‹ Contribution à l'étude des myosites syphilitiques diffuses et gommeusesChapitre 20 sur 31 · NN OM MES MO C · texte numérisé non relu

NN OM MES MO C

Nous pourrons done diviser comme Mauriac les myopathies gommeuses en 2 catégories : les myopathies gommeuses précoces, qui apparaissent dans les 6 premiers mois qui suivent l'infection, et les myopathies

gommeuses tardives, qui n'apparaissent que quelques années après l'infection.

FouRNIER (1).

Syphilide ulcéreuse de la verge. — Myosite gomineuse du jumeau interne. — Guérison.

Le nommé $S..., homme de peine, 55 ans, est entré à l'hôpital Saint Louis, service de M. Fournier, lit n° 38, le 17 mai 1879. Ce malade, issu de parents ayant toujours joui d’une bonne santé et morts très vieux, a eu la gourme dans son enfance, et de plus un degré très avancé de surdité qu’il a commencé à éprouver dès l’âge de 8 à 10 ans. Depuis cette époque, l’acuité auditive est restée à peu près stationnaire, cependant plus vive à certains moments, elle diminue à d’autres. Ce malade certifiait qu’il n'avait jamais été atteint d'accidents vénériens pendant sa jeunesse, mais. il.y a deux ans, il aurait contracté une affection de ce genre suivie d’une éruption de papules.

Il y à environ trois semaines, après une continence de trois mois, il eut rapport avec une femme suspecte, et deux ou trois jours après a commencé l’apparition d'une rougeur sur la face interne du prépuce et aussi étendue que l’ulcération qu'il présente actuellement. I1 dit avoir assez vivement souffert à cette époque, etil aurait même éprouvé un certain mouvement fébrile.

Des ulcérations existent depuis cette époque. et donnent lieu à un écoulement abondant, entretenu peut-être par sa grande malpropreté.

Ces ulcérations sont au nombre de trois, deux grandes et une petite. Ces ulcérations sont superficielles, un peu

(1) FroIDuRE. Thèse de Paris, 1882,

saillantes, le fond en est rouge, granuleux. Elles sont limitées par un bord très nettement découpé, formé par un étroit liseré rouge recouvert d’un mince épiderme.

Mais, depuis huit jours, il souffre au mollet, et a été obligé de garder le lit. On trouve en effet au niveau du bord interne du jumeau droit un assez large empâtement sous-cutané, la peau à ce niveau n’a aucune altération et œlhsse sur la zone malade

Le pourtour de cette zone est dur, comme fourni par une infiltration inflammatoire, le milieu en est ramolli et fluctuant. La pression à ce niveau est douloureuse et la marche est très pénible.

Malgré les signes inflammatoires et le défaut d’antécédents, M. Fournier porte le diagnostic de syphilide ulcéreuse de la verge et de myosite gommeuse du mollet.

Pansement avec solution de nitrate d'argent, iodure de potassium 3 gr.

22 mai. — Les ulcères de la verge sont cicatrisées, la tuméfaction de la jambe s’est affaissée ; la fluctuation du centre est à peu près disparue, et il ne reste plus que l’empâtement qui la délimitait au début. Le tout n’est presque plus douloureux, et le malade a recouvré l'usage de sa jambe.

Le 23, le malade a commencé à se lever, et ne souffre presque plus de la jambe, continuation du traitement.

o juin. — La myosite a consitérablement diminué, à peine sent-on encore un noyau de la grosseur d'une amande.

La consistance est moins dure qu’au début, ulcères de la verge complètement cicatrisés. On supprime l’iodure de potassium à cause d’un acné intense de la face.

11 juin. — Les dernières traces de l'induration musculaire ont disparu, le malade marche facilement. Exeat.

OBSERVATION 97 (inédite).

Onze ans après le chancre, myosite gommeuse de l’avant-bras droit et de la fesse gauche.

Homme âgé de 37 ans. À l'âge de 20 ans a contracté une blennorrhagie et une orchit: consécutive. Syphilis au Tonkin en 1883, suivie de roséole, laryngite, rose des vents.

Se présente à la consultation (service de M. le Professeur Spillmann) le 15 octobre 1894. On constate : gomme située dans les muscles de l’avant-bras droit ; quelques gommes sur le paquet vasculo-nerveux du même membre. Gommes sous-cutanées de chaque côté du genou droit. Dans la fesse œauche, au milieu des masses musculaires, tumeur gommeuse située à la hauteur de l’épine iliaque, trois gommes à la face postérieure de la fesse droite. Ostéite du tibia gauche, douloureux à la pression. À été traité cependant au mercure pendant deux ans. On lui fait des injections de thymol-acétate de mercure.

OBsERvATION 98 (inédite).

Service de M. le Professeur SPILLMANN.

Myosite gommeuse du sterno-mastoidien et du scalène. — Plaques d'ecthyma, ulcération du palais. — Traitement spécifique. — Amélioration.

La nommée Marie V..…., âgée de 22 ans, ouvrière en chaussures, entre au service de M. le Professeur Spillmann, le 24 septembre 1894, salle 14, no 10.

Rien de particulier dans ses antécédents. Il y a un mois, elle a cu sur le cuir chevelu, à droite de la suture

médiane, sur les pariétaux à égale distance du frontal et de l’occipital, des plaques d’ecthÿma ; puis, quelques jours après, d’autres plaques d'ecthyma se manifestèrent sur la région frontale au-dessus de l’arcade sourcilière gauche et sur la line médiane ; un peu plus tard ce sont la fesse droite, la deuxième côte droite, à son attache au sternum, la poignée du sternum, l'articulation sterno-claviculaire gauche qui se couvrent d’ecthyma.

Il y a 12 jours la malade éprouva de la difficulté dans la déglutition ; dans le pharyax les aliments lui causaient une sorte de brûlure ; elle avait de la gêne dans la parole ; quatre jours plus tard, la malade ne peut plus manger; elle entre à l'hôpital le 24 septembre: il y a huit jours qu'elle n’a pu manger.

Etat actuel. — Plaques d’ecthyma sur l’arcade sourcilière gauche, sur la région frontale, le cuir chevelu. Ulcérations au niveau de la deuxième côte droite. de l'articulation sterno-claviculaire gauche. Ecthyma sur la fesse droite : ulcération du voile du palais.

Gommes. — Au niveau du sterno-cleido-mastoïdien droit, une gomme de la grosseur d’un œuf de pigeon sur laquélle la peau se meut avec facilité, à la partie inférieure ; dans sa partie moyenne et dans son tiers supérieur deux gommes, moins volumineuses que la précédente, et comme elle, franchement situées dans l'épaisseur du muscle. Au milieu du scalène antérieur droit une gomme assez volumineuse ; plusieurs, plus petites, dans l’épaisseur du grand pectoral gauche.

La malade est affaiblie. figure päle, conjonctives décolorées ; elle dit avoir beaucoup maigri. La voix est nasonnée, la déglutition pénible, très douloureuse. La malade ne s’alimente qu'avec du lait et du bouillon. Céphalée persistante.

Traitée par des injections de thymol-acétate de mercure et iodure de potassium ? grs par jour.

30 septembre. — Etat général meilleur. La voix est toujoure nasonnée, l’alimentation difficile.

hQpee

3 octobre, — Gale traitée par des bains sulfureux. Suppression de l’iodure pendant trois jours.

9 octobre. — (Gale disparue. Tous les accidents ont

diminué d'intensité, les ulcérations de la partie gauche du sternum sont complètement bouchées ; la perforation du voile du palais à diminué de moitié de volume et d'étendue ; les bords sont rougeñâtres et forment un bourrelet qui bourgeonne : point de suppuration. Les gommes du sterno-cleido-mastoïdien sont peu diminuées.

15 octobre. — Etat général actuel : la malade s’alimente plus facilement.

8novembre. — La malade est prise subitement d’hémoptisie ; elle crache le sang en petite quantité.

9 novembre. — Dyspnée état nauséeux avec crachements sanguins. Expiration prolongée au sommet droit.

13 novembre. — La malade à été reprise de vomissements avec quelques filets de sang. L’iodure de potassium est suspendu pendant quelques jours. Régime lacté. Légère gingivite mercurielle. Les injections sont suspendues pendant une semaine.

30 novembre. — Erythème papuleux sur la face dorsale des deux poignets, symétrique et bien localisé.

La malade quitte l'hôpital après sa onzième injection de thymol-acétate.

MauRIAC :1).

Syphilis bénigne dans ses premières manifestations, mais avec altération de la santé génerale. — À la troisième année, phtisie syphitilique ou syphilose puimonaire. — A la quatrièm2 année, syphilome gommeux du sternocleido-mastoïdien. — Gomme sous-culanée.

(1) Mauriac. Syphilis tertiaire.

M. X.., à l’âge de ?6 ans, contracte plusieurs petits chancres balaniques et préputiaux, rapidement guéris. En 1873, l’année suivante, maux de gorge, alopécie que je soignai par un traitement spécifique. L'état des forces ne tarda pas à s’altérer ; nouvelles poussées sur la langue et dans la gorge. En 1874, laryngopathie qui dura trois ou quatre mois ; pharyngopathie ulcéreuse grave. Je lui fis prendre les deux spécifiques sous toutes les formes.

En 1876 (troisième année de la syphilis), bronchite à allures d’un catarrhe bronchique, mouvement fébrile vespéra!l, transpirations nocturnes très abondantes.

Après avoir passé plusieurs mois à la campagne, M. X... revint très amélioré ; il toussait beaucoup moins et reprenait des forces. En novembre 1876, il éprouva des douleurs ostéocopes dans tous les membres, mais principalement dans le bras gauche ; puis il lui survint de l’onyxis à l'indicateur et au medius du même côté. Il ne suivit aucun traitement.

Au commencement de février 1877, il s’aperçut fortuitement de l'existence d'une grosseur siégeant au niveau de l'insertion inférieure du sterno-cleido-mastoiïdien droit ; elle était diffuse, sans douleur spontanée, ni à la pression, et ne causait aucune gêne dans les mouvements du cou. Peu de temps après, deux petites tumeurs semblables à des glandes se produisirent plus haut, sur le trajet du muscle, au-dessus de l'oreille, à 7 ou 8 centimètres de l’insertion mastoïdienne. Ces lésions, qu’on ne traita point, augmentèrent peu à peu et restèrent indolentes jusqu’au milieu de mars. Le malade, qui ne s’en était pas préoccupé jusque-là, commença à y éprouver quelques douleurs et des tiraillements. Il vint me consulter le 26 mai 1877 (quatrième année de la syphilis).

Je le trouvai amaigri, pale, avec une teinte terreuse. Plus de sueurs ni de toux, digestions excellentes. La tumeur sterno-mastoïdienne occupait les deux insertions inférieures du muscle, s’étendait sur la clavicule et recouvrait une partie.ce la fourchette du sternum, Elle remontait

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