JULLIEN
Bubon de l'aisselle. — Quelques jours plus tard myosite diffuse du grand dentelé. — Traitement antisyphilrtique. — Guérison.
Dans les observations qui vont suivre, les myosites sont consécutives à des irritations voisines, qui semblent
(1) LEWIN. Zoco cüialo.
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avoir joué un certain rôle dans la localisation muscu laire de la syphilis.
Myosite du sphincter externe de l'anus.
Femme âgée de 28 ans. Sous la commissure, chancre à bords indurés et taillés à pic. Erosions syphilitiques sur le périnée, douloureuses à la pression. Six mois après l’infection, myosite diffuse du sphincter externe del’anus,avec mouvement fébrile. Douleurs très vives à chaque dérécation. Traitée par des frictions mercurielles, de l’iodure de potassium, et de l’onguent napolitain appliqué au loco dolenti.
Myosite du sphincter externe de l'anus.
Femme âgée de 16 ans. A eu aux lèvres des papules suintantes, de l’adénite. Autour de l’orifice anal, couronne de papules ulcérées ; roséole sur le thorax, plaques muqueuses dans la bouche. Un an après, myosite diffuse du sphincter externe de l'anus. Douleurs très vives à chaque défécation. Traitement énergique au mercure, 50 frictions.
(1) LEWIN. Loco ciltato.
(2) LEWIN. Zoco citalo.
Myosite du sphincter externe de l'anus. — Ténesme rectal.
Femme qui en 1886 a eu un tubercule ulcéré à la lèvre gauche. Trois semaines plus tard, syphilides maculeuses. Rhagades à l’anus, très douloureuses. Trois mois plus tard myosite du sphincter externe de l’anus. Douleurs et tcnesme pendant la défécation. Traitée au mercure ; panscement à l’iodoforme.
NEUMAXN (?).
Myosite du sphincter externe de l'anus. — Ténesme rectal.
Employé âgé de 28 ans. En 1881 chancre mou; en 1882 chancre induré, exanthème maculo-papuleux, qui reparaît en 1883. En 1886 fistule profonde à l'orifice de l’anus. Douleurs et ténesme à chaque défécation. Sphinctérotomie. Quatre ans après son chancre, myosite diffuse du sphincter externe de l’anus, avec trace de fistule. Le malade souffre à chaque défécation. On lui fait une sphinctérotomie, et un pansement avec de la gaze iodoformée. Guérison complète.
(1) LewiN. Loco cilato.
(2) LEWIN. Loco cilato.
Myosite du sphincter externe de l'anus, survenue agrès papules suintantes et rhagades de l'anus, dans la première année de la syphilis. — Ténesme rectal.
Gouvernante, a un chancre induré au mois de janvier 1886. Quatre mois plus tard, papules aux parties génitales, rhagades peu profondes à l’anus. Sur le tronc, lichen syphilitique, psoriasis à la plante des pieds, papules suintantes sur la muqueuse du nez. En mai, accouchement normal. En août, nouvelles papules. En décembre rhagades et papules suintantes à l’orifice de l'anus. Douleurs très vives dans la région anale, et surtout pendant la défécation. Un an après l'infection, myosite diffuse du sphincter externe de l’anus. Ténesme rectal avant et pendant la défécation,
Sphinctérotomie.
Les observations suivantes constatent que la myosite a été précédée d’un refroidissement, ou d’un traumatisme, ou d’une fatigue exagérée, qui, peut-être, ne sont pas sans avoir eu quelque influence sur l’apparition de l’affection.
OBservATION 45 (inédite).
A la suile d'un refroidissement, myosile suppurée du - biceps el du vaste interne droit.
(1) LEWIN. Loco cilato.
2e Gi =
Le nommé Charles Th... âgé de 26 ans, brasseur, entre à la Maison de Secours le 1° janvier 1895. Chancre induré à la fin d'octobre 1894; traité par un pansement iodoformé à son entrée à l’hôpital, Le 15 janvier, roséole sur la poitrine et les épaules. Pilules de protoiodure. A la fin de la première semaine de février, survint, en une nuit, une douleur intense au bras droit, partie antérointerne, douleur s’irradiant à l’articulation du coude. Au dire du malade, cette douleur proviendrait d’un refroidissement. Elle n'existe que quand le bras est au repos, et elle cesse dès qu’il est en mouvement. Cette douleur persiste pendant un mois malgré des frictions mercurielles et des pilules de protoiodure.
A la fin de février, apparition d’une tumeur dure, occupart le bord interne du biceps et le vaste interne droit, à leur partie supérieure. Le membre supérieur est tuméfié jusqu’au milieu de l’avant-bras ; les mouvements ne sont pas entravés, il n’y a point de contracture. Douleur à l’aisselle.
On fait quatre frictions mercurielles dans la région. Au commencement de mars, la tumeur devient molle, fluctuante, le bras se ‘uméfiant de plus en plus. On ouvre l’ « abces » le 9 mars; il s’en écoule une assez grande quantité de pus. Drainage, pansement humide, puis pan- . sement iadoformé.
Le 10 avril, plus d’induration du triceps ; les mouvements du bras sont normaux. Disparition du frein du prépuce.
LEwIiN (1).
Myosite du biceps gauche survenue # mois après le chancre, à la suite d’un refroidissement. — Exanthèmes *
(1) LEwiIN. Ueber myosilis syphilitica s. interstilialis, Berlin, 1891,
multiples. -= Traitement spécifique. — Disparition de la douleur ; mouvements facilités ; atrophie du biceps et des muscles de l'épaule.
Un employé de banque de 21 ans, dont les frères et sœurs
sont sains, a souffert étant enfant de la rougeole, et à 15 ans a eu deux fois la fièvre intermittente. - Le 2? septembre 1890, infecté sexuellement; 6 jours après, gonorrhée qui, aprésavoir été soignée, disparut en quelques jours. Le 26 septembre, on remarque un ulcère induré au prépuce auquel fit suite, au commencement de décembre, un exanthème rouge brunâtre, réparti sur tout le corps et surtout sur le dos et les membres. Tandis que Pulcère disparut après cinq jours, après avoir été traité par de la pommade iodoformée, les taches restèrent et leur couleur devint de plus en plus foncée et plus étendue. Un traitement général antisyphilitique ne fut pas institué. Malgré cette maladie et des douleurs passagères, qui duraient plusieurs jours et qui augmentaient considérablement au devant du bras droit, le malade entreprit un voyage de 17 heures en chemin de fer, pendant lequel il passa 5 heures dans un wagon non chauffé. Rentré. il sentit, le 8 janvier 1891, sans aucune cause connue, des douleurs spontanées, lancinantes et térébrantes dans l’articulation de l'épaule gauche; ces douleurs augmentaient toujours et lui rendaient impossible tout mouvement de ce tras. Sur le conseil d’un médecin, il entre à la Charité le 13 janvier 1891.
Etat actuel. — Jeune homme, taille élancée, assez faible et maigre.
Sur les extrémités inférieures et supérieures, de même que sur le dos, sont disséminées des papules ovales ou rondes rarement irrégulières, plus nombreuses sur le dos, moins nombreuses sur la poitrine et sur le ventre, pour la plupart isolées, de couleur brun-rougeûtre, de forme de lentilles, de la grandeur d’une pièce de 50 centimes ou de forme plate et quelquefois couvertes de croûtes blanches
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et sèches. Le bras gauche comme toutela région de l'épaule gauche pendent inertes. Le malade ne peut faire des mouvements ni actifs ni passifs, à cause des douleurs intenses, de l’articulation de l'épaule gauche. L’avant-bras gauche peut être plié activement avec peine sur le coude droit: passivement cela réussit avec une flexion peu forte. Le tiers supérieur du bras gauche, comme la région de l’épaule, sont gonflés légèrement ; ces régions sont très sensibles au moindre toucher. Comme centre douloureux particulier se présente l’apophyse coracoïde et l’apophyse acromiale de l'épaule. Le biceps, sans présenter de couleur rougeñtre d'inflammation, est chaud et presque dur comme de la pierre dans presque toute son étendue mais surtout au renflement du muscle ; les insertions inférieures sont gonflées. Les muscles voisins, deltoïde, coracoïde, brachial, brachial interne, le grand pectoral n’ont rien de particulier si ce n’est une douleur à la pression, tout près de l'articulation. Les mouvements du bras sont complètement libres. Au pénis se trouve une cicatrice qui n'est plus indurée ; en pressant l’urèthre une petite quantité de pus blanchâtre sort. On fait journellement une injection sous-cutanée d’iodure de mercure rouge. En même temps le bras gauche fut mis dans une position à angle droit que réclamait le cas.
Afin de constater l’état particulier du bras gauche on l’examine le 20 janvier, sous la narcose chloroformique; à cet examen on constata une liberté complète du mouvement de l'articulation de l'épaule et du coude : donc articulations intactes ; de plus, on n’a pas pu constater, comme nous l’avons dit, une myosite qui n’avait attaqué que le biceps et une périostite, mais on a pu préciser que la dureté du muscle était surtout dans les parties les plus proches de la peau tandis qu’elle ne se remarqua guère dans les couches profondes.
Au commencement au traitement on n’a pas pu constater une amélioration dans l’état général; de plus, on remarqua, le 21 janvier, un gonflement douloureux dans l’inser-
his
tion sternale de la deuxième côte gauche qui ne disparut qu'au commencement de février, en même temps que cessait de pâlir l’exanthème, En ce temps, la dureté du biceps diminua et fut suivie d’une atrophie assez prononcée non seulement du biceps mais encore des muscles voisins : grand pectoral, triceps et en partie du deltoide. L’atrophie a pu être constatée le 4 février, par une diminution de l'excitabilité faradique et galvanique (qui correspond à la maladie du muscle). Il est à remarquer que cet état augmenta dans les jours suivants et s’étendit aussi sur le muscle sus etsous-scapulaire mais dans un moindre degré. Une mensuration faite le 7 février, du tour du bras, donna, au milieu : 24 cent. 3.
A la limite du 1/3 supérieur et du 1/3 moyen : 24 c. 10 ; à la réunion du 1/3 moyen et du 1/3 inférieur : 22 c. 40 ; tandis que le bras droit mesurait : 27 c. 60; 2%.c. 1;
20, Cp,
Plus tard, la dureté du biceps diminua avec le retour des fonctions du bras et l’exanthème disparut petit à petit. Le malade, pour des motifs privés, quitta l'hôpital après avoir reçu 28 injections; il pouvait plier le coude jusqu à un angle de 3001, mais ce mouvement était pénible à cause de l’atrophie musculaire et d’une douleur siégeant à l’apophyse coracoïde et dans l’articulation de l'épaule.
Le malade revint me voir quelque temps plus tard : je constatai un périostite de la tête de l’humérus gauche, avec douleurs; de l’atrophie (due peut-être à l’inactivité) des muscles deltoïdes, grand pectoral, etc. Pas de réaction de dégénérescence. Le biceps gauche réagit moins énergiquement, à une excitation électrique, que le biceps droit.
Boutsson (1).
Sous l'influence de l'humidité, myosite du vaste externe gauche, survenue 12 ans après le chancre. — Exostoses coexistantes. — Traitement ioduré. — Guérison.
X..., âgé de 38 ans, domicilié à Agde, douanier, est entré à l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier, le 6 juin 1845. Ce malade, doué d’une constitution assez vigoureuse, présente à la partie supérieure et externe de la cuisse gauche une tumeur du volume du poing, sans changement de couleur à la peau et médiocrement douloureuse pendant le repos du membre. L'exploration de cette tumeur démontre qu'elle est placée au-dessous des téguments et de l’aponévrose, et cependant elle jouit d'une certaine mobilité ; il est du moins évident, par l’impulsion qu’on peut lui imprimer, qu’elle n'est pas adhérente à l'os. Sa position, son degré de profondeur et l’action qu’exercent sur elle les contractions du muscle vaste externe indiquent que cette portion du triceps crural est son véritable siège. Lorsqu'on prescrit au malade d'étendre la jambe et de contracter le muscle désigné, la tumeur devient dure et une sensation douloureuse s’y manifeste. Celle-ci s'accroît aussi par la pression; elle est plus intense pendant la nuit. La forme de la tumeur est globuleuse, sa consistance assez grande; elle est dépressible par une action prolongée; on n'y distingue aucun signe de fluctuation.
Interrogé sur les antécédents, le malade déclare que son affection s’est développée graduellement, sans qu'il
(1) Bouisson. 7ribut à la chirurgie, p. 531.
puisse en rapporter l'origine à aucune cause particulière. Il n’a point reçu de coups, il déclare seulement avoir subi l'influence de l'humidité pendant ses fonctions de nuit, en qualité de douanier.
L'étiologie de cette affection étant obscure, je dus procéder à une interrogation détaillée et méthodique et j'appris que le malade avait eu plusieurs fois la syphilis; que la dernière affection de ce genre datait d’une douzaine d'années, pendant qu'il était au service militaire; que les symptômes avaient consisté, cette fois, en des chancres qui avaient promptement disparu et pour lesqueis il n'avait suivi qu’un traitement genéral incomplet. Eclairé par ces circonstances, j’examinai avec plus d’attention le malade et je découvris une exostose sur le tibia. Le condyle externe du fémur était aussi tuméfié; dès lors je ne doutai nullement de la nature de cette affection. Il devenait évident qu’il s'agissait d’une syphilis constitutionnelle et que la tumeur du vaste externe en était une manifestation.
50 centigrammes d’iodure de potassium, en solution dans un verre d’infusion de saponaire furent prescrits et, tous les cinq jours, la dose fut augmentée de 5 centigr. jusqu’à celle de ? grammes par jour.
Le malade prit en même temps de la tisane de salsepareille. Quant au traitement local, il consista en deux frictions par jour avec de la pommade d’hydriodate de potasse et en une douche hydrosulfureuse tous les deux jours. La tumeur ne tarda pas à s'affaisser; du quinzième au vingtième jour, elle était déjà réduite de moitié et elle finit par disparaitre complètement à mesure que le traitement fut plus longtemps poursuivi. Le malade se voyant aussi promptement délivré d’une tumeur qui lui avait d'abord inspiré quelque inquiétude, voulut sortir de l'hôpital avant que la durée régulière du traitement füt complète. Il quitta Montpellier vers le 10 juillet avec les apparences d'une guérison complète et promettant de continuer encore pendant un mois l’usage de l'iodure de potassium.
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Dans cette observation nous nous permettrons deux remarques : tout d’abord que la fatigue peut être mentionnée au même titre que l’humidité comme précédant la myosite ; en outre Bouisson nous dit que le douanier a contracté plusieurs fois la syphilis ; il veut sans doute dire qu’il a contracté, avant sa syphilis, d'autre maladies vénériennes.
Dans lobservation qui suit, le traumatisme est la cause déterminante de la localisation syphilitique. Ce qui vient confirmer ce que dit Verneuil (1) :
« Le traumatisme survenu chez des syphilitiques dont € la diathèse est à l’état latent depuis une époque plus « où moins éloignée peut provoquer des accidents « Syphilitiques occupant la région blessée. »