SOMNOLENCES
En tout temps et à tout moment du jour, il a des envie: irrésistibles de dormir, même avant les repas :.
< Au bureau, pendant que je tape à la machine, pendant « que je fais des additions, ou que je fais d’autres opéra- « tions arithmétiques, il m'arrive de m’endormir sans que « j'ai le courage ou la volonté de réagir. Dès mon lever, « même pendant mon déjeuner, en lisant le journal, il « m'arrive de m’endormir ; je me promène, la somnolence « disparaît ; il suffit de quelques minutes d’immobilité « pour que je me rendorme, même quand je me tiens « debout, expressément près de la table pour lire mon « journal, je m’endors debout ».
Il a envie de dormir, roulant à bicyclette, et il doit faire alors des efforts considérables pour résister. au sommeil ; il lui est arrivé, à plusieurs reprises, de rouler en dormant, il s’en aperçoit quand il s’éveille et il réalise la distance parcourue.
I1 lui arrive, au bureau, de se rendre volontairement, en remplacement d’un collègue, dans la salle des coffres, où le travail est plus minutieux, espérant trouver ainsi une dérication à son envie de dormir.
Il lui arrive de s’y retrouver endormi, le doigt sur Ja poignée d’un coffre, la main sur un dossier, ou debout sur une échelle.
« Au moment où je me réveille, voici ce que je ressens : « j'ai l'impression que, tout à coup, la direction de ma cir- « culation change, j'ai l'impression d’un tremblement inté- « rieur, une vibration rappelant celle qu’on éprouve à « l’intérieur d’un véhicule, qui, lancé à toute vitesse, freine « brusquement ; on reste alors sous l’impression de ce « tremblement intérieur pendant quelques instants, même « après l’arrêt complet ».
90 LES ÉTATS. CATAPLECTIQUES.
Le malade étant dans ses dispositions habituelles, on dit à l’improviste quelque chose qui le fait rire ; aussitôt les jambes plient, souvent plusieurs échappements analogues se succèdent au point qu’il doit se tenir pour ne pas s’agenouiller.
La même sensation et la même perte de contrôle surviennent quand il doit émettre avec énergie une remarque, une observation :
€ Quand mon chien désobéit, ou que j’ai dû, à plusieurs « reprises, lui défendre énergiquement quelque chose et « que je le crie trop énergiquement... je suis à terre ».
La même chose lui arrive quand, pour appuyer un ordre énergique, il fait des mouvements de force :
« Un jour, j'intime à mon chien, d’un geste violent du « bras droit, l’ordre de sortir de la chambre ; mon bras « reste étendu, je suis incapable de le retirer, pendant un < court moment ma bouche reste inerte, je suis incapable « de la refermer et j’éprouve quelques trémulations dans « les lèvres. Tout cela dure évidemment quelques instants, « mon entourage ne remarque rien, il n’y a que moi qui « me rend compte que quelque chose est déréglé ; c’est « ce que j'appelle mes réflexes contraires ».
Cs phénomènes se produisent quelquefois aussi quand il tient un objet à la main. En voici un exemple
« J'avais déposé ma cigarette allumée sur le bord d’un < cendrier placé sur la table devant moi ; mon petit neveu, « âgé de 7 ans, pensant que je ne l’observais pas, s’en « empare et veut la porter à ses lèvres. À ce moment, je « tends à ma femme mon bol, avec la main droite, pour le « faire remplir de café. J'avais déjà défendu à mon petit « neveu de fumer et au moment où je vois qu’il va attein- « dre la cigarette, je lui donne, de la main gauche, une « légère chiquenaude ; à ce moment, j'ai senti mon bras « droit m’échapper, j’ai dû rapidement déposer la tasse sur « la table, parce qu’il n’était impossible de la garder plus « longtemps en main ».
Il n’est jamais arrivé au sujet de rester bloqué dans un mouvement près du but, ou à mi-chemin du but ; le trouble du mouvement est surtout marqué au moment où il accomplit, en même temps que le premier un autre mouvement, accompagné d’une modification dans son affectivité ; l'exemple de la cigarette est caractéristique, le second mouvement est alors réalisé, le premier s’abolit pendant un court espace de temps.
Ces pertes de tonus n’ont jamais entrainé de chutes. En voici un autre exemple
« J'ai appelé mon chien à plusieurs reprises, il n’obéit « pas ; je fais des mouvements giratoires au-dessus de ma