‹ Contribution à l'étude des modifications du sang dans les néphritesChapitre 8 sur 58 · M IS · texte numérisé non relu

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tion a déjà évolué pendant un certain temps, 1l y a des signes traduisant l'insuffisance rénale et de légers œdèmes. Alors il est de règle d'observer un certain degré d’anémie (qui souvent, d'autre part, est accusée par le teint pâle ou légèrement jaunâtre du malade) ; peu marquée au début, l'hypoglobulie, qui est la conséquence d'un élat hydrémique, s’accentue à mesure qu’on se rapproche de l’'urémie terminale, ou au moment des poussées aiguës qui peuvent survenir au cours de ces néphrites chroniques. Nous avons observé des chiffres de globules rouges assez variables, suivant les cas, de 2.500.000 à 4.000.000 le plus souvent, parfois inférieur à 2.500.000, et assez rarement et dans les cas graves inférieur à 2.000.000, et d'ailleurs chez le même malade ce nombre peut présenter des oscillations en rapport avec l'amélioration ou l’aggravation de la maladie.

La valeur globulaire est aussi variable suivant les cas, elle est le plus souvent inférieure à 1, et ce n'est que dans les cas avec forte anémie que nous l’avons trouvée supérieure à la normale (1,2; 1,4).

Mais la néphrite peut évoluer non pas tant du côté de l'insuffisance rénale que de l'insuffisance cardiaque; on observe alors des œdèmes mécaniques des membres inférieurs, le foie est gros, les urines rares ont les caractères des urines cardiaques. Le malade a alors plus l'aspect d'un cardiaque que celui d’un rénal, sa formule sanguine sera également celle d’un cardiaque, et on pourra alors, comme chez les cardiaques à la période de décompensalion, ainsi que nous l’avons vu plus haut, observer un nombre de globules rouges

PA, too normal ou de l’hyperglobulie. Et, de plus, dans ces élats complexes cardio-rénaux où cœur et rein sont touchés en même lemps, sans qu'on sache bien lequel des deux organes est le plus fonctionnellement atteint, le nombre des globules rouges et la valeur globulaire sont très variables suivant les cas, l'insuffisance rénale et la cardiaque contribuant toutes deux à modifier la formule sanguine.

Disons enfin que dans la néphrite intersutielle commune des arlério-scléreux l’anémie est ordinairement plus légère que dans les néphrites des jeunes sujets et dans le chlorobrightisme de Dieulafoy ; dans cette dernière forme, l’anémie est assez forte, la valeur globulaire très abaissée, et la néphrite prend le masque de la chlorose. Quant aux cas de néphrites chroniques prenant l'aspect et le tableau de l’anémie pernicieuse, rappelons ici qu'ils sont d’une interprétation difficile et nous en parlerons plus tard.

4 Urémie. — Au moment de l’urémie confirmée, l'influence de la néphrite antérieure et celle du régime lacté longtemps poursuivi laissent supposer qu'il doive y avoir de l’anémie. Effectivement, on note dans beaucoup de cas une diminution des globules rouges et de l'hémoglobine; la valeur globulaire est parfois très faible et près de 0,50. L’anémie est plus marquée dans les formes avec œdèmes que dans l’urémie sèche. Dans cette dernière, il est possible d'observer un nombre de globules rouges normal, où même un léger degré d’hyperglobulie passagère, ainsi que nous l'avons vu dans plusieurs cas après Hamelin. L'anémie qui devrait exister dans ces cas est donc très inconstante,

..— etil est certain que des causes complexes interviennent au moment de l'urémie pour modifier la formule

sanguine.

S 2, — MODIFICATIONS DE FORME, DE DIMENSIONS, DE STRUCTURE DES GLOBULES ROUGES

Nous avons noté, avec la plupart des auteurs, que dans les néphrites, la grandeur ou le diamètre et la forme des globules rouges restent sensiblement normaux. Dans les cas, cependant, où l’anémie est très marquée, inférieure à 2.000.000 par exemple, on peut voir des globules un peu inégaux de volume, mais rarement des globules rouges notablement petits ou géants. Dans ces formes avec grande anémie, on peut aussi voir quelques altérations morphologiques, de la poïkilocylose, des globules rouges un peu allongés : c’est là, d’ailleurs un fait rencontré dans la plupart des anémies symptomatiques. Nous n'avons pas observé de globules rouges à noyaux.

Hématies granuleuses. — On s’est beaucoup occupé récemment des hématies granuleuses qu'il est facile de mettre en évidence soit par le procédé de la coloration quasi-vitale de Pappenheim, soit par le procédé de la coloration vitale de Widal, Abrami et Brûlé, mais si leur recherche au cours des ictères et des anémies a donné lieu à des travaux intéressants, on les à peu recherchées dans le sang au cours des néphrites. Labbé et Salomon, au cours d’un mal de Bright avec anémie pernicieuse, n’ont constaté dans le sang aucune hémalie à granulations basophiles. Widal, Abrami et

us.

Brüûlé, dans un cas d’anémie grave survenue au cours d’une néphrite interstitielle avec azotémie, ont trouvé des hématies granuleuses assez nombreuses.

Nous avons recherché dans trois cas de néphrite les hématies granuleuses par la méthode de Widal, Abrami et Brüûlé, et dans ces trois cas, nous avons trouvé comme chiffres de globules rouges granuleux 1,2; 0,4; 0,7 pour 100, c’est-à-dire des chiffres normaux ou du moins très voisins de la normale (1 pour 300 environ).

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