DECOUVERTE ET IDENTIFICATION DE L'ACIDE ASCORBIQUE
Les recherches en vue de l'isolement du principe antiscorbutique ont été poursuivies pendant plusieurs années par différents auteurs : Zilva (1928), Bezssonoff, King (1931) et leurs collaborateurs. Tous avaient remarqué un très fort pouvoir réducteur des extraits végétaux et tentèrent d’en extraire la vitamine. Zilva avait émis l’hypothèse que cette substance fortement réductrice était un facteur de protection pour la vitamine ; Bezssonoff interpréla ces résultats comme la démonstration du fait que la vitamine était un facteur double ou triple composé d’un phénol, d’un sucre réducteur, d’un acide organique. Les auteurs avaient . également été frappés de la facilité de destruction de la vitamine sous l'influence d’une oxydation ménagée.
C’est Tillmanns [91] qui, le premier en 1932, fit remarquer l’étroite corrélation entre la valeur antiscorbutique des aliments et leur pouvoir quantitatif visà-vis d’un indicateur d’oxydo-réduction : le 2 - 6 dichlorophénol-indophénol.
La première identification et caractérisation de la Vitamine sont signalées par King et Waug]l [59]. Ces
auteurs sont parvenus à isoler du jus de citron, sous forme de combinaison plombique, des cristaux d’une substance correspondant comme forme, point de fusion, caractère de solubilité, acidité, pouvoir rotatoire et composition centésimale à l’acide hexuronique que Szent-Gyôrgyi [88] en 1928 avait isolé de la feuille de chou, de lorange et des capsules surrénales et qu’il avait étudié en temps que « facieur respiratoire ». Ce même auteur et Svirbely [87] avaient d’ailleurs constaté que l'acide isolé des surrénales jouissait également de propriétés antiscorbutiques.
À la même époque, Rygh [85] et ses collaborateurs identifiaient la vitamine C, comme étant la méthylnornarcotine. Leur hypothèse fut rapidement reconnue comme erronée. Il est actuellement démontré d’une manière sûre qu'il n’existe aucune relation entre la narcotine et la vitamine C.
En peu de temps, un certain nombre de publications vinrent confirmer l'identité véritable de cette vitamine comme étant une substance unique, un acide à 6 atomes de C du groupe des sucres.
Une étape importante dans l’histoire de la vitamine C fut la préparation du dérivé monoacétonique par Szent-Gyôrgyi qui permit une purification indépendante et le retour à la vitamine originale sans perte d'activité antiscorbutique. Le biochimiste hongrois a été alors autorisé à lui donner, en collaboration avec Haworth, le chef de l’Ecole d’étude des sucres de Birmingham qui avait étudié la constitution chimique de la substance préparée et à lui remise par Szent-Gvôr
gyi, le nom d’acide ascorbique.