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la tisane de salsepareille, les bains au sublimé, etc. Deux des symptômes indiqués cédèrent promptement, mais les ulcérations du voile du palais exigèrent beaucoup plus de temps. y
Sér...i quitta l'hôpital avant leur cicatrisation complète; aussi,lorsque l'influence du traitement eut cessé de se faire sentir, le travail destructeur qui s'était manifesté dans l’arrière-bouche recommença-til avec une intensité nouvelle ; le voile du palais fut découpé d’une maniere fort inégale par l’ulcération vénérienne, la luette tomba, les amygdales participèrent à l'affection, qui ne respecta pas non plus la paroi postérieure du pharynx et envahit même l'ouverture glottique. Sér...i perdit la voix, qui ne consista plus qu’en une prononciation sourde et nasonnée. Il fut obligé de suivre à nouveau un traitement général et local. Des préparations d’or furent administrées ; des gargarismes d’abord émollients, plus tard alumineux, furent employés ; quelques symptômes de phtisie laryngée s'étant manifestés, le malade fut soumis au régime lacté. Ces divers moyens amenèrent une amélioration réelle, mais, temporaire.
Quelques mois après leur suspension, le malade s’apercut du développement d’une tumeur sur la partie antérieure du cou, en même temps que des douleurs se réveillaient dans les os des membres. Ne soupçonnant pas la nature svphilitique de ces nouveaux symptômes, Sér...i ne s’en préoccupa que lorsque la tumeur du cou eut acquis un volume déjà considérable et qu’elle recommença à gêner la respiration. C’est alors qu’il vint me consulter. Voici dans quel état je trouvai cette tumeur.
Sa partie la plus volumineuse correspondait à la poignée du sternum, au niveau de l'insertion des muscles sterno-mastoïdiens ; elle avait dans ce point le volume d’une orange et paraissait un peu bilobée, chaque lobe correspondant lui-même à l’extrémité inférieure des muscles désignés. L'’extrémité supérieure de chaque lobe se prolongeait dans la direction du muscle sterno-mastoidien
à peu près jusqu’à la hauteur de l'os hyoïde. Le muscle était triplé de volume de chaque côté, et faisait par conséquent un relief considérable. T’ensemble de la tumeur représentait une sorte de corde demi-elliptique renflée au point de jonction qui correspondait au sternum.
Cette tumeur était d’une dureté remarquable, surtout au niveau de son prolongement le long du cou ; elle n'offrait du reste aucune trace de fluctuation, ni de disposition lobulée de densité inégale. Aucun battement ne s’y faisait sentir etla peau qui la recouvrait ne présentait ni adhérences ni coloration anormale. La portion libre des sternomastoidiens était seule contractile, mais une raideur complète empêchait la contraction de la moitié inférieure de ces muscles, et cette disposition génait les mouvements du cou, particulièrement ceux de flexion. Au reste, il y avait peu de sensibilité à la pression et la douleur spontanée qui s’y manifestait n’était ni pulsative comme dans les douleurs inflammatoires, ni lancinante comme dans le cancer. C’était une douleur sourde et contusive, pareille à celle que la syphilis détermine dans la périostose et s’exaspérant dans la nuit et les temps humides.
Je prescrivis des frictions avec 4 grammes de pommade d'hydriodate de potasse et 50 centigrammes d’iodure de potassium à prendre dans 120 grammes d’infusion de saponaire. Un régime sobre et de nature végétale, de la tisane et du sirop de salsepareille furent aussi prescrits à ce mala le.
Huit jours après l'emploi de ce traitement il existait déjà une amélioration sensible. La résolution de la tumeur avait commencé à s’opérer ; l’iodure de potassium fut porté à la dose de 75 centigrammes par jour. Dès le vingtième jour, la tumeur avait diminué de moitié et son décroissement suivit une proportion uniforme à mesure que l'influence spécifiqueet résolutive de l’iodure de potassium se prolongea. Un mois après le commencement de son administration la portion sternale de la tumeur avait complètement disparu, Les muscles sterno-mastoïdiens
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avaient repris leur volume primitif, mais leur tiers inférieur était tellement dur qu'on aurait dit qu’un noyau osseux en occupait le centre. Je pense en effet que telle était la cause de la sensation perçue pendant l’exploration,
J'ai cru devoir continuer l’iodure de potassium, à la dose de deux grammes par jour, pendant un mois après la guérison de cette remarquable tumeur et jusqu’à présent il ne s’est manifesté aucun signe de récidive. Le malade parait complètement rétabli, et ne présente aucun symptôme de son ancienne syphilis.
Cependant, dans certaines observations nous constatons que le premier symptôme est une douleur vive, dans la région du muscle, ou avoisinante.
Mauriac (1).
Syphilis à forme névropathique, évoluant pendant cinq mois, sans être soumis à aucun traitement. — Céphalée névralgiforme ayant pour centre d'irradiation une tumeur fronto-pariétale gauche survenue au troisième mois de la syphilis. — Accidents douloureux myalgiques et rhumatismaux. — Affection syphilitique du biceps, au cinquième mois de la maladie.
M. F.., cocher, 20 ans, d’une bonne santé habituelle, et n'ayant jamais eu aucune maladie vénérienne ou autre, entra dans mon service à l’hôpital du Midi, pour des chancres infectants suivis au bout de trois mois d’accidents constitutiornels insolites : douleurs de tête très violentes, la nuit principalement, occupant tout le crâne,
(1) Mauriac. Leçons sur les myopalhies syphililiques.
paroxystiques et plus intenses à gauche qu’à droite ; au-dessus de l'œil gauche, bosse survenue sans cause extérieure, à base plus large qu’une pièce de cinq francs en argent, sans adhérences à la peau qui était intacte à son niveau, peu sensible à la pression, non fluctuante, point de départ des irradiations névralgiques temporopariétales.
Vers la même époque cet homme fut pris de crampes occupant la partie antérieure de la poitrine, au niveau des attaches costales du grand pectoral. Elles étaient si douloureuses qu’elles empêchaient de rapprocher les bras du tronc et leur enlevaient toute force, si bien, disait le malade, qu’il lui eût été impossible de casser un œuf en joignant les deux mains. Il existait en outre un sentiment habituel d’oppression, s’élevantjusqu’à l’orthopnée pendant la nuit.
Quelque temps après, les deux épaules furent prises de douleurs qui envahirent tous les muscles de l’omoplate. Elles étaient exaspérées par les mouvements et plus prononcées le jour que la nuit ; elles durèrent quinze jours environ. L’articulation était intacte. Au commencement de juin (cinquième mcis de la syphilis), une douleur vive se produisit dans le bras gauche des deux côtés de l’olécrane, en arrière, et en arrière sur le côté externe du biceps, au niveau du pli du coude, exaspérée par les mouvements et accompagnée d’une sensation de pesanteur dans les bras. L'extension complète de l’avant-bras sur le bras était impossible, bien qu’il n’existât aucun changement matériel dans l'articulation du coude, si ce n’est la tension du tendon du muscle biceps. Dans le pli du coude, à droite, il y avait également aussi un peu de douleur, mais sans affection bicipitale.
Aux extrémités inférieures il y eut aussi des phénomêènes douloureux dans la partie interne et antérieure des deux cuisses, dans les jarrets et au pourtour de l’arliculation du genou qui était exempte de toute inflammation ainsi que les gaines tendineuses qui la côtoient,
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Lorsque ce malade entra dans mon service, il avail une éruption papuleuse extrêmement confluente qui datait de deux mois. Il éprouvait encore des douleurs intolérables dans plusizurs des points précédemment indiqués. Quoiqu’il eût beaucoup souffert, sa santé générale n'avait pas été très altérée, ce qui permit d'instituer un traitement mixte et énergique qui le guérit à peu près de tous ces accidents au bout de deux mois. Il sortit à la fin d’août,. Son chancre avait débuté en février.
Mauriac (1).
Syphilis à forme névropathique. — Dès le deuxième mois du chancre, douleurs névralgiformes dans les extrémités, surtout dans le bras droit. — Arthropathie des gros orteils. — Au quatrième mois, affection syphilitique du biceps gauche, légère, de peu de durée, accompagnée de douleurs et sans lésions du coude. — Syphilide papulo-crustacée discrète. — Intensité el persistance des phéfñomènes névropathiques douloureux. — Amaigrissement et perte des forces.
D... (Louis), 45 ans, chapelier, entré dans mon service le 5 janvier 1870, salle 8, n° 18, s'était toujours bien porté et n'avait eu d'autre maladie qu’une petite vérole confluente, à l’âge de 26 ans, dont sa figure est restée toute couturée. Je ne découvris dans ses antécédents aucune affection vénérienne, ni aucune maladie constitutionnelle héréditaire ou acquise.
Vers la fin de novembre 1869, dix jours après le dernier coit avec une femme qu'il voyait habituellement, il survint un chancre dans la rainure balano-préputiale. Quand il
(1) Mauriac. Leçons sur les myopathies syphililiques.
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entra dans mes salles, il avait des adénopathies spécifiques multiples, une roséole érythémateuse qui disparut assez vite sous l'influence du traitement.
Le 20 ou le 25 janvier (deuxième mois du chancre), ce malade fut pris de couleurs vives dans le bras et dans l’épaule du côté droit, sans raideur dans les mouvements et sans gonflement au niveau des articulations. Ces douleurs, plus intenses la nuit que le jour, empêchaient tout sommeil ; elles consistaient en élancements qui irradiaient tout le long du bras, de l’avant-bras jusqu’au poignet ; elles étaient accompagnées d’une sensation de lourdeur et de brisement, sans crampes ni paralysie. Les mouvements calmaient ces phénomènes douloureux.
Huit ou dix jours après, il survint dans les deux jambes, principalement dans la partie moyenne des cuisses, des douleurs crampoides, surtout nocturnes et assez violentes pour empêcher la marche. Outre ces accidents, il se produisit de la tuméfaction au niveau des gros orteils, sans rougeur et sans œdème, comme si le périoste ou les éléments fibreux eussent été seuls intéressés. (Pas de goutte dans la famille.) Les douleurs musculaires et articulaires persistèrent avec beaucoup de violence pendant huit ou dix jours.
Il y eut du mieux vers le milieu de février : mais à la fin du mois, les douleurs revinrent dans les bras et dans les jambes, sous forme d’élancements nocturnes, et il se produisit, sur la peau, une poussée discrète de papules plates caractéristiques.
Le 3 mars (quatrième mois révolu de la syphilis), je constatai l’état suivant : sommeil agité ou insomnie.
Il existe, du côté gauche, l'affection syphilitique du biceps, caractérisée par l'impossibilité d’étendre complètement l’avant-bras sur le bras, sans provoquer une très vive douleur. Il n’y a du reste aucune lésion du coude.
Le gros orteil droit est le siège d’une tuméfaction notable et douloureuse, avec gonflement des têtes osseuses,
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mais sans éempâtement périphérique. Syphilide papuleuse discrète.
Cette situation se prolongea plusieurs jours, malgré le traitement spécifique. Après des alternatives variables, les douleurs étaient encore très vives dans tout le membre supérieur droit, le 5 avril (cinquième mois de la syphilis). Elles partaient de la pointe de l’omoplate, du creux de l’aisselle et de la partie antérieure de l'épaule, et se propageaient le long du bras et de l’avant-bras,en avant et en arrière, jusqu'à l’extrémité des doigts, en s’accompagnant là d'unesensation de pesanteur, d’engourdissement presque continuelle. Pas de points douloureux à la pression, pas d’anesthésie cutanée. Affaiblissement de la force musculaire.
Vers cette époque, quelques-unes des papules plates étaient devenues croûteuses, il existait de l'agitation nocturne, de l’insomnie ; et, comme le malade éprouvait en même temps de l’obnubilation, des étourdissements, de la tendance à la lipothymie, des vomissements, je craignais qu’il ne se fit une détermination syphilitique du côté de l’encéphale ; heureusement qu’il n’en fut rien. L'attaque névropathique se borna à cette névralgie brachiale droite, qui ne présentait pas d’exacerbations nocturnes bien franches, ni une localisation précise sur telle ou telle branche nerveuse, mais qui n’en était pas moins assez violente pour troubler la santé générale et provoquer des phénomènes sympathiques éloignés.
Mauriac (1).
Myopathie du biceps gauche avec douleurs névralgiformes, irradiantes. — Traitement mixle. — Guérison.
(1) MaurrAC, Zoco cilalo.
M. L... Louis, âgé de 16 ans, épicier, entré le 26 juin 1869, dans mon service à l'hôpital du Midi, salle 8, n° 40, jouissait d’une excellente santé et n'avait jamais eu aucune maladie, lorsque, vers la fin de février 1869, il eut commerce avec une coureuse du boulevard Saint-Martin. 10 ou 12 jours après, apparition de trois chancres infectants, dont deux siégeaient sur la racine de la verge et le troisième sur le limbe du prépuce. Ce dernier avait produit un phimosis dont j’opérai le malade au commencement de mai 1869.
La première poussée des accidents consécutifs consista en une roséole érythémateuse et des plaques muqueuses de la gorge et de l’anus.
Une deuxième poussée eut lieu vers le 4° mois du chancre et le 28 juin le malade présentait l’état suivant : roséole papuleuse discrète, taches érythémateuses. Nouvelle éruption de plaques muqueuses à la bouche et à l'anus. Souffle systolique à la base du cœur ; bruits continus avec redoublement dans les vaisseaux du cou.
Quelques jours auparavant, dans les premiers jours de juin, le malade avait été pris tout à coup d’une douleur occupant le 1/3 inférieur du bras gauche ; cette douleur paroxystique, plus forte la nuit que le jour, était exaspérée par les mouvements de l’avant-bras sur le bras. Son maximum d'intensité occupait le bord interne du tendon du biceps, au point d'insertion des fibres musculaires. De là elle irradiait jusqu’à l’extrémité supérieure du muscle.
À ces phénomènes douloureux s’ajouta, au bout de quelques jours, l’impossibilité d'étendre complètement l’avant-bras sur le bras. Quand on essayait d'obtenir par force l’extension complète, les souffrances devenaient intolérables. Je ne constatai pourtant aucune lésion dans le corps ni dans les extrémités du muscle biceps, qui ne paraissait point en contracture, du moins dans l’ensemble de ses fibres.
Le 1/3 inférieur du muscle triceps brachial était aussi très douloureux pendant la contraction musculaire.