque Th. Barlow identifia le scorbut infantile, on remarqua que la cause en était l’absence d'aliments frais dans la nourriture des enfants, par suite d’un usage exagéré de farines spéciales pour bébés trop purifiées et de la conservation du lait
stérilisé mal comprise.
L’expérimentation montra que cette carence en
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aliments frais communiquait au cobaye une maladie identique à celle observée chez l’homme et appelée « scorbut expérimental ».
A quel principe contenu dans les végétaux frais élait dû le pouvoir antiscorbutique ? Des recherches faites sur le jus de citron laissèrent planer longtemps des suppositions sur la substance antiscorbutique. Holst et Frôblich [51}, recherchant les aliments en contenant, le cobaye étant leur animal d'expérience, déterminèrent certaines propriétés physiques de la substance.
Dès 1912, Funk la classa parmi « les Vitamines ».
Puis en 1918, on reconnut le scorbut comme appartenant au groupe des « maladies par carence» et l’on dénomma la substance antiscorbutique « Vita-
mine C >».