‹ Contribution à l'étude des Myosites Aiguës SuppuréesChapitre 6 sur 17 · SOI O · texte numérisé non relu

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Pasteurella.

Le médecin général Bouffard, en 1920, publie 2 observations d’abcès musculaires; dans le pus de ces abcès il aurait trouvé et isolé un germe du genre Pasteurella. Commes, en 1918, confirme ces recherches et publie 4 cas de myosites aiguës suppurées causées par le Pasteurella Bouffardi; de plus ceb auteur dit avoir, en trois ans, sur 27,000 consultations relevé

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huit fois ce germe. Ce sont les deux seuls auteurs qui, à notre connaissance, aient trouvé ce microbe.

Filariose, amibiase.

Külz, von Polak, Zieman ont observé au Cameroun des abcès musculaires multiples qu'ils rattachent à l’infestation filarienne ; dans le pus des abcès dus aux filaires ces auteurs auraient trouvé du Staphylocoque seul ou associé au Streptocoque. Wise et Minett (1914), disent avoir trouvé vingt-deux fois sur vingt-huit des traces du ver adulte dans le pus des abcès. Mais de nombreux auteurs (Laigret et Lefrou, Huard, Pales) n’y sont jamais parvenu malgré de fréquentes recherches.

Il en est de même pour l’amibiase ; Sharp et Mousson, Massias, Lacaze, Butaud décrivent des abcès amibiens mais ne donnent aucune Preuve parasitologique, se basant sur les bons résultats du traitement émétinien pour formuler leur diagnostic.

Aussi nous rangerons-nous à l'avis de Le Roy des Barres lorsqu'il dit en parlant des abcès amiliens intramusculaires « cette complication de l’amibiase si elle est théoriquement possible demande confirmation car on ne saurait être trop circonspect dans la diagnose des amibes dans le pus ».

Causes favorisantes.

19 Locales. —C’est du rôle localisateur du traumatisme dont nous voulons parler. Hayem, Lejars, Pales, Bazy, Picot, Sarrailhé, Soulié, en citent de nombreux exemples.

Sarailhé, entre autres. invoque, en parlant de la prédilection des abcès musculaires pour les faces externe et dorsale des membres inférieurs, «le fait que plus exposés par leur situation aux violences extérieures. les traumatismes même légers peuvent créer localement des congestions passagères qui deviennent des centres irritatifs d'attraction pour les colonies microbiennes ».

Laigret et Lefrou s'élèvent contre cette opinion disant que

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dans la typhoïde les mêmes muscles devraient être lésés par le processus suppuratif.

En réalité, chez le typhique le mécanisme est tout différent. L’abcès musculaire se développe sur du tissu musculaire déjà lésé (dégénérescence cireuse), moins résistant que dans une septicopyohémie atténuée à staphylocoques, gonocoques ou autres.

Dans la dothiénentérie, ce seront les muscles qui travaillent le plus qui seront frappés comme l’ont montré Zenker, puis le professeur Sabrazès.

Le malade alité, réduit à une vie végétative emploie surtout les muscles de la respiration, de la défécation, de la miction: ce seront donc les muscles de l'abdomen (grands droits le plus souvent), psoas, pelvi-trochantériens, pectoraux, intercostaux, qui seront le siège des abcès ; et cela de préférence s’il y a eu rupture préalable du muscle et formation d’un hématome; ce dernier constituant un excellent milieu de culture.

29 Générales. — Ce seront toutes les causes pouvant amener une moindre résistance du terrain.

a) Froid el humidité.

Hayem, puis les médecins coloniaux ont mis en valeur ces deux facteurs; ils ont remarqué que, au début de la saison des pluies, les abcès étaient plus fréquents à la colonie.

b) Fatique el surmenage.

Les observations de myosites aiguës suppurées s'adressent en général à des personnes fatiguées, ayant une profession pénible (manœuvres, forgerons, mineurs), ou à des individus ayant fourni un effort (soldats en manœuvres). Les toxines musculaires ainsi mises en circulation annihilent les propriétés bactéricides du suc musculaire.

De plus le travail musculaire augmente l'acidité des colloïdes musculaires. Sous l'influence de la fatigue, l’acide lactique n’est plus oxydé et reste en excès. Les ions hydrogènes augmentent alors dans le muscle qui absorbe plus d’eau et devient turgescent, rigide ; on comprend de ce fait que la circulation de ses capillaires soit entravée et que, par suite, sa résistance à l'infection soit diminuée.

e) Infections.

Toutes les infections aiguës, sans produire des lésions musculaires dégénératives marquées (à part la morve aiguë et le charbon qui ont une certaine affinité pour le tissu musculaire), amoindrissent la force de résistance du terrain: les maladies infectieuses : rougeole, scarlatine, grippe, variole, diphtérie, l’endocardite ulcéreuse, les septicémies puerpérales sont souvent trouvées dans les antécédents du malade.

La syphilis mal soignée peut aussi être invoquée.

d) Inloxicalions.

L’alcoolisme est souvent relevé dans les observations.

Aux colonies, en plus de l’alcoolisme, il faut noter la saleté des malades porteurs de nombreuses excoriations cutanées.

Les indigènes, ayant des abcès, sont en général des individus peu et surtout mal nourris.

Leur alimentation, à base de riz décortiqué en Extrême- Orient, de poisson salé ou fumé, de riz blane, de bananes, de bâtons de manioc en Afrique, ne renferme presque pas de vitamine B.

Chez les béribériques il y aurait une dégénérescence musculaire avec atrophie des fibres, puis dégénérescence graisseuse.

Les médecins japonais, Osawa en particulier, ont fait des expériences sur les animaux; aux uns ils donnent une nourriture carencée, aux autres, un régime normal; les premiers font beaucoup plus facilement que les seconds des abcès musculaires.

Les médecins coloniaux estiment que, parmi les porteurs de myosites suppurées, 43% sont atteints de lésions béribériques.

Mono et polymyosites.

Tous les germes peuvent produire soit des mono, soit des polymyosites; dans ce dernier cas le facteur septicémique est plus net et le pronostic se trouve assombri d'autant.

Sur 123 observations nous trouvons 59 polymyosites, soit 48 ©.

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