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de l’azoturie, qui peut atteindre le chiffre énorme de 75 grammes en 24 heures (Costa et Troisier). On trouve des spirochètes dans les urines.
L’azotémie est la règle dans toutes les formes, même bénignes. .
Le taux de l’urée sanguine peut monter jusqu’à 3 et 4 grammes par litre, et, même plus haut encore (5 gr. 93 dans une observation de Garnier et Gerber). D’ordinaire, l’azotémie la plus haute correspond à l’azoturie la plus élevée. En même temps que l’azotémie augmente, il y a élévation parallèle de la constante d’Ambard qui a pu atteindre 1,87 dans un cas de Garnier et Gerber. C’est alors que survient la période d’apyrexie, au cours de laquelle on assiste à une crise urinaire marquée par une forte diurèse accompagnée d’une azoturie considérable.
L’azotémie diminuerait progressivement et tendrait à revenir à la normale ; mais-en réalité Lemierre et Etienne Bernard ont montré que le maximum de l’azotémie correspond fréquemment à la phase apyrétique.
Il s’agit d’un fait analogue à ce qui se passe dans certains cas de néphrites au cours de la fièvre typhoïde.
Puis apparaît une nouvelle phase fébrile et on peut, au cours de cette rechute, assister à une reprise de l’albuminurie et à une poussée azotémique transitoire. Par la suite, l’albumine peut persister longtemps au cours de la convalescence.
Il existe des formes graves, où le syndrome rénal est plus accusé. :
En particulier les urines sont hypo-azoturiques, le taux de concentration de l’urée dans les urines étant très abaïissé. C’est Jà un indice de très mauvais pronostic. Cette hypo-azoturie contraste avec une azotémie très marquée à 4 et 6 gr. Parallèlement évoluent quelques signes cliniques d’urémie qui font défaut habituellement : dyspnée sine materia, pouvant prendre le rythme de Sheyne-Stockes, myosis, hypothermie, soubresauts tendineux, somnolence.
Dans certains cas, il existe une forme rénale pure sans ictère. Elle réalise alors le tableau d’une néphrite aiguë azotémique avec spirochétosurie. C’est à ces formes qu’il faut rattacher un certain nombre de néphrites azotémiques observées entre 1914
LÉPopes
et 1918 et applées « néphrites de guerre » par M. Ameuille. Des formes analogues ont été signalées plus récemment au cours de la guerre d'Espagne.
Le taux de l’azotémie revêt une très grande importance pronostique. Comme nous l’avons vu, son taux élevé, associé à une hypo-azoturie, est un indice de haute gravité et son ascension progressive aboutit toujours à une issue fatale.
Les néphrites azotémiques aiguës dans la fièvre typhoïde.
Les complications rénales de la fièvre typhoïde ont donné lieu à un très grand nombre d’études. Les travaux de Robin, Amat, Didion, Puitg, Griesinger, Sabrazes et J. Lévy sont classiques. à :
On sait depuis longtemps que l’ensemencement des urines au cours de la fièvre typhoïde se révèle bien souvent positif aux bacilles typhiques et paratyphiques. On ne peut que difficilement admettre que ce passage de bacilles se soit produit sans lésions du rein. De fait l'examen histologique des reins de sujets morts de fièvre typhoïde, montre constamment l’exitence de lésions, si minimes soient-elles. >
Habituellement, l’atteinte rénale des typhiques ne produit qu'une légère albuminurie passagère ; assez rarement une cylindrurie granuleuse et épithéliale parfois une azotémie inférieure à 1 gr. transitoire. Une atteinte plus importante des reins peut produire une néphrite hématurique, cette dernière forme étudiée sous le nom de néphro-typhus a donné lieu à de nombreux travaux ; enfin il se constitue souvent une véritable néphrite azotémique.
Les néphrites de la fièvre typhoïde s’accompagnent très rarement d’œdèmes, mais déterminent volontiers de la rétention azotée souvent silencieuse. Bien plus, le dosage de l’urée “sanguine permet aujourd’hui de dépister chez les typhiques des atteintes rénales qui, sans cette méthode d'examen, passeraient: complètement inaperçues. à
Toutes les transitions existent entre le maintien d’un chiffre d’urée normal et les grandes azotémies susceptibles de modifier manifestement le tableau clinique. En général, lorsqu'il s’agit dune fièvre typhoïde évoluant régulièrement et sans complications, le chiffre de l’urée sanguine, à n’importe quelle -pé-