LE
laire par des processus endothéliaux. Enfin, Kôster et Rumber posèrent la théorie de l’œdème. Quelle que soit la part de vérité dans ces divers modes pathogéniques, il est important de constater que ces cystosarcomes sont des tumeurs à accroissement rapide, qui, en quelques mois, atteignent un volume considérable, remplissant l’abdomen.
La cavité utérine est généralement agrandie.
Les métastases se présentent ordinairement sous forme de petits noyaux blanchâtres dont la surface de coupe présente le même aspect que celui de la tumeur utérine primitive. Ces métastases se font le plus souvent dans le poumon, le foie, le péritoine et le squelette (Obs. XV).
B. — Etude microscopique.
L'aspect histologique des myosarcomes varie suivant que l’on a affaire à une forme typique ou, au contraire, à une forme atypique.
Dans le premier cas, il s’agit du myome malin pur, lequel, malgré sa rareté, constitue une entité bien définie. La première observation de ce genre a été publiée par Langherans, en 1893. Minkowsky en 1901, Schlagenhaufer en 1902, Franqué en 1907, Jacquin en 1921, en ont cité d’autres observations typiques de ce genre de néoplasme, et, dans tous ces cas, l’aspect histologique était, à quelques détails près, absolument celui d’un myome bénin. On n’y voyait, en elfet, que des éléments musculaires adultes groupés en faisceau qui s’entrecroisaient et dont le protoplasme présentait la même coloration que les fibres musculaires lisses. Il va sans dire que le diagnostic histologique de ces myomes malins typiques est toujours très difficile, mais non impossible, car il existe un indice précieux à peu près constant, c’est le manque complet, ou du moins, une grande diminution du tissu connectif intercellulaire. Cependant, ce diagnostic ne pourra jamais acquérir une certitude absolue; et ce n’est que l’évolution ultérieure, qui, par l’apparition de troubles généraux
PUS TE Les
ou de métastases, viendra signer la nature. maligne de ce myome, qui, chose paradoxale, vu au microscope, revêtait l'aspect d’une tumeur bénigne.
Dans le second cas de myosarcome à forme atypique, le microscope permet d'observer deux zones de structure histologique différente : l’une myomateuse, l’autre sarcomateuse.
Dans la partie myomateuse, périphérique, on constate, à un faible grossissement, l’existence de. deux tissus tranchants nettement l’un sur l’autre : l’un des deux possède les caractères du muscle lisse : noyaux fusiformes ou en bâtonnets, prenant très fortement les colorants (bleu intense à l’hématéine ou hématoxyline, brun violet au Van Gieson, rouge intense au picro-carmin); corps cellulaire très allongé, finement strié dans sa longueur, et se colorant en rose par l’éosine, en acajou par le carmin, en violet par l’hématoxyline, en jaune par le Van Gieson. L'autre tissu, insterstitiel, présente une coloration pâle, et est constitué de rares cellules pâles disséminées dans une substance fibrillaire très délicate avec parfois une tendance marquée à l’infiltration œdémateuse.
Interposée entre la région myomateuse typique et la région centrale atypique, il existe une zone de structure métatypique, montrant que le passage de la première à la seconde, « quoique s’elfectuant d’une façon rapide, procède d’une façon graduelle. Plus on s'approche de la zone sarcomateuse, les éléments du léiomyome, représentés à ce niveau par des faisceaux primordiaux métatypiques largement vacuolisés, se dissocient en quelque sorte. Leurs contours deviennent de plus en plus imprécis et les fibres contractées essaiment en quelque sorte dans un symplasme lamellaire de plus en plus lâche et vacuolisé » (Grynfelt). Le tissu musculaire lisse prend’ainsi une fausse apparence myxomateuse.
À la suite de cette zone intermédiaire métatypique, on aperçoit, au centre de la masse tumorale, une ou plusieurs régions, dans lesquelles les caractères des cellules myomateuses se transforment encore davantage et rappellent les
Ha 2
cellules sarcomateuses. Les noyaux cellulaires deviennent innombrables, serrés les uns contre les autres, ne laissant entre eux que fort peu de place pour le corps cellulaire très réduit. On constate des figures de division parfois directe, le plus souvent indirecte. Par endroits, le noyau est plus ou moins ovale, fusiforme, rond, très irrégulier. Mme Ulesko- Stroganowa a trouvé des cellules géantes mononucléées, à noyau très volumineux, et des cellules géantes multinucléées, à noyaux périphériques. D'après Evans, certaines de ces cellules auraient une origine musculaire, d’autres, une origine endothéliale, et il pense que ces modifications cellulaires sont plutôt un signe de dégénérescence coïncidant avec des formations hyalines, plutôt qu'une preuve de croissance rapide de la tumeur maligne.
Le corps cellulaire peut également présenter des variations de forme; il peut être plus épais et plus court, prenant la forme «en grain de blé ». Une de ses pointes peut s’effacer; il peut présenter un contour irrégulier, dentelé, à plusieurs pointes (cellules étoilées). Bref, on peut voir tous les intermédiaires, entre la cellule ronde la plus atypique et le fuseau le plus net (Paviot et Bérard). En outre, la coloration rouge intense ne se manifeste plus ici dans le corps cellulaire coloré à l’éosine. À
La charpente elle-même est très réduite et n’est réprésentée que par une substance amorphe très peu abondante, dans laquelle on rencontre des fentes vasculaires.
Grynfelt, en étudiant ce qu'il appelle la « sarcomatisation » des éléments du léiomyome, a constaté, au sein de la portion sarcomateuse, quelques amas de tissu conjonctif fibrillaire, très collagène, en forme d’îlots et représentant les derniers vestiges de zones fibroïdes développés entre les faisceaux du myome primitif. Notons que, dans plusieurs cas, ces vestiges n'existent même plus. Certains de ces faisceaux de myome peuvent persister et conservent un facies plus musculaire, bien que d'aspect assez métatypique. Ils tranchent au sein du tissu sarcomateux par leur nature plus
RAT far
compacte et la colorabilité plus marquée de leurs éléments.
En parcourant les coupes du tissu myosarcomateux, on s'aperçoit parfois que le syncytium musculaire est criblé de lacunes, dont certaines, très petites et arrondies, ne sont que des vacuoles digestives; elles ne doivent pas être confondues avec les « lacunes sanguines », de ‘dimensions ordinairement plus importantes et revêtant l’aspect de larges cavités dont les contours sont tantôt arrondis, tantôt anguleux, et dans lesquelles apparaissent de nombreux globules rouges. Beaucoup d’entre elles n’ont pas de paroi propre endothéliale et sont circonscrites par des fibres lisses sarcomateuses plus ou moins atypiques. Certaines, cependant, sont limitées par un liséré endothélial continu résultant d’une adaptation de cellules myosarcomateuses, en vertu de leur « puissance angiogène ».
Enfin, on peut observer sur une coupe de myosarcome de l’utérus l'existence de zones dégénératives, nécrotiques, aboutissant à la formation de géodes. Ces zones nécrotiques, parfois nombreuses et de dimensions plus ou moins grandes, ont un contenu variable. Il s’agit là d'une sorte de dégénérescence albuminoïde et il n’y a pas de zone de transition entre les parties mortes et celles -qui sont encore vivantes. Certaines géodes sont totalement débarrassées du magma dégénératif.