‹ Contribution à l'étude des myosites syphilitiques diffuses et gommeusesChapitre 18 sur 31 · BARTHÉLEMY · texte numérisé non relu

BARTHÉLEMY

Tumeur gommeuse des muscles épitrochléens. — Guérison.

La nommée Céline T..., couturière, 20 ans, est entrée à l’hépital St-Louis, salle Henri IV, lit n° 38, le 9 novembre 1881. Cette malade n'a pas d’antécédents nerveux ni strumeux. Réglée à 11 ans, elle a vu ses règles se succéder toutes les trois semaines et pendant trois jours. Elles n’ont été tout à fait mensuelles que depuis un an.

Il y a un mois elle a remarqué un bouton sur la grande lèvre gauche.

Deux mois après, mauvais état, faiblesse, pâleur, lassitude continuelle. La malade ne pouvant plus se porter, grand amaigrissement, douleurs dans les membres, les cuisses et les jambes.

La malade se présente alors à St-Louis ; outre une éruption remarquablement abondante de papules sèches, on remarque des douleurs périostiques précoces le long des fémurs et des tibias, où l’on remarque des tuméfactions multiples.

Repos, sirop de fer, une pilule de protoiodure de 0,05 centigr.

(1) FROIDURE, Thèse de Paris, 1882.

Au bout de 3 semaines, la malade est considérablement améliorée.

Elle est bientôt reprises d'accidents nouveaux.

Elle porte au niveau de la tête du radius gauche, à la face antérieure de l’avant-bras, une tuméfaction du volume d’une aveline. Cette tumeur est molle, demi-fluctuante, arrondie, douloureuse.

De plus, dans la masse des muscles épitrochléens, nous remarquons une autre petite tumeur également lisse, arrondie et douloureuse,

Elle est soumise au traitement à l'iodure de potassium et sort guérie le 21 janvier 1882.

Mauriac (1).

Chancres infectants quéris au bout de 3 semaines. — Le 37° jour de la maladie, apparition des accidents secondaires : syphilide papuleuse plate, puis érythémateuse, et simultanément laryngopathie, angine légère. — Forme inflammatoire des éruplions cutanées. Vers le 160° jour, aggravation de la laryngopathie et de l'angine, névropathies algiques dans différentes parties du corps : altération de la santé générale. — Apparition d'une tumeur musculaire dans le muscle sous-scapulaire gauche. — Durée de ces antécédents, k mois. — Guérison.

M. S. J..., âgé de 36 ans, cocher, vigoureux, d’un tempérament sanguin, gros, bien portant et n’ayant jamais eu aucune maladie locale ou constitutionnelle héréditaire ou acquise, entra le 20 janvier 1869, à la chambre n° 1 du Midi, pour deux chancres infectants, occupant le sillon

balano-préputial.

(1) MAURIAC, Loco cilato, p. 450,

Le 16 mars 1869 {53 jour) : syphilide papuleuse lenticulaire confluente, occupant le tronc, les cuisses, le cou, le cuir chevelu, à forme inflammatoire, avec cercle d’un rouge vif autour de chaque papule: laryngopathie légère et indolente ; rougeur érythémateuse de la gorge, sans plaques. muqueuses. Aucun phénomène nerveux ; appétit ; santé générale très bonne. Le malade avait pris jusqu'alors près de ? gr. de protoiodure , je prescrivis du sirop de biiodure ioduré.

Le 5 juillet (160€ jour de la maladie). Depuis 2? mois environ les boutons et les taches avaient disparu peu à peu, mais la laryngopathie avait augmenté considérablement, et il était survenu de nombreuses plaques muqueuses dans le gosier. Mais le maiade souffrait, surtout depuis 5 ou 6 jours, d’une douleur dans la fosse sus-scapulaire gauche, qui s'était produite spontanément, qu’exaspéraient les mouvements et la pression.

On voyait et on sentait, par la palpation, à la partie externe du muscle sus-scapulaire gauche, une tumeur diffuse, un peu dure, située au-dessous de la peau qui n'était pas altérée et glissait facilement sur elle. Lies contours de cette tumeur semblaient se perdre dans la masse charnue du muscle, mais ils proéminaient de 2? centimètres environ au-dessus des parties adjacentes.

Outre les douleurs dont elle était le siège il existait : 1° des douleurs sur les parties latérales du cou à gauche ; 2° de vives douleurs en ceinture au niveau des hypochondres (cependant l’appétit était bon, la digestion facile et il n'existait aucunindice d'une affection du foie ou de larate); 8° des douleurs occipito-pariéto-frontales continues, poussant des irradiations dans le cou et jusqu’à l'épaule malade. Toutes ces douleurs se manifestaient le jour aussi bien que la nuit.

Plaques muqueuses sur les lèvres et les amygdales, fatigue générale. Véritable état maladif depuis l'invasion de ces derniers accidents. Le 11 août (196° jour de la maladie\, le patient n'avait plus aucune manifestation syphilitique.

Lee

En 1880 (122 année de la syphilis), il devint peu à peu apnasique et hémiplégique du côté droit. Puis il tomba dans la démence et fut interné à l’asile de Vaucluse.

Mauriac (1).

Tumeur syphihitique des muscles de la région antérieure cle la cuisse gauche, survenue 65 jours après l'apparition d'un chancre infeclant. — Accidents secondaires légers.

M. G... (Paul), âgé de 22 ans, pâtissier, entré dans mon service, à l'hôpital du Midi, le 22 janvier 1870, salle 8, n° 30. Bonne santé habituelle, tempérament lymphatique. Aucune maladie vénérienne ou autre dans ses antécédents.

Vers le 20 ou 25 octobre 1864, apparition d’un chancre infectant dans la rainure balano préputiale. Il dura environ dgux mois et fut traité par des pilules de protoiodure d'hydrargyre.

Le 31 décembre (65 jours après le chancre), le malade entra à l'hôpital de la Pitié, pour se faire soigner d’une douleur siégeant à la partie antérieure de la cuisse gauche, qui l’empêchait de marcher. Le médecin auquel il s’adressa vit immédiatement la relation qui existait entre cet accident et le chancre, et il diagnostiqua une tumeur musculaire d’origine syphilitique. Un mois après l'apparition du chancre, le malade avait eu des maux de gorge, mais pas d’éruption cutanée (sirop de Gibert). Quand il sortit de la Pitié, le 17 janvier, la tumeur et la douleur avaient considérablement diminué ainsi que la raideur de la cuisse et la claudication.

(1) Mauriac, Syphilis tertiaire, p. 449.

en, Ven

A son entrée, je constatai l’état suivant (87° jour du chancre): pas d’éruptions sur la peau, pas de ganglions inguinaux. Adénopathie cervicale ; empâtement et œdème dur caractéristique, dans la rainure préputiale. Santé générale assez bonne. Sur la partie antérieure et externe de la cuisse gauche, à peu près à la réunion du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, gonflement épais et dur, paraissant siéger dans le muscle droit antérieur, allongé de haut en bas et de dehors en dedans, sans adhérence à la peau qui est saine à son niveau, se déplaçant avec les masses musculaires de la région, peu sensible à la pression (il l'avait été beaucoup au début). Douleur pendant la flexion et pendant les autres mouvements du membre inférieur gauche. Traitement mixte au protoiodure d’hydrargyre et à l'iodure de potassium. Le 8 mars, la tumeur avait disparu ainsi que les douleurs, mais il restait encore un peu de gêne pendlant la marche; neanmoins ie malade put sortir. Il avait alors quelques taches de roséole sur ie tronc et les membres inférieurs. La tumeur musculaire n'avait été occasionnée par aucune violence extérieure.

Mauriac (1).

Nodosilé gommeuse du biceps gauche, survenue au 5° mois de la syphilis. — Cinq mois de durée. - Guérison.

Georges C...,âgé de 22 ans, tonnelier, entré dans mon service, à l’hôpital du Midi, à deux reprises, le 15 août ét le 19 décembre 1876, sal'e 7, avait contracté un chancre infectant du fourreau en juillet de la même année. Dans

(1) Mauriac. Syphilis tertiaire, p. 151.

les mois de septembre et octobre suivants, il eut des plaques muqueuses et une éruption de roséole érythémateuse. Au commencement de novembre (cinquième mois de la syphilis), il lui survint, sans cause occasionnelle, une douleur dans le poignet gauche, semblable à celle que produit une foulure ; il éprouva aussi un peu de gêne dans les mouvements des doigts. Quinze jours après, quoiqu'il n’eût aucune souffrance ni dans l’avant-bras ni dans le bras, il s’aperçut qu’il s'était formé une grosseur sur le bras gauche, vers la partie moyenne de la région antérieure, au niveau du ventre du biceps. Cette tumeur resta stationnaire pendant longtemps, quoique le malade füt soumis à un traitement spécifique mixte. En janvier 1876, elle présentait les caractères suivants: sa forme était ovoide, son grand axe mesurait 3 centimètres et était perpendiculaire à la direction du muscle. Elle était indolente à la pression. La peau ne lui adhérait point et glissait à sa surface. On pouvait lui imprimer des mouvements de latéralité quand le muscle était dans le relâchement. En la palpant alors avec soin, il me sembla qu’elle était située au-dessous de l’aponévrose. La saillie au-dessus des parties voisines était de 1 centimètre environ; dure, d’une consistance homogène, sans fluctuation, elle se détachait avec assez de netteté des tissus adjacents. Lorsqu'on faisait contracter le muscle, elle diminuait de saillie et semblait se perdre et s’enfoncer dans la masse du biceps, tout en restant accessible au toucher. Alors sa mobilité disparaissait.

Elle: ne causait aucun trouble fonctionnel. En février pourtant, l'extension complète devint impossible pendant quelques jours ; mais ces symptômes de l'affection bicipitale furent très modérés et de peu de durée. Elle n’entra en résolution que dans le mois de mars, et disparut sans laisser aucune trace. Cet homme qui était grand, coloré, blond, d'une structure athlétique, avait vu ses forces diminuer considérablement depuis le début de sa vérole. Il eut des accidents consécutifs peu graves, qui se reproduisirent

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fréquemment. Je l'ai perdu de vue depuis la guérison de cette tumeur.

Les antécédents des malades et leur constitution ont été souvent omis : dans l’observation 65 et celle qui suit les malades étaient rhumatisants . :

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