‹ Contribution à l'étude des myosites syphilitiques diffuses et gommeusesChapitre 21 sur 31 · SQ · texte numérisé non relu

SQ

le long du muscle dont toute l’épaisseur était envahie par elle jusqu’à une hauteur de 12 cent. ; là, elle se terminait brusquement en cône et elle mesurait 5 cent. de largeur à sa base et 4 dans les autres points. Très dure et indépendante de la peau et du tissu cellulaire dans presque toute son étendue, elle les avait envahis et s'était ramollie à sa base entre les deux branches de l'insertion du sternomastoïdien ; là, on percevait de la fluctuation et les téguments étaient rouge-violacé, amincis, avec de l’engorgement œdémato-plastique tout autour du foyer liquide qui ne s'était pas encore ouvert.

Quant aux deux tumeurs situées plus haut, elles adhéraient à la peau et plongeaient dans le tissu cellulaire sous-cutané, mais n'avaient aucune connexion avec le muscle. Leur grosseur était celle d’une grosse noisette. L'une d'elles s'était ramollie, on la sentait fluctuante ; la peau qui la couvrait était rouge et amincie. Troubles fonctionnels insignifiants ; un peu de gêne et de tiraillement quand il y avait de l’humidité dans l'air.

Je prescrivis 4 gr. d’iodure de potassium.

31 mars. — La tumeur sterno-mastoiïdienne avait un peu diminué, mais surtout les deux gommes sous-cutanées.

12 avril. — Disparition presque complète des 2 gommes sous-cutanées ; la tumeur sterno-mastoïdienne a diminué d'un tiers.

Guérison les jours suivants.

OgservaTion 60.

Mauriac (1).

Tumeur gommeuse du trapèze avec encéphalopathie syphilitique inlerstilielle, jommeuse et pachyméningétique.

(1) Mauriac. Syphilis tertiaire, p. 455.

SH

Deux ans après un chancre suivi d'accidents peu graves, un commis marchand, âgé de 26 ans, tomba dans la consomption ; douleurs dans l’extrémité inférieure droite, marche difficile, grande faiblesse corporelle et intellectuelle, affaiblissement de la mémoire et de l'intelligence, rétention d'urine avec catarrhe, fièvre. Cinq ou six mois après ces accidents, mort.

« À l’autopsie, pachyméningite hémorrhagique sur le rocher gauche, dans la fosse cränienne moyenne, légère rougeur hémorrhagique de la pie-mère. Foyers de ramollissement dans le noyau lenticulaire et la couche optique gauche, avec tumeurs gommeuses, petites, irrégulicres, d’un blanc verdàtre.

À l'insertion du muscle trapèze gauche à la clavicule, se trouve une tumeur de 1 pouce 3/4 d'épaisseur, très dense, colorée par places en gris rougeàtre, en blanc pur ou en blanc verdâtre; à l’intérieur on distingue encore bien les fibres. L'examen microscopique montre des granulations fines très compactes, avec métamorphose graisseuse et épaississement caséeux dans les endroits jaune blanchätre. Les ganglions inguinaux sont indurés, le muscle droit de l'abdomen présente, dans certaines parties, des épanchements hémorrhagiques et de la suppuration. Rien de particulier dans la moelle épinière. »

Il. Sypmits HérépirTaIREz. — Nous avons pu réunir trois observations de gommes musculaires chez des syphilitiques héréditaires. Dans deux cas, elles se sont développées l’une à 13 ans, l’autre à 18 ans ; dans la 9°, elle a apparu presque à la naissance.

OBsERvATION O1

FourNIER (1).

Myosile gommeuse du jumeau interne chez un enfant de 13 ans, syphilitique héréditaire.

Il s’agit d'une petite fille de 14 ans, hérédo-syphilitique, présentant des malformations dentaires multiples (notamment l’échancrure semi-lunaire d’'Hutchinson sur les deux incisives médianes supérieures), et déjà cruellement éprouvée par la syphilis avant l’époque où se produisit la lésion musculaire dont nous allons parler.

Vers l’âge de 13 ans, l’enfant commença à se plaindre de douleurs dans la partie supérieure et interne du mollet droit. Bientôt elle ne marcha plus que difficilement et se mit à boiter. Le mal s’accrut, et, quelques mois plus tard, la marche ne fut plus guère possible que sur la pointe du pied, dans l'attitude du pied-bot équin.

Consultés à ce moment, M. le D' Porak et moi constatons l’état suivant : marche difficile, ne s’exécutant que sur la pointe du pied; douleurs dans les mouvements naturels; douleurs dans les mouvements imprimés au membre, alors surtout qu’on essaie de fléchir le pied droit sur la jambe ; — jambe droite légèrement œdématiée au niveau de la partie supérieure et interne du mollet, qui est le siège d’une tuméfaction très appréciable, sans modification de couleur des téguments. Cette tuméfaction correspond exactement au quart supérieur du jumeau interne. En ce point l'exploration du membre est douloureuse. Il est facile cependant de se rendre compte par le palper que le siège de la tuméfaction et de la dou: leur ne réside pas dans les parties molles superficielles

(1) Fournier. Syphilis hérédilaire tardive.

(peau et tissu cellulo-adipeux), mais bien dass les parties profondes, c’est-à-dire dans le muscle. Très évidemment c’est le muscle et le muscle seul qui est en cause. Dans une étendue de 7 à 8 centimètres en hauteur, sur 5 à 6 en largéur, il se présente à l’état d’une masse compacte, ferme, résistante, dure, qui contraste avec la souplesse des tissus ambiants. Cette masse est susceptible de légers déplacements latéraux quand le muscle est relàché ; au contraire elle devient immobilisable dès que le muscle entre en contraction, etc...

Que pouvait être une semblable déénérescence musculaire sur une enfant de 14 ans ? En raison des antécédents et aussi des caractères de la tumeur, nous fümes d'avis M. Porak et moi, que nous avions sûrement affaire à une myosite gommeuse du muscle jumeau interne. Le traitement fut institué en ce sens, et j'ai la satisfaction de dire que le résultat obtenu confirma absolument notre diagnostic commun.

OBSERvATION 62.

DERvVILLE (1).

Myosite gommeuse disséquante de l’avant-bras chez un syphilitique héréditaire de 18 ans.

H... H..., 18 ans, se présente Le 26 février 1897 à la consultation de M. Derville, au dispensaire St-Raphael, pour des ulcérations étendues de l’avant-bras droit, datant de o mois et rebelles à tous les traitements institués jusqu’à ce jour.

Antécédents héréditaires. — Le père et la mère du sujet vivent tous deux, et jouiraient d’une bonne santé ;

(1) Lomkac. Myosile gommeuse disséquante; in Journal des sciences médicales de Lille, 21 novembre 1897.

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