RUE
« les symptômes d’une néphrite aiguë avec ædèmes généralisés « et phénomènes urémiques ».
Mathias, qui les a bien étudiées dans sa thèse, distingue des néphrites albumineuses simples, bénignes, ou subaiguës, et des néphrites aiguës réalisant une forme hématurique avec ædème et syndrome azotémique terminal, auquel s’adjoint une hypertension plus ou moins importante. Dans certains cas, on peut observer des néphrites suraiguës avec azotémie très élevée en quelques jours, accompagnées d’une oligurie pouvant aller jusqu’à lanurie. Les malades meurent abnubilés avec une dyspnée sine materia, parfois des vomissements et de la diarrhée. On n’observe jamais d'œdèmes. Mais à côté de ces formes, les plus fréquentes, il est vrai, il a été décrit des formes azotémiques pures.
Lemierre rapporte des cas de néphrites érysipélateuses sans œdème ni albuminurie, parfois sans hypertension, à évolution fatale et ayant montré à l’autopsie des signes nets de néphrites aiguës.
Leur pronostic est le plus souvent aussi grave que celui des néphrites hématuriques classiques de lPérysipèle èt se termine assez rapidement par la mort.
Nous en rapporterons deux observations empruntées à Lemierre :
OBSERVATIONS (Résumé). — A. LEMIERRE : Maladies infectieuses.
Femme de 56 ans, atteinte d’un érysipèle au septième jour ; la température à l'entrée à 38° est retombée rapidement à la normale. On aurait pu en tirer un pronostic favorable, si deux phénomènes n'avaient pas immédiatement paru inquiétants : en premier lieu une sécheresse de la langue et du. pharynx et en second lieu une torpeur profonde. Le pouls était à 140, la tension artérielle à 10 pour 7,5. Urines transparentes et seulement un peu foncées. Ni sucre, ni albumine, ni urobiline. Malgré ce résultat négalif, on demande un dosage d’urée sanguine immédiat qui donne 3 gr. 80. Le lendemain, urée à 4 gr. 10. Malade dans le coma ; elle meurt dans l’après-midi.
« Voilà donc un type de néphrite érysipélateuse qui ne s’est + traduit absolument que par de l’azotémie et dans lequel les « signes urinaires ont fait défaut. La sécheresse de la langue, et
la torpeur profonde, et aussi cet abaissement de la température,
en dépit de l'existence d’un érysipèle encore si bien en évolu-
« tion, tels sont les éléments qui, malgré l’absence d’albuminu- « rie, d’hématurie, nous ont fait soupconner la néphrite et pra- « tiquer le dosage d’urée. >» (LEMIERRE).
OBSERVATION (Résumé). —— LEMOINE, LAUDAT, LAPORTE et MEYER-HEINE.
Femme de 51 ans, sujette à la dyspnée d'effort. Pollakiurie diurne, symptômes d’éthylisme ; érysipèle de la face typique, qui s’est compliqué d’une néphrite aiguë. Au quatrième et cinquième jour de l’érysipèle, la diurèse journalière était de 500 ec., il existait une albuminurie légère et l’urée sanguine était de 0 gr. 57. C’est seulement le sixième jour de la maladie, au moment où l’infection était à son déclin et où la guérison semblait prochaine que, brutalement, le volume des urines est tombé à 50 cc. par 24 heures. Pendant les 4 jours suivants, il s’est maintenu entre 25 et 40 cc. par 24 heures. Puis il a commencé à s'élever Propressivement QE 9 jours plus tard, il a atteint 2 litres. L’albuminurie n’a jamais été très accentuée. Le taux maximum, 6 gr. 0/00, a été enregistré le jour où s’est indiquée une reprise. de fe diurèse. Toute hémalurie, même microscopique, a fait défaut, mais les cylindres granuleux ont été nombreux dans le sédiment.
Le chiffre maximum de l’urée sanguine, 3 gr. 97, a été noté, alors que la diurèse était déjà en augmentation depuis 6 jours et atteignait 750 cc. Ce-n’est que 13 jours plus tard que l’urée sanguine est retombée à la normale : 0 gr. 41.
Les symptômes de cette azotérie qui, d’ailleurs, n’a pas atteint un degré extrême, ont été assez estompés. À aucun moment, la malade n’a accusé de malaise. Elle a toujours bien dormi. Nous avons noté seulement quelques vomissements très peu abondants, une sécheresse intermittente de la langue et une somnolence qui, elle, a été plus nette.
Cette néphrite érysipélateuse, purement azotémique, et un moment inquiétante en raison de Floligurie intense, qui a persisté pendant 5 jours sans détente, s’est donc terminée par la guérison spontanée.
Les néphrites azotémiques aiguës dans la pneumonie.
La pneumonie lombaire aiguë étant une maladie infectieuse, il est tout naturel d'admettre que les fonctions rénales ne peuvent pas toujours échapper à l’infection ou à la toxine pneumococcique.
Ces complications rénales ont donné lieu à de nombreux