D' REYNIER
Gommes du couturier. — Gommes cutanées. — Traitement mixte. — Disparition des gommes; persistance d’induration dans le muscle.
Echiv... (Albert), 30 ans, blanchisseur, entre le 25 octobre 1886, dans le service de M. Reynier, à St-Louis.
Son père, sa mère, ses deux frères se portent bien. Luiméme a eu mal aux veux vers l’âge de trois ans; il n’en reste aucune trace actuelle. Rougeole à sept ans. En 1877, une blennorrhagie avec épididy:anite consécutive ayant laissé une induration encore très nette. En 1879, adénite suppurée de l’aine, d’origine inconnue, incisée au Midi. Echiv... est marié; il a eu un enfant mort de la coqueluche à l’âge de quatre ans. Sa femme n’a jamais fait de fausse couche. Il a souvent des bronchites l’hiver ; on trouve de la rudesse de l'inspiration aux deux sommets.
Il y a trois mois, il s’est aperçu d’une certaine gêne dans les mouvements du membre inférieur droitet il a constaté
(1) Revnier Gommes du coulurier, in Ann. de dermalol. el de syphil., 1887.
à la cuisse, au siège précis indiqué plus loin, la présence de petites tumeurs qui ont été en se multipliant et en augmentant de volume. Un mois plus lard, d’autres tumeurs semblables se montraient à la jambe; celles-ci plus super. ficielles et faisant saillie sous la peau, dés le début non douloureuses. Ces tumeurs superficielles se sont ouvertes depuis quinze jours et ont donné lieu à un écoulement assez abondant de liquide puriforme. Aucun traitement n’a été suivi.
À son entrée, le malade présente, sur la partie interne de la jambe droite, cinq ulcérations profondes, arrondies, à bords décollés, à fond irrégulier et jaunâtre, indolores. La cuisse est sensiblement plus grêle que celle äu côté opposé; la palpation permet de constater sur le trajet du couturier, depuis son insertion supérieure jusqu’à la patte d'oie, au-dessous de la peau qui glisse facilement et qui n'est pas soulevée, une chaîne de petites tumeurs extrémement nombreuses (18 à 20), assez régulièrement ovoides, se touchant par leurs bords en plusieurs points: leur volume varie entre celui d’un haricot et celui d’une grosse noix : elles sont d’une dureté élastique; aucune ne parait fluctuante; on peut s'assurer que ces tumeurs sont comprises dans l’épaisseur du couturier en faisant contracter le muscle : au lieu d’être distinctes et de présenter une légère mobilité latérale, elles sont alors fixées et se confondent en partie avec le corps du muscle devenu rigide.
La pression ne produit pas de douleur, mais la contraction du muscle est douloureuse et plus faible que du côté opposé. L'état général est bon.
Le malade nie avoir eu un chancre; en l’examinant on découvre sur la partie supérieure du pilier antérieur droit, au-dessous de la loge amygdalienne, une dépression rouge foncé, et dans la région sous-maxillaire correspondante, un ganglion gros, induré et indolore. Echiv... n’a aucune souvenance de cette lésion.
M. Reynier pose le diagnostic de syphilis ignorée, dont l'accident primitif a peut-être existé au niveau du voile du
palais, et actuelleiñent manifestée par des gommes superficielles üulcérées et des gommes intra-muüsculaires du couturier. Le malade est présenté à M: Fournier qui confirme ce diagnostic,
Le traitement appliqué immédiatement (deux. cuillerées de sirop de Gibert, pansement à l’emplâtre de Vigo), donne une amélioration rapide. Le 30 octobre, les gommes ulcérées sont en voie de réparation; les gommes du couturier ont beaucoup diminué de volume; le muscle se contracte sans douleur.
Au moment où le malade quitte le service, le 20 novembre, les ulcérations sont guéries depuis plusieurs jours; il ne reste plus, dans le couturier, que quelques petites indurations disséminées.
Le malade a été revu dans le courant de janvier 1887: les indurations persistaient.
VircHow (1).
Tumeur syphililique du long dorsal. — Mort par accidents cérébro-spinaux.
Chez une journalière, âgée de 53 ans, qui présentait une paralysie presque complète des extrémités inférieures, on constata, dans le service du professeur Frerichs, l'existence d’une tumeur ovale, allongée, très compacte, assez douloureuse placée à côté de la colonne vertébrale et siégean dans le long dorsal.
Elle s’étendait de la première vertèbre dorsale jusqu’à la huitième et écartait l’omoplate de la paroi thoracique.
Après s'être accrue au début, cette tumeur s'atrophia au point qu’on ne pouvait plus la sentir. La malade prenait
‘(1j Vircaow. Patholngie des tumeurs, t. II, p. 431.
de l’iodure de potassium. Elle n’en peut pas moins des eschares, de la cystite, des vomissements, des troubles de la respiration et de la parole et mourut par suite de l’aggravation des accidents cérébro-spinaux.
La composition anatomique de la tumeur et sa diminutien partielle, si rapide dans les derniers temps de la vie, démontrent suffisamment son origine syphilitique.
Nous avons pu réunir trois observations, dont deux inédites, de myopathies gommeuses symétriques :
OBsErvATIioN 65 (inédite).
Rhumatisant. — Deux ans après le chancre, gommes symétriques des jumeaux; gommes du sterno-cleido-mastoïdien et du biceps brachial gauches.
Le nommé P..., âgé de 50 ans, journalier, entre à l’hôpital, service de M. le professeur Spillmann, le 12 décembre 1894, salle 10, n° 13.
Son père est mort à 83 ans, sa mère à 69 ans d’une affection cardiaque. Le malade a eu la rougeole dans son enfance; à fait la campagne de 1870, s’est couché pendant 17 mois sur la terre (10 mois de captivité).
A l’âge de 25 ans, rhumatisme articulaire aigu aux articulations du pied et du genou des deux membres inférieurs. À 26 ans, blennorrhagie.
En 1885, parésie des membres supérieurs, lumbago, torticolis, traités pendant trois semaines aux bains de Barèges.
En 1892, nouvelle aitaque de rhumatisme généralisée. Perd sa femme, se remarie en 1892; sa nouvelle femme le quitte deux mois après le mariage. Trois semaines après le départ de cette dernière, il s'aperçoit d’une éruption rubéolique sur le corps, qui avait été précédée d’un bou-
ton, à base indurée, situé au-dessous de lalèvre inférieure, au niveau de la mouche. Puis, syphilides papulo-érosives autour de l’anus, sur les bourses et le fourreau dela verge ; laryngite, adénite inguinale et cervicale double; traité avec 160 pilules de protoiodure et 20 grammes d’iodure de potassium.
En 1893, syphilides papuleuses érosives aux bourses et à l’anus. (Traitées.)
En 1893-94, réapparition des mêmes accidents, traités comme précédemment.
Trois semaines avant son entrée à l’hôpital, le malade se plaint de douleurs ostéocopes; il ressent en outre une douleur à la racine du nex et à l’aile droite (gommes).
Au tiers supérieur des deux jumeaux des deux côtés, on constate deux gommes musculaires symétriques ;
Une gomme dans le triceps brachial gauche ;
Une gomme dans le sterno-cleido-mastoïdien gauche, tout près de son attache supérieure.
Depuis trois jours le malade se plain’ de fourmillements et de douleurs dans les jambes; céphalée persistante.
Osservarion 66 (inédite).
Tumeurs gommeuses sous-cutanées et musculaires, symétriques. — Ulcération et perforation de la voûte palatine. — Laryngopathie. — Guérison rapide.
La nommée H..., âgée de 35 ans, ouvrière en chaussures, entre à l'hôpital, service de M. le professeur Spillmann, le 8 mai 1894, au lit n° 9, salle XVI.
Antécédents héréditaires. — Père vit encore, éthylique. Mère morte en 1870,à l’âge de 42 ans (cirrhose atrophique). La malade a eu cinq frères et sœurs bien portants. Quatre frères sont mariés, ont de nombreux enfants bien portants, excepté une fille appartenant à l’ainée de la famille, et qui est sourde-muette,
Antécédents personnels. — La malade actuelle, la cinquième enfant, célibataire, a eu deux enfants illégitimcs; une petite fille à l’âge de 24 ans, laquelle enfant est née avant terme vers le septième mois et n’a pas vécu. Deux ans plus tard (26 ans) a accouché d’un petit garçon (application de forceps nécessaire) qui est mort de diphtérie à l’âge de trois ans.
Réglée à 21 ans, dès le début régulièrement et assez abondamment, puis, au bout de 6 mois, règles irrégulières, avancées ou retardées. De 17 à 21 ans, étant au couvent à Strasbourg, à eu tous les mois des érysipèles.
Jl y a trois ans, elle aurait eu une bronchite.
La mère nie tout antécédent spécifique. Etant jeune elle a eu des croûtes sur la tête, elle ne voyait pas clair; rien au côté des oreilles.
Depuis 1888, elle a vécu maritalement avec un ouvrier terrassier qui serait le père de ses deux enfants; toutefois elle nie lui avoir jamais vu aucune trace de chancre ni de bouton, aux parties génitales; n’aurait jamais eu de laryngite, -ni de chute de cheveux. Sa vie en commun dura cinq ans, jusqu'à Pâques 1893, époque à laquelle le terrassier se maria: depuis, 1! n’avait pas eu d'enfants.
La malade actuelle a tenté de se suicider le 8 avril 1893, à 11 heures 1/2, en se jetant dansle canal; elle a été retirée aussitôt. Elle avait ses règles au moment de sa chute à l'eau ; elle a dü être traitée pendant trois semaines pour un œdème considérable de la face. Depuis cette époque elle tousserait davantage. à
Début de la maladie. — Au mois de septembre dernier, la malade à vu apparaître un petit bouton situé à l’angle interne de l'œil gauche, gros comme un pois, avec un petit point blanc au centre qu’elle a percé ayec une épingle; puis application de pommade au goudron. Quand il se formait une croûte elle l’arrachait avec ses doigts. L'ulcération s'est étendue et occupe l'aile du nez et descend au-dessous de la paupière inférieure, le pourtour est déchiqueté, entouré d'une zone érythémateuse, le fond de l’ulcération est d’un rouge sale.
Dans les commencements d’avril,apparaitauniveau, de la loge parotidienne et du lobule de l'oreille droite, une petite grosseur dure, qui augmente de plus en plus’ Actuellement elle présente le volume d’une grosse noisette; elle est rouge, molle, rénitente et srésente en son milieu etsur ses bords des points jaunâtres.
Etat actuel. —— La malade dit avoir maigri depuis 6 ou 8 mois. La face est tirée, les cheveux sont clairs, le thorax est amaigri, les creux sus-claviculaires sont assez marqués.
Traces d'éclats d’obus sur l’avant-bras droit.
Dilatations veineuses, principalement aux cuisses.
Traces de brûlures au genou gauche et à la région antérieure de la cuisse gauche.
La voix est nasonnée, obscure, voilée. La malade présente au niveau de la voûte palatine à gauche du raphé médian et au niveau de la 2° grosse molaire une ulcération (reste d’une tumeur qui fut prise pour un abces et ouverte au bistouri). Cette ulcération est longue de 3 cm., a la forme de losange dont la pointe part du raphé et dont l’autre extrémité ovoide descend obliquement à ? ou 3 cm. du raphé. Cette ulcération est en partie comblée, il ne reste plus qu’une léère excavation au niveau âe la grosse extrémité.
Dilatation des jugulaires. Artério-sclérose.
La malade présente une série de gommes localisées surtout aux muscles :
En avant : I. Au niveau de l'articulation sterno-claviculaire des 2? côtés et dans toute la moitié inférieure du sterro-cleido-mastoilien (elles sont plus nombreuses à gauche). Une au niveau de l’attache supérieure du muscle, à droite.
IT. Dans le tiers inférieur des scalènes, surtout à droite.
IT. A la partie moyenne du sternum, mais touchantaux articulations sterno-chondro-costales. Cette gomme est grosse comme un œuf de pigeon.
IV. Au niveau de l’appendice xiphoide, côté gauche, à l'extrémité du sillon sous-mamelonnaire,
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V. A la partie supérieure de l’aréole du mamelon gauche, 2 gommes de grosseur inégale.
VI. Au membre supérieur gauche : dans le bras, plusieurs gommes espacées dans toute la hauteur, le long du paquet vasculo-nerveux.
À l’avant-bras, quelques-unes, très petites, disséminées dans les muscles, surtout à la région externe,
Au poignet, quelques-unes sur la face interne.
Gomme au niveau du bord inférieur du grand pectoral, au-dessus du creux de l’aisselle.
VII. Au membre supérieur droit : gomme volumineuse au niveau de l’articulation de la clavicule avec l’omoplate.
AU bras, quelques tumeurs suivant le trajet des nerfs et des vaisseaux.
Rien aux membres inférieurs.
Gommes dans les muscles du cou, et sur le bord externe du grand dorsal droit.
L'examen du larynx fait par le docteur Renaud a montré 1:
Le côté gauche normal, sauf un léger empâtement de la bande ventriculaire ; sur le côté droit, la portion latérale droite de l’épiglotte et le ligament pharyngo-épiglottique sont fortement tuméfiés et rouges. Sur l’un et sur l’autre, on constate une ulcération très profonde à bords déchiquetés semblables à l’ulcération du voile du palais. La bande ventriculaire est fortement œdématiée, et recouvre la corde vocale dans les 415 postérieurs, Le cartilage aryténoïde est le siège d’une tuméfaction considérable, 5 à 6 lois son volume normal ; il semble devoir être le siège d'une suppuration.
La malade est traitée avec 4 gr. d’iodure de potassium par jour, et une injection de thymol-acétate de mercure tous les 8 jours.
Le 5 juin (un mois de traitement) l’ulcération de l’angle de l’œii gauche s’est cicatrisée ; il ne reste plus qu’une plaque érythémateuse. La gomme de la loge parotidienne
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ne s’est pas ulcérée ; son volume est diminué de moitié. Les gommes des sterno-mastoidiens et des scalènes ont disparu presque complètement ; il ne reste plus que les plus grosses situées aux articulations omo-claviculaire, sterno-claviculaire, et qui ont diminué considérablement de volume. Etat général amélioré. Bon appétit.
L'ulcération du voile du palais n’est plus qu’une légere excavalion.
Le 15 juin, l'amélioration continue. Les gommes s’affaissent petit à petit, et l’ulcéralion palatine disparait de plus en plus.
OBsERvATION 67 (inédite) (1).
Parésie des nerfs de la 3° paire. — Paralysie générale au début. — Gommes symétriques des sterno-cleido-mastoïdiens ; gomme du trapèze. — Traitement mixte. —
Guérison des myopathies.
Le nommé Louis V..., âgé de 31 ans, chaudronnier, se présente à la clinique ophtalmologique le 17 novembre 1894:
Père et mère bien portants. Ethylique. À 18 ans, blennorrhagie. À 25 ans, chancre induré dans le sillon balanopréputial ; alopécie, adénite inguinale. S'esttraité pendant 4 mois avec des pilules de protoiodure.
Etat actuel. — Malade robuste, tempérament sanguin, bien constitué. Pas d’adénite cervicale ni inguinale. Trace du chancre dans le sillon balano-préputial.
Gommes musculaires symétriques, à la partie moyenne des sterno-cleido-mastoidiens ; gomme dans l'épaisseur du trapèze droit.
Pupilles inégales ; strabisme externe de l’œil droit ; nystagmus. Hésitation de la parole, dont le malade s’est
(1) Observation due à l’obligeance du D' Constant, alors interne dans le service dé M. le D' Rohmer.
aperçu depuis 5 à 6 mois. Abolition des réflexes, tremble-
ment des mains.
Injections de peptonate de mercure ; { gr. d'’iodure de
potassium:
15 mai. — Les gommes musculaires ont disparu ; peu d'amélioration dans la parésie de la 3° paire.
Malheureusement on ne dit pas quel est le côté du corps qui a été le premier atteint.
Cela ne nous permet pas de nous rallier à lexplication que donne M. Hallopeau sur la symétrie des gommes : « Il ne s’agit pas de troubles trophiques... l’interpréta- « tion la plus plausible est la suivante : les deux tumeurs « symétriques ne se développent pas simultanément ; € or, la vive irritation que détermine l’évolution de la « première peut amener des troubles dans l’innervation « trophique de la partie symétrique du membre opposé, «et le transformer en milieu de moindre résistance, « accessible aux germes morbides. Les choses se passe- « ralent ainsi, comme je l’ai vu survenir dans des con- « ditions identiques, pour des foyers gangréneux. (1). »
8° Rapports entre les professions et les muscles alleints. — Les muscles malades ne semblent pas être ceux qui sont les plus employés. Ainsi :
| ÉHAGRAT
Journalier { triceps gauche
| sterno-cleido-mastoidiens
Couturière — fléchisseurs de l’avant-bras gauche Cuisinier — biceps gauche
Pâtissier — droit antérieur gauche
(1) Semaine médicale, 1892 ; in Annales de dermalologie et de syphiligraphie, T juillet 1892.
La profession ne. semble donc pas exercer une influence sur la localisation de la syphilis.
Causes occasionnelles. — Dans toutes les observations que nous avons pu recueillir, nous n’avons trouvé que deux cas où un traumatisme très léger avait précédé la gomme musculaire. Est-il la cause occasionnelle ? c’est probable, mais l’on ne peut pas cependant l’aflirmer, puisque dans d’autres observations il est bien mentionné que le malade n’a jamais subi de traumatisme antérieur.
Osservarion 68. :
FruüuLARD (1).
Syphilis ignorée et méconnue à la suite d'un traumatisme ; tumeur gommeuse de la cuisse datant de deux ans, quérie en deux mois par le traitement spécifique.
M. Feula d présente un malade âgé de 37 ans, atteint d’une énorme tumeur gommeuse du triceps fémoral gauche, aujourd’hui presque entièrement guéri par le traitement spécifique. Les premiers symptômes remontent à 2 ans ; pendant 18 mois la maladie est restée pour ainsi dire latente ; il y a 6 mois, à la suite d’un traumatisme léger, tuméfaction douloureuse de la cuisse qui reste gonflée et dure. Le malade va dans un service de chirurgie où la nature réelle de cette tumeur est méconnue et on lui propose l’amputation de la cuisse. Pris de peur il quitte l'hôpital, va chez un empirique qui applique sur la tumeur une pommade ; la tumeur s’ulcère en deux points, et le malade arrive enfin à l'hôpital Saint-Louis, dans le milieu
(1) annales de dermatol. el de syphiligraphie,1891, page162.
de décembre dernier. La forme des ulcérations indique nettement leur nature syphilitique ; on pose le diagnostic d’ulcères gommeux et de gomme syphilitique du muscle triceps. Le traitement est donné et le malade est guéri en 2 mois. Au moment de son entrée, la cuisse du côté malade mesurait 42 cm. de circonférence, et la cuisse droite,saine, n’en avait que 34. Aujourd'hui les deux ont le même volume.
Rapports entre la myosiute diffuse et la myosite gommeuse. — Il est difficile de savoir si la myosite diffuse, qui se produit, comme nous l’avons vu plus haut, généralemgçnt dans la première année qui suit l’infection, n’est pas la première phase de la myosite gommeuse. Dans nos 91 observations nous n’avons jamais vu qu’une myosite diffuse pouvait, à un moment donné, se transformer en myosite gommeuse ; de même dans les observations de cette dernière, il ne semble pas qu’elle ait commencé par une myosite diffuse. Elles paraissent donc être deux types différents de manifestations syphilitiques des muscles.