‹ Contribution à l'étude des Myosites Aiguës SuppuréesChapitre 11 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement est avant tout chirurgical quelle que soit l'origine de la collection purulente. On devra lui adjoindre une thérapeutique médicale appropriée.

Traitement chirurgical.

À quel moment faut-il inciser ? Nous répondrons « ni trop tôt, ni trop tard »;trop tôt nous ouvririons peut-être un foyer de myosite qui n'aurait jamais suppuré sans le traumatisme opératoire; trop tard le pus aurait diffusé vers l’intérieur, créant une ie grave (phlegmon diffus, pleurésie purulente, péritonite aiguë).

Sur quel test clinique nous appuierons-nous pour poser nos indications opératoires ?

Un seul est certain ! la fluctuation profonde; il est vrai que rarement on la perçoit avec netteté. À son défaut la sensation de rénitence, de boule élastique enchâssée dans le muscle, succédant à l’induration musculaire bien spéciale du début suffit pour envoyer le malade à la salle d'opérations.

On pourra et on devra adjoindre à l’examen clinique la ponction exploratrice faite avec un trocart à large lumière: le pus ainsi recueilli sera envoyé au laboratoire; le germe causal sera identifié et on pourra à partir de lui, préparer un auto-vaccin, instituant ainsi une thérapeutique biologique rationnelle.

Nos indications opératoires étant posées, nous inciserons largement plan par plan; nous ferons un nettoyage mécanique aux ciseaux et au bistouri des parties nécrosées. Le tout sera accompagné d’une hémostase irréprochable, le sang étant un milieu de culture redoutable,

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L'incision pourra être suivie d’un lavage au Dakin.

Ceci étant fait, si le fond de la plaie ne saigne pas, mettre en place un gros drain, s'il se produit un suintement sanguin on ajoutera une mèche de gaze pour assurer l’hémostase. Le drainage sera laissé pendant 4 ou DiJours.

Dans ces conditions, on verra sortir de la plaie un peu de pus et surtout une sérosité plus ou moins louche, assez abondante, qui tarira en quelques jours.

L'intervention devra être pratiquée sous anesthésie générale au chlorure d’éthyle qui est le moins toxique des anesthésiques habituels.

La rachi-anesthésie a parfois été employée, elle est à rejeter; ces malades fatigués étant presque toujours des hypotendus.

Voyons les autres modes opératoires

La ponction : a pu être curatrice (Pales, professeur Sabrazès dans un abcès paratyphoïde), mais elle est à rejeter; la suppuration est longue, interminable, elle peut gagner de proche en proche.

Il est aussi illogique de vouloir guérir par ponction, un abcès musculaire, qu’unabcès chaud collecté du tissu cellulaire sous-cutané.

L'incision minima : par coup de bistouri offre les mêmes: inconvénients.

Certains auteurs ont préconisé l’excision de l’abcès : elle est illogique; dans la très grande majorité des cas la cicatrice après simple incision reste parfaitement souple, le tissu musculaire se reconstituant assez facilement.

Si, après cicatrisation de l’abcès, il reste un noyau dur, sclérosé, gênant le muscle dans son jeu normal, 1l sera temps de l’extirper.

Sulure secondaire : Huard, après incision large et nettoyage de la plaie et après la mise en place du drain, fait passer à travers peau et muscles plusieurs gros crins; 1l laisse couler la sérosité quelques jours et si elle est aseptique avant le 8 jour, il noue les crins sur le drain sans s'inquiéter de la température.

Cette méthcde permet de gagner quelques jours, mais

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elle peut réserver des mécomptes (reformation de lPabcès dans un cas de Pergola).

Quant à la suture primitive : elle est indéfendable, c’est enfermer 9 fois sur 10 «le loup dans la bergerie » {Chassaiïgnac).

Traitement médical.

Avant tout il est indispensable de faire un traitement précoce et soigneux des lésions cutanées et chez les indigènes surtout inculquer quelques notions de propreté.

Au point de vue curatif de nombreux moyens ont été proposés

10 Diélélique : elle a une très grosse importance surtout aux colonies où comme le dit Pales « l’indigène est un sousalimenté chronique et un suralimenté aigu ». De plus on devra lui administrer des vitamines (vitamine B surtout), qui dans une certaine mesure pourront empêcher la réapparition des abcès.

20 Localement. On a préconisé des pommades gaïacolées, des pommades vaccins, des pommades mercurielles simples ou belladonnées; ces dernières, très goûtées de l’indigène, auraient un rôle non négligeable.

30 Chimiothérapie. Le merchurochrome, le violet de sentiane, la gonacrine, la trypaflavine, les métaux colloïdaux (cuivre étain, argent) sont tantôt vantés, tantôt décriés.

49 L'abcès de fixation, illogique puisque la myosite suppurée en est déjà un. Il ne donne pas de résultats.

50 Trailement biologique. Le bactériophage, les filtrats et lysats-vaccins ont donné quelques résultats satisfaisants à Pales.

Les stocks-vaccins paraissent dénués de toute action.

Il semble que, si l'hypothèse de Rosenov et Asbhy pour le streptocoque, si celle de Martinotti, Chauffard et Fiessinger pour le staphylocoque, sont exactes (microbes doués de myotropisme), on devrait se bien trouver de vaccins préparés soit à partir du malade lui-même, soit à partir d’abcès musculaires de même nature.

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