MODIFICATIONS DE L’ALCALINITÉ DU SANG
Le sang fait virer comme un alcali les indicateurs colorés usuels (tournesol, phénolphtaléine). Cette alcalinité du sang a été mesurée dans beaucoup de maladies ; c’est là une recherche assez délicate, et l'appréciation du degré d’alcalinité peut varier beaucoup suivant la technique que l’on emploie. Toutes les méthodes de mesure reposent sur le même principe : saturer l'alcalinité du sang par une solution acide titrée dont la quantité employée permet de calculer la valeur de cette alcalinité. Suivant l'acide et le réactif indicateur coloré que l’on
21602 emploie, il y a une foule de procédés dans le détail desquels nous ne pouvons entrer {voir les traités d’hématologie). Nous nous contenterons d'indiquer les résultats obtenus dans les néphrites.
En dehors de l’urémie, Jaksch, Peifer, Rumpf, Limbeck ont trouvé des valeurs à peu près normales. Lœvy, dans un cas de néphrite parenchymateuse sans aucun signe d'urémie, trouve une augmentation nette de l’alcalinité. Strauss, dans deux cas de néphrite parenchymateuse, trouve une diminution de l’alcalinité et dans un troisième cas une valeur normale. Hutchinson ne trouve l’alcalinité diminuée que dans les cas d’urémie. Brandenburg, Burmini la trouvent diminuée dans la sclérose rénale et l’urémie. Orlowski mesure l'alcahinité du plasma seul, après avoir détruit les globules rouges, et ne note une diminution que dans les derniers stades de l’urémie.
En somme, on peut dire avec Dessèvre que c’est seulement quand une néphrite est arrivée à la période d'urémie qu’il y a abaissement du taux des alcalins, comme d’ailleurs dans toutes les cachexies.