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le mari avait présenté très récemment un écoulement urétral purulent. Mais, chose curieuse, l’écoulement n’avait duré que quelques jours et s'était tari avec un minimum de soins. D’autre part, l’examen bactériologique avait montré une absence totale de gonocôques.
Puis, quelque polymorphes que soient les atteintes de la blennorragie chez la femme, je ne trouvais chez cette malade aucun des symptômes qui, isolés ou réunis, en sont comme la signature ni douleur, ni lésion inflammatoire de l’urètre, pas de vaginite aiguë, pas de cervicite aiguë, et le pus recueilli sur le doigté de caoutchouc ressemblait plus à celui d’un abcès qui s’évacue qu’au pus vert et adhérent de la blennorragie.
Pour tes raisons, j'écartai la blennorragie à l’origine de ces lésions et conclus à la pelvipéritonite diffuse, consécutive à une pyométrite, complication d’un fibrome.
Je m’opposai à pratiquer une colpotomie, qui était demandée, et constituai un traitement symptomatique.
2° Métrorragie. — Sous l'influence de la glace sur le ventre, les injections prolôngées et répétées, les phénomènes généraux et locaux s’amendèrent. La malade commençait à se lever, lorsque de nouvelles complications surgirent sous forme d’hémorragies. Je fus rappelé près de cette malade trois semaines après une première consultation.
Les hémorragies prirent d'emblée un caractère sérieux et, même alarmant. Lorsque je me retrouvai auprès de cette malade, elles duraient sans arrêt depuis déjà quelques jours. La malade était pâle; le pouls petit, rapide. Dans la pièce, des linges et des draps tachés de sang étaient gardés à mon intention : ils dataient du jour et de la veille.
L'abdomen était redevenu souple, peu douloureux. Au toucher : utérus volumineux dépassant la symphyse de quatre travers de doigt, mais immobile, enclavé dans le Douglas. Le col est dur, noir, entr'ouvert. Le vagin est plein de sang.
La malade fut mise en observation à la Maison de santé. Elle y resta quinze jours au repos le plus complet. La glace, les hémostatiques locaux et généraux parvinrent à arrêter les hémorragies. L'on reconnut cependant que la pyométrie n'avait point complète-
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ment disparu. L'état générale se remonta : il fut possible d'’intervenir.
Fin mai, j'opérai.
Opération le 28 mai 1929. — Laparotomie médiane sous-ombilicale.
Annexite bilatérale suppurée.
Hystérectomie subtotale par le procédé américain; en sectionnant l'utérus, il s’écoule une certaine quantité de pus.
Péritonisation complète à deux étages, en ramenant le côlon iléopelvien au-dessus de la ligne de suture. |
Fermeture avec petit drain.
Suites opératoires normales. Lever au treizième jour.
La guérison se maintient depuis huit mois.
Anatomie pathologique. — Annexite double suppurée.
Utérus : Volume de deux poings d’adulte. Coloration violette; aspect bosselé : la déformation est due à la présence d’un fibrome,
4° A la coupe, pus dans la cavité utérine (pyométrie), parois épaissies. Dans la paroi, cinq ou six petits noyaux fibromateux. Un. fibrome plus volumineux dépassant le volume d’une orange et de coloration violette.
2° Dans le fond de l’utérus, une ulcération atteignant les dimensions d’une pièce de 5 francs en argent. L’ulcération est recouverte de végétations friables; la sous-muqueuse est très épaissie, irrégulière. L'aspect de ces lésions ulcératives et bourgeonnantes est très particulier et ne rappelle point celui du cancer.
Examen histologique (Laboratoire de la Faculté). — Le Professeur Lecène a examiné les coupes et nous a fait parvenir la note suivante :
« Mme D..., 53 ans.
» Fragment de tumeur de l'utérus :
» Les coupes ont été fixées au Bouin et colorées au van Gieson et à l’hématéine-éôsine.
» Les coupes intéressent la tumeur en bordure dans sa zone d’envahissement. Le tissu néoplasique, dense, est constitué par des cellules fusiformes à cytoplasme peu important; le noyau est très chromatique, souvent monstrueux; les mitoses atypiques sont
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abondantes. Les cellules sont groupées en amas grossièrement fasciculés et séparés par de fines fibrilles conjonctives.
» La tumeur est très vascularisée. On trouve, en particulier, de nombreusés lacunes limitées directement par les cellules sarcomateuses.
Cette tumeur présente donc tous les caractères d’un sarcome fuso-cellulaire.
» Cependant, on trouve en bordure, séparées par des faisceaux de fibres conjonctives denses, des chaînes de cellules beaucoup plus volumineuses, fusiformes, très effilées, à protoplasma important, franchement coloré en jaune par le van Gieson, vaguement fibrillaire, cellules qui rappellent les élément musculaires; les cellules sont très proliférantes et sont le siège de nombreuses monstruosités. »